Steve Charbonneau admet que Johnny Manziel n’a pas grand-chose devant lui pour lui permettre d’exprimer son talent.

Les Alouettes doivent changer de culture, selon Steve Charbonneau

Le directeur général Kavis Reed doit-il être congédié? Et l’entraîneur en chef Mike Sherman, lui? Et est-ce que Johnny Manziel mérite une autre chance?

Ancien fier porte-couleurs des Alouettes devenu analyste des matchs de l’équipe présentés sur les ondes du réseau Cogeco, Steve Charbonneau n’a pas d’opinions tranchées sur aucune de ces questions. Mais il y a un point sur lequel il est très clair : les Oiseaux doivent changer d’attitude, de culture.

«Comme tout le monde, je suis déçu, car on s’attendait à nettement mieux cette saison», commence par dire le Bromontois, qui sera au micro, dimanche après-midi, alors que les Alouettes affronteront les Argonauts de Toronto à l’occasion de leur avant-dernier match de la saison et de leur dernier devant leurs partisans.

Dans son rôle d’analyste, Charbonneau a questionné de nombreuses décisions prises par Kavis Reed. S’il n’a pas toujours semblé d’accord avec les stratégies de Mike Sherman, il avouera que l’ancien entraîneur des Packers de Green Bay fait avec les chevaux qu’on lui donne. Et même s’il affirme qu’il croira véritablement en Johnny Manziel lorsque celui-ci commencera à gagner des matchs, il admet que Johnny Football n’a pas grand-chose devant lui pour lui permettre d’exprimer son talent.

«On va se le dire, rien n’a fonctionné encore cette saison. Je ne questionne pas la bonne volonté des gens en place, mais il faut que tu te poses des questions quand tu perds et que tu perds tout le temps. Dans une ligue à neuf équipes comme la Ligue canadienne, où le deux tiers des clubs font les séries, ce n’est pas normal de rater les éliminatoires quatre ans de suite…»

Comme le Canadien

Au hockey, le Canadien connaît un bon début de saison. Et il semble s’opérer le changement d’attitude que le DG Marc Bergevin souhaitait à la suite de la dernière campagne. À cet égard, les Alouettes ont de quoi s’inspirer du Tricolore, croit Steve Charbonneau.

«Dans le cas des Alouettes, un changement d’attitude, de culture, signifie que l’organisation doit reconnecter avec les partisans et que l’équipe doit former une véritable famille à nouveau», explique-t-il.

À 45 ans, Charbonneau est trop jeune pour radoter. Mais il rappellera que les Alouettes étaient, il n’y a pas si longtemps, l’équipe la plus proche de ses partisans à Montréal.

«Moi, j’ai parcouru le Québec au grand complet pour rencontrer les partisans. J’ai fait le tour des usines. J’ai fait le tour des écoles. Je me suis promené rien qu’en masse. Les gens qui remplissaient le stade Percival-Molson, il y a quelques années, on les a accrochés un à un. Facebook et Twitter, c’est bien beau, ça a son efficacité, mais y’a rien qui bat le contact direct. Les Alouettes ont perdu ça.»

La semaine dernière, les Alouettes ont poursuivi une vieille et belle tradition en accueillant des partisans dans le train qui les menait sur la route (à Toronto, cette année). Mais ils n’étaient qu’une douzaine de joueurs, dont Johnny Manziel, à faire le voyage avec les fans.

«Dans mon temps, ce sont tous les joueurs qui voyageaient avec les partisans. Pourquoi n’étaient-ils que 12 cette année? Parce que l’organisation n’a demandé qu’à 12 gars. Ce n’est pas comme ça que tu formes une famille.»

Bien sûr, direz-vous, ce n’est pas dans le train qu’une bonne ligne à l’attaque se construit.

«Le football est un sport dur, reprend Charbonneau. Pour gagner, tu dois accepter de souffrir pour le coéquipier à côté de toi. Et pour accepter de souffrir, tu dois sentir que tu fais partie d’une famille. Ça part de là.»

Steve Charbonneau adore ce qu'il fait en tant que directeur général de la Fondation des sports adaptés. Mais il aimerait en faire encore plus.

La Fondation des sports adaptés a besoin d'aide

Steve Charbonneau adore son travail de directeur général des sports adaptés, poste qu'il occupe depuis 2014. Et il a clairement amené cet organisme, qui ne reçoit aucune aide gouvernementale, à un autre niveau.

Pour vous donner une vague idée, une cinquantaine d'handicapés avaient profité des services offerts par la fondation il y a quatre ans. Grâce à elle, à la fin de cette année, ils auront été plus de... 750 à pratiquer leur sport préféré (ski alpin et ski nautique, principalement).

«Et vous savez quoi? On pourrait faire tellement plus!, lance Charbonneau. Mais voilà, on manque de sous pour rouler à notre plein potentiel. On a besoin d'aide pour en faire plus, car on veut en faire plus.»

La cause est belle. Pour faire un don, on se rend à sportsadaptes.ca.