« J’étais jeune, j’avais confiance et j’étais… ambitieux », se souvient Mario Deslauriers.
« J’étais jeune, j’avais confiance et j’étais… ambitieux », se souvient Mario Deslauriers.

Le triomphe qui a mis Mario Deslauriers sur la carte

Mario Deslauriers a participé deux fois aux Jeux olympiques et il a été titré nombre de fois au cours de son illustre carrière, qui est encore loin d’être finie. Mais personne n’oubliera jamais son triomphe en coupe du monde, en Suède, en avril 1984.

Le Bromontois était à peine âgé de 19 ans lorsqu’il a été couronné numéro un, sur Aramis, au saut d’obstacles. Et toutes ces années plus tard, il demeure encore le plus jeune cavalier à avoir remporté une coupe du monde ainsi que le premier Canadien tout court à avoir réalisé l’exploit. C’est vous dire la grandeur de ce qu’il a réussi.

« C’est tout un souvenir, certainement un des plus beaux de ma carrière, explique Deslauriers, qui est installé depuis un bout dans la magnifique région des Hamptons, dans l’État de New York. On va se le dire, c’est cette performance qui m’a mis sur la carte de mon sport. La preuve, c’est que ça fait 36 ans et que j’en entends parler encore très régulièrement… »

Mais même s’il n’avait que 19 ans, Deslauriers était débarqué à Göteborg en confiance, lui qui avait déjà remporté des victoires tout de même importantes auparavant.

« J’étais jeune, j’avais confiance et j’étais… ambitieux. Dans ma tête, j’avais un bon cheval et tout était possible avec un peu de chance. Je n’allais pas là uniquement pour participer et faire du tourisme, c’est clair. Et à cet âge, j’avais une certaine insouciance, j’étais beaucoup moins nerveux que je peux l’être aujourd’hui à la veille d’une compétition d’importance. »

Mario Deslauriers et son cheval Aramis

Un cheval d’exception

Deslauriers et Aramis ont remporté la coupe du monde avec panache. Ils se sont rapidement hissés en tête du classement et ils se sont offert un sans-faute lors de la dernière étape de la compétition.

« Le cavalier et le cheval étaient en parfaite harmonie, explique l’homme aujourd’hui âgé de 55 ans. Je me souviens encore de la sensation que j’ai éprouvée lorsque notre victoire a été confirmée : j’étais tellement, tellement heureux ! »

Deslauriers parle encore avec émotion d’Aramis, avec lequel il a terminé tout juste au pied du podium aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984. Le cheval a frappé à ce point l’imaginaire des Québécois que le trophée qui est remis aux meilleurs cavaliers lors du gala annuel de Cheval Québec est justement un Aramis.

« C’était un cheval d’exception. Vraiment. Il était beau, il avait du style, il était performant. Notre complicité était très forte. »

À son retour au Québec à la suite de son triomphe en Suède, Deslauriers a reçu un accueil royal.

« Mon avion avait atterri à Mirabel. Mes parents ne m’avaient pas accompagné en Europe et j’étais tellement heureux de les retrouver. Les Québécois étaient fiers de ce que j’avais accompli et ils me l’ont fait savoir. »

Le jeune Bromontois s’était imposé comme le meilleur, le no. 1. Et les gens, ici comme ailleurs, aiment les gagnants.

« Gagner, c’est gagner. Y’a rien de mieux que ça ! », admet Deslauriers.