Patrick Bergeron n'est plus l'entraîneur des Inouk.

Les Inouk congédient Patrick Bergeron

« On trouvait que l’équipe ne progressait pas au rythme qu’on voulait. Et on espère que cet électrochoc va donner un second souffle au club. »

Trois semaines après avoir affirmé en entrevue à La Voix de l’Est que le poste de Patrick Bergeron n’était pas en danger, le directeur général François Graveline a procédé au congédiement de son entraîneur, mardi.

À son deuxième séjour à la barre des Inouk, Bergeron n’aura duré que 22 matchs. Il aura conservé une fiche de 10 victoires, 10 défaites et deux défaites en bris d’égalité. Son congédiement survient toutefois alors que l’équipe a remporté trois de ses quatre dernières rencontres.

Mais dimanche dernier, les Inouk se sont inclinés 6-2 à Chambly. La direction de l’équipe attendait-elle simplement la prochaine défaite pour faire payer Bergeron?

« J’ai énormément de respect pour Pat, a repris Graveline, qui lui avait confié le poste d’entraîneur en chef au cours de l’été. Ce n’est pas une journée facile ni pour lui ni pour moi, croyez-le. Mais il fallait agir. »

La fiche des Inouk est décevante, d’autant plus que la confiance régnait à l’aube de la nouvelle campagne. Bergeron ne s’était pas gêné pour dire qu’il voulait remporter le dernier match de la saison alors que, en coulisses, d’autres hommes de hockey de l’organisation estimaient que l’équipe avait ce qu’il fallait pour tout gagner.

« On a tâté le pouls du vestiaire, on a parlé à certains joueurs, a encore dit Graveline. Pat faisait ce qu’il avait à faire, mais peut-être qu’il n’était pas écouté comme il aurait dû… »

Bref, le message de Bergeron ne passait pas, selon le DG.

On ne sait pas qui va remplacer Bergeron. Mardi soir, Graveline a indiqué qu’il était en négociation avec quelqu’un et que le dossier pourrait être réglé à temps pour la séance d’entraînement de mercredi après-midi.

Les Inouk ne disputent leur prochain match que dimanche, à Terrebonne.

Bergeron a été rencontré mardi après-midi par Graveline, qui était flanqué du vice-président aux opérations hockey Danny Gélinas et du président de l’OSBL qui dirige l’équipe, Richard Morasse. La séance d’entraînement prévue avait été annulée.

Bergeron n’a pas voulu commenter son congédiement.

La situation place également le fils de Bergeron, Joakim, un des meilleurs joueurs de l’équipe, dans une position délicate.

Un vestiaire en mauvais état

L’auteur de ces lignes a discuté avec plusieurs personnes près de l’équipe mardi soir. Et s’il y a un constat à faire, c’est que le club a été cruellement surévalué, particulièrement à la ligne bleue, et que ce n’est pas le bonheur dans le vestiaire.

« C’est pas compliqué, la moitié des gars dans la chambre se sacrent de ce qui se passe, a révélé une source. Ce n’est vraiment, vraiment pas un vestiaire en santé. Le coach qui dirige son fils, ce n’est pas idéal non plus. »

Le congédiement de Bergeron illustre aussi une chose : c’est la panique au sein de l’organisation. L’équipe ne gagne pas comme elle le devrait, les assistances aux matchs sont risibles et, pendant ce temps, les Bisons ont du succès et leurs partisans sont nombreux.

« Les Bisons dérangent énormément, a indiqué une autre source. Avec la même fiche, Bergeron serait encore là s’il y avait 500 personnes dans les estrades. »

Somme toute, la saison est encore jeune. Mais les Inouk, clairement, ont une grosse côte à remonter à tous les niveaux.