Les Guerriers après le match. La déception et l'émotion étaient au menu.
Les Guerriers après le match. La déception et l'émotion étaient au menu.

Les Guerriers éliminés

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
LONGUEUIL — Les Guerriers se sont inclinés au bout du cinquième et décisif match de leur série finale de la section Rawlings face aux Ducs de Longueuil. Mais mardi soir, au Parc Paul-Pratt, ils ont d’abord et avant tout baissé pavillon devant un lanceur, Xavier Leduc, qui a offert une performance digne des grandes ligues.

Leduc a lancé un match complet, son deuxième de la série, et il a bien espacé cinq coups sûrs et deux buts sur balles, en plus de retirer 11 frappeurs sur des prises avec sa rapide de feu. Il a été dominant et, même lorsqu’il permettait à des frappeurs des Guerriers de se rendre sur les sentiers, il demeurait en plein contrôle et il éteignait le feu avant qu’il n’y ait des dégâts.

«Leduc, c’est un des meilleurs, sinon le meilleur lanceur de la Ligue de baseball junior élite du Québec, a expliqué le gérant des Guerriers, Mathieu Adam, à la suite de la défaite de 1-0 de sa troupe. On est déçus, on a de la peine d’avoir perdu, mais il n’y a rien de gênant à perdre contre ce gars-là.»

Mais Adam a grimacé lorsqu’on est revenu sur le quatrième match de la série, celui présenté à Longueuil lundi.

«On savait que les Ducs reviendraient avec Leduc pour le match ultime et on a perdu la rencontre qu’il fallait gagner. Les deux matchs qu’on a perdus avant le dernier, on s’est battus nous-mêmes. Mais ce soir, on a mis la balle en jeu et on n’a pas fait d’erreurs (une seule, en fait). On a perdu contre un excellent lanceur, c’est tout…»

Plus loin, de l’autre côté, le héros de la soirée avait le sourire facile, mais il ne pavoisait pas.

«Honnêtement, j’étais excité en arrivant au parc, j’étais content d’avoir la balle, a-t-il dit. Compte tenu de l’enjeu et de la qualité des frappeurs adverses, j’ai probablement lancé un de mes meilleurs matchs en carrière. Je me suis senti en contrôle tout au long de la soirée. Et dire qu’après la première rencontre de la série (que les Ducs et lui avaient perdu 2-0), je doutais énormément de nos chances…»

Leduc a eu tout le support dont il avait besoin en troisième manche lorsque, après deux retraits, Jacob Bourque a poussé Félix Labonté, qui s’était retrouvé sur les sentiers à la suite d’un but sur balles, au marbre.

Thomas Sansregret (trois manches, cinq coups sûrs, un but sur balles, un point mérité) a été le lanceur perdant.

Mais on s’en voudrait de ne pas souligner l’excellente performance de Jeffrey Dupont en relève. En trois manches, il n’a rien permis, sinon un but sur balles. Il a aussi retiré cinq frappeurs sur des prises.

Alors que la saison des Guerriers se termine, les Ducs se retrouveront à Repentigny, samedi, à l’occasion du tournoi qui fera office de ronde demi-finale. Le Royal de l’endroit et les Diamants de Québec lutteront avec les joueurs de Dominic Simard pour l’une des deux places disponibles pour la grande finale de la LBJÉQ.

Langlois: «J’aurais continué encore 20 ans»

Oui, on a vu plusieurs membres des Guerriers pleurer en fin de soirée au Parc Paul-Pratt mardi. Des jeunes, des plus vieux, des dirigeants. Mais bien sûr, tous avaient envie de consoler le valeureux receveur Xavier Langlois, un ancien des Ducs, dont la carrière junior venait de prendre fin, tout comme Xavier Bégin et William Boulanger-Élie, absent mardi.

«C’est difficile, très difficile, a-t-il mentionné au beau milieu du terrain. Je joue dans cette ligue depuis 2015, mais ça a passé tellement vite. Moi, j’aurais continué encore 20 ans. Mon séjour avec les Ducs, celui avec les Guerriers, les championnats canadiens, il y a une tonne de souvenirs inoubliables. Mais c’est fini. C’est rough…»

Langlois s’est ensuite attardé à la dernière saison.

«Les gens ne peuvent pas s’imaginer à quel point on avait une belle gang. Les gars étaient soudés, ils se tenaient. Je croyais vraiment qu’on irait jusqu’au bout… On voulait tellement...»

Langlois possède toute une tête de baseball, comme on dit. On le reverra comme gérant dans la LBJÉQ avant longtemps. Peut-être à Granby.

Parlant de gérant, Mathieu Adam a avoué qu’il a adoré les presque deux mois passés à diriger les Guerriers.

«Ce sont des kids extraordinaires, a-t-il lancé. Très honnêtement, je n’ai jamais autant tripé au contact d’un groupe de joueurs.»

Sera-t-il de retour la saison prochaine?

«Je ne sais pas. J’ai pas mal de responsabilités professionnelles dans la région de Drummondville (où il habite) et il y a bien sûr la famille. Non, je ne sais pas. Si ce n’était pas de tout ça, je serais prêt à m’engager pour 10 ans avec cette organisation. On verra, on verra...»