L’arrivée de Mike Sherman comme instructeur-chef des Alouettes amène beaucoup d’optimisme au sein de l’organisation, mais malheureusement, ce ne sera pas assez. Les Oiseauxl devraient terminer au dernier rang dans l’Est.

Les Alouettes ne peuvent faire pire

CHRONIQUE / Amorçant leur saison ce soir face aux Lions de la Colombie-Britannique, les Alouettes tenteront de renverser la vapeur des dernières années en vue d’accéder ENFIN aux séries de la Ligue canadienne de football (LCF). Voici donc mes prédictions en ce qui concerne les différentes équipes du circuit Ambrosie pour la saison 2018.

DIVISION EST

1. Toronto

Ayant reporté, contre toute attente, la Coupe Grey l’an dernier dû, à mon avis, au fait que les équipes de l’Ouest se sont « entretuées », les Argonauts devraient, encore une fois, profiter de la faiblesse de la division Est pour se hisser au premier rang. 

N’allez surtout pas penser que je veux discréditer l’excellent travail de leur instructeur-chef, Marc Trestman. Je crois plutôt que dans le sport comme dans la vie, il faut profiter des belles opportunités. Et c’est ce qui s’est produit l’an dernier à Toronto, et ça risque de se reproduire cette année, faute d’opposition dans l’Est. 

2. Ottawa

Chez le Rouge et Noir, les yeux seront encore rivés sur le quart Trevor Harris, qui a impressionné depuis ses débuts à Ottawa. Tous savent qu’il est un très bon quart, mais accédera-t-il un jour au rang de joueur étoile ? 

Pour l’appuyer côté leadership, on a fait appel à l’ancien Alouette Kyries Hébert. Le vétéran effectuera un retour dans la capitale, ayant évolué avec les défunts Renegades en début de carrière. 

De plus, leur DG, Marcel Desjardins, a encore une fois sorti un lapin de son chapeau en embauchant l’excellent Noel Thorpe, qui jusqu’à l’an dernier, était le coordonnateur défensif des Alouettes. Il secondera l’entraîneur-chef Rick Campbell, l’un des meilleurs de sa profession. 

3. Hamilton

C’est le début d’une nouvelle ère à Hamilton alors qu’à la fin de la dernière saison, June Jones s’est vu confier les postes de DG et d’entraîneur-chef. 

À mon avis, les Cats  auront énormément de difficultés à remplacer l’excellent quart Zach Collaros (échangé en Saskatchewan), eux dont l’attaque reposera sur les deux « JM »: Johnny Manziel — un ex-premier choix des Browns de Cleveland (NFL) qu’ils viennent de signer à gros prix — et Jeremiah Masoli, qui n’a toujours été, selon moi, qu’un bon quart substitut. Sans plus. 

4. Montréal

Si mon ami et confrère Steve Charbonneau voit les Alouettes en finale de l’Est, malheureusement, je ne partage pas son optimiste, les plaçant au dernier rang dans cette division.

2017 aura été une saison à oublier pour les Oiseaux, eux qui, en vertu d’une fiche désastreuse de 3-15, ont raté les séries pour une troisième année consécutive.

2018, quant à elle, est remplie de promesses, puisqu’avec un nouvel entraîneur en Mike Sherman (il a déjà dirigé les Packers de Green Bay dans la NFL), on espère que le gâteau lèvera enfin.

Personnellement, bien que je sois loin d’être un fan du directeur général Kavis Reed (nous avions déjà conversé pendant une bonne dizaine de minutes lors du match d’ouverture l’an dernier, et il ne m’avait dit que des banalités remplies de clichés...), je dois avouer qu’il a fait du bon boulot durant la saison morte pour amener un vent de fraîcheur à sa formation. Elle qui en avait grandement besoin. 

Soulignons d’abord la signature de Jamaal Westerman, qui devrait donner un excellent « one-two punch » sur la ligne défensive en compagnie de John Bowman. Ils devraient terroriser les quarts-arrière adverses. Rappelons que les Alouettes n’avaient réussi que 25 sacs du quart en 2017, bons derniers du circuit à ce chapitre. 

Par contre, le poste le plus important de toute bonne équipe de football demeure celui de quart partant et les Alouettes n’ont jamais été capables de se remettre du départ d’Anthony Calvillo en 2013. Depuis, ils en ont utilisé pas moins de 13 au cours des quatre dernières saisons. Drew Willy et Matthew Shiltz devront prouver qu’ils ont l’étoffe pour mener l’offensive à bon port, ce dont je doute énormément. 

Étant donné que l’attaque représente un véritable point d’interrogation, la ligne offensive, elle, devra être des plus solides. Au moins, espérons que la venue du marchand de vitesse Chris Williams au poste de receveur amènera son lot de jeux spectaculaires… 

DIVISION OUEST

Si vous voulez voir du bon football cette année, c’est vers l’Ouest qu’il vous faudra regarder!

1. Saskatchewan

Je vais peut-être me faire lancer des roches en favorisant les Riders au lieu des Stampeders de Calgary pour le titre dans l’Ouest, mais j’aime tellement la façon dont l’homme-orchestre Chris Jones (il en est le v.-p., DG et entraîneur-chef) a bâti cette formation depuis deux ans que je ne peux m’en empêcher. Il ne leur manquait qu’une seule chose: un quart de premier plan. Et ils sont allés le chercher en la personne de Zach Collaros. 

2. Calgary

Bien entendu, la perte du meilleur porteur de ballon de la ligue en Jerome Messam fera mal, mais les Stampeders étant ce qu’ils sont, ils vont toujours se retrouver parmi les premiers, du moins tant que John Hufnagel en sera le DG et Bo Levi Mitchell le quart partant.

3. Winnipeg

Depuis qu’Eric Tillman (DG) et Mike O’Shea (entraîneur-chef) ont pris les rênes il y a trois ans, cette formation progresse de façon incroyable. Si depuis deux ans, on a réussi à amener les excellents Andrew Harris (porteur de ballon) et Justin Medlock (botteur) à Winnipeg, pour ne nommer que ceux-là, en 2018, on a réussi à mettre la main sur le meilleur receveur de passes du circuit en Adarius Bowman et sur l’un des trois meilleurs à la défensive en Adam Bighill. Si les Bombers possédaient un quart de premier plan, ils pourraient assurément accéder aux grands honneurs. Malheureusement, ils doivent se contenter d’un Matt Nichols, capable du meilleur et du pire, lui qui ratera les cinq premières semaines de la saison.

4. Edmonton

S’ils étaient dans l’Est, les Eskimos termineraient au premier rang, cela ne fait aucun doute dans mon esprit. Par contre dans la très forte division Ouest de la LCF, ils ne pourront faire rien de mieux que de terminer au quatrième rang. Le quart Mike Reilly a beau avoir remporté l’an dernier le trophée du joueur le plus utile, il ne pourra compter, cette fois, sur ses deux cibles préférées, les receveurs Adarius Bowman
(Winnipeg) et Brandon Zylstra (Minnesota dans la NFL). Toutefois, on espère à Edmonton que les jeunes Derel Walker et D’haquille «Duke» Williams sauront les remplacer adéquatement. 

5. Colombie-Britannique

À Vancouver, on espère que la venue d’Ed Hervey comme DG (il remplace le légendaire Wally Buono, qui demeurera leur entraîneur-chef) va remettre les Lions sur la bonne voie, eux qui ont déçu en 2017. Ayant mené les Eskimos d’Edmonton au match de la Coupe Grey en 2015, soyez assurés que les Lions seront plus gros, plus forts et plus robustes avec lui aux commandes. Cela devrait grandement aider le jeune Jonathon Jennings, qui a subi plus de sacs du quart que quiconque l’an dernier dans le circuit...