D’abord son assistant derrière le banc, Danny Dupont (à droite) est devenu adjoint au directeur général Serge Beausoleil (à gauche) avec l’Océanic de Rimouski.

L’ex-Bison Danny Dupont file le parfait bonheur

CHRONIQUE / Moi qui suis un enfant unique, j’ai toujours considéré Danny Dupont comme mon p’tit frère. Normal, diront certains, car j’entretiens une relation père-fils avec son père, André « Moose » Dupont, depuis une trentaine d’années.

Je vous ai d’ailleurs déjà parlé, dans un long texte publié en juillet dernier, de l’influence plus que positive qu’exerce toujours sur moi M. Dupont. Depuis mon arrivée dans la région, la famille Dupont et moi nous nous voyons beaucoup moins souvent. Mais quand nous le faisons, c’est comme si nous ne nous étions jamais quittés. C’est donc ce qui s’est produit vendredi soir dernier à l’aréna Fleury de Montréal-Nord, alors que l’Intrépide de Gatineau affrontait le Rousseau-Royal de Laval-Montréal lors d’un match de la saison régulière de la Ligue de hockey midget AAA. Si j’y étais pour scruter les espoirs des deux équipes, espoirs admissibles au prochain repêchage de la Ligue junior AAA. Danny, lui, s’y trouvait dans le but de voir de plus près le travail de quelques-uns de ses protégés de Laval-Montréal, soit Salvatore Bucaro (11e ronde), Steven Iannidinardo (7e ronde) et Alexander Gaudio (9e ronde). Il était aussi attentif au travail de Frédéric Brunet (4e ronde), de l’Intrépide, tous des joueurs repêchés par l’Océanic de Rimouski en juin dernier, formation pour laquelle « Baby Moose » agit maintenant en tant qu’adjoint au directeur-gérant à la suite au départ de Pierre Roux, promu directeur général du Drakkar de Baie-Comeau. Serge Beausoleil, directeur général de la formation du Bas-Saint-Laurent, n’aurait pu trouver meilleur homme que Danny pour le seconder.

Non seulement c’est un travailleur infatigable, mais il est aussi extrêmement compétent. Ayant joué pratiquement dans toutes les ligues comme joueur — ce choix de 9e ronde des Sénateurs d’Ottawa au repêchage de 1994 a évolué pour cinq formations dans la LHJMQ (dont les défunts Bisons), avec l’Île-du-Prince-Édouard dans la Ligue américaine, mais aussi dans la défunte Ligue coloniale avec les Sénateurs de Thunder Bay —, il a aussi été assistant-instructeur avec les Estacades de Cap-de-la-Madeleine. Il a travaillé comme instructeur-chef chez les Lions du Lac St-Louis chez les midget AAA, mais aussi comme assistant-instructeur des Huskies de Rouyn-Noranda, des Cataractes de Shawinigan et de l’Océanic. Il a été instructeur-chef du Titan d’Acadie-Bathurst dans la LHJMQ et a même remporté la Coupe Mémorial avec Shawinigan, en 2012.

Je l’ai trouvé très serein, lui qui cumule également le poste de coordonnateur-hockey du Vert et Or du Séminaire Saint-Joseph à Trois-Rivières de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS). 

Une personne très intense, Danny semblait effectivement en paix avec lui-même en ce qui concerne notamment ses choix de carrière. « J’aime vraiment ma situation actuelle, que ce soit avec l’Océanic ou avec le Séminaire », m’a-t-il dit.

Comment un homme de hockey de sa trempe a-t-il fait pour aboutir dans la LHPS ? « Quand j’ai perdu mon emploi à Bathurst, il restait encore une année à mon contrat. J’ai décidé de retourner habiter à Trois-Rivières pour prendre du temps pour moi et en profiter pour regarder attentivement toutes les options qui allaient se profiler à l’horizon », a expliqué celui qui est maintenant âgé de 44 ans.

« Un jour, Kevin Desrochers, un de mes bons amis alors en charge du hockey au Séminaire Saint-Joseph (SSJ), m’a téléphoné pour me dire : “Écoute Dan, je suis dans la merde ! J’ai un coach de niveau M-13 qui vient de quitter et je dois le remplacer. Viendrais-tu me donner un coup de main ? ” »

« Comme Kevin était un bon chum, je me suis dit que je n’avais rien à perdre à aller voir leurs entraînements. Mais une fois rendu, j’ai tellement aimé le travail des petits bonshommes qu’au troisième exercice, j’ai pris en charge le reste de la pratique pour finalement terminer le reste de la saison avec eux ! »

« À la fin de l’année, Kevin a quitté le programme pour relever de nouveaux défis et on m’a offert le poste, que j’ai accepté ! , a-t-il poursuivi. J’en ai profité pour soumettre un plan de développement de cinq ans à la direction de l’école. Les choses ont tellement bien été qu’au bout de trois ans, j’avais atteint tous mes objectifs ! »

Cependant, quiconque connaît la situation du hockey scolaire à Trois-Rivières était bien au fait qu’il existait une réelle compétition entre le programme du SSJ et celui du Collège Marie-de-l’Incarnation (CMI), chapeauté par l’Académie de hockey de Denis Francoeur, une sommité en Mauricie. Quand le CMI a perdu de sa clientèle au niveau secondaire, on a fusionné les deux entités sur le plan du hockey. « C’est sûr que le fait d’amener Denis et son équipe chez nous, ça nous a amené une énorme crédibilité et c’est vraiment bon pour tout le monde », a avoué Danny.

Chose certaine, mon p’tit frère est très heureux chez lui. Mais si voulez mon avis, je ne serais pas surpris de le voir devenir directeur général d’une équipe de la LHJMQ dans un avenir pas si lointain, lui qui la connaît comme le fond de sa poche de hockey, qu’il a entre autres trimbalée chez nous, à Granby.

Yanick Lévesque

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Parlant de hockey scolaire, je dois avouer qu’après avoir vu une quinzaine de matchs cette saison, non seulement je suis agréablement surpris de son calibre de jeu, mais je crois que la Ligue midget AAA, avec en tête son président Yanick Lévesque (RDS) et son directeur général Georges Marien (ancien DG des Lynx de Saint-Jean notamment) aurait tout intérêt à penser sérieusement à une réorganisation de ses cadres de façon à y inclure certaines formations des catégories M-18 (du côté de la LHPS) et juvénile (en ce qui a trait à la RSEQ), le tout dans le but de créer un véritable circuit provincial d’une trentaine d’équipes. Un peu comme l’était la Ligue midget espoir à ses débuts. Car pour un, quand je regarde la LHPS, je me rends compte que le niveau de jeu augmente d’année en année, et ce, à une vitesse vertigineuse.