Les Alouettes affronteront les Blue Bombers de Winnipeg, jeudi soir, au Stade Percival-Molson.

Les Alouettes devront rebondir face à l'équipe de l'heure

Il faut avoir la mémoire courte au football. C'est du moins ce qu'ont laissé sous-entendre les entraîneurs et les joueurs des Alouettes de Montréal, à l'aube de leur affrontement contre les Blue Bombers de Winnipeg, jeudi soir, au Stade Percival-Molson.
Et la formation montréalaise fait bien d'oublier rapidement sa gênante défaite de samedi subie contre les Argonauts de Toronto, car elle doit maintenant se frotter à des adversaires qui ont le vent dans les voiles depuis un mois.
Les Blue Bombers (6-2) n'ont pas perdu à leurs quatre dernières parties et pas plus tard que jeudi dernier, ils ont infligé un premier revers cette saison aux Eskimos d'Edmonton, qui constituaient la seule équipe encore invaincue de la Ligue canadienne de football.
«Il faut apprendre de cette défaite, mais il ne faut pas la laisser affecter notre moral, a soutenu l'entraîneur-chef des Alouettes, Jacques Chapdelaine. Il ne faut pas s'apitoyer sur notre sort en raison de notre performance à Toronto. Nous avons eu de bons entraînements cette semaine et nous sommes bien préparés malgré la semaine écourtée.»
Ce n'est probablement pas la préparation qui a fait défaut samedi, mais plutôt l'exécution. L'attaque des Alouettes (3-5) n'a amassé que 163 verges totales et elle n'a réussi que neuf premiers essais. La défensive n'a fait guère mieux, allouant 473 verges totales, 29 premiers essais et permettant aux Argonauts de réussir 67% de leurs deuxièmes essais. Et les unités spéciales? Elles ont écopé de cinq pénalités et elles ont été dominées lors des bottés.
Les Montréalais s'étaient bien défendus au premier quart, ne tirant de l'arrière que 7-0, avant d'accorder 28 points aux Argonauts avant la demie. À domicile, les Alouettes voudront certainement donner le ton rapidement et s'assurer que les spectateurs rendent la tâche plus compliquée à l'attaque des Blue Bombers, qui a inscrit 146 points à ses quatre derniers matchs.
«Nous voulons connaître un départ canon. Nous souhaitons impliquer les spectateurs et qu'ils restent bruyants pendant toute la rencontre, a affirmé le quart des Alouettes Darian Durant. Nous voulons appliquer de la pression sur les Blue Bombers et les forcer à réussir leurs jeux.»
Si la mémoire est une faculté qui oublie, il est néanmoins difficile pour la formation montréalaise d'oublier la dernière fois qu'elle a croisé le fer avec les Blue Bombers.
Alors bien en selle en fin de quatrième quart, les Alouettes avaient accordé 13 points dans les 48 dernières secondes du match, s'inclinant de façon dramatique 41-40. Depuis, la troupe de Michael O'Shea n'a pas perdu.
«La clé du succès est sans contredit la constance. Il ne faudra pas rater nos plaqués et réussir les jeux de base, a fait valoir le polyvalent joueur des Alouettes Jean-Samuel Blanc. Il faudra être meilleurs en couverture et respecter le plan de match défensif des entraîneurs.»
Les hommes de Chapdelaine peuvent tout de même se consoler en se disant que lors de leur dernier duel contre les Blue Bombers, ils avaient établi des sommets à l'attaque cette saison. Ils avaient obtenu 531 verges totales et 183 verges par la course.
Le jeu au sol pourrait d'ailleurs être un facteur déterminant dans les succès des Alouettes, jeudi. Le demi offensif Brandon Rutley, qui remplacera vraisemblablement Tyrell Sutton dans la formation, avait amassé 76 verges en 11 courses tandis que Stefan Logan et Jean-Christophe Beaulieu avaient réussi un majeur.
«Notre attaque doit être équilibrée et c'est important d'impliquer nos porteurs de ballons tôt dans la partie. Nous allons tenter dès le début d'établir le jeu au sol afin d'être plus imprévisibles et d'être plus difficiles à couvrir», a ajouté Durant.