«On nous aura à l’œil, c’est clair. Est-ce qu’on aura une certaine pression? Oui. Mais on est prêts à vivre avec les conséquences de nos décisions», explique Dominic Lussier au sujet des décisions prises afin de favoriser l’intégration du moteur W16.

Le risque calculé de Dominic Lussier

La décision fait jaser. Où plutôt, elle déchaîne les passions. Sur les pistes de l’Autodrome Granby, du RPM Speedway et de l’Autodrome Drummond en 2019, les modifiés munies d’un moteur de type W16 vont peser 150 livres de moins que celles munies d’un moteur 358.

Promoteur et copropriétaire à Granby et à Saint-Marcel, Dominic Lussier pousse fort afin de faire une place au W16, un moteur passablement moins coûteux que le traditionnel 358. Si plusieurs pilotes ont acheté un W16 au cours des derniers mois, ils étaient nombreux, paraît-il, à menacer de finalement le laisser dans le garage parce qu’ils ne le trouvaient pas assez performant.

« David Hébert, Steve Bernard, Michaël Parent, Yan Bussière, Alain Boisvert, Jean-François Corriveau, Simon Perreault, François Adam et trois ou quatre autres pilotes ont tous un W16, mais on ne sera pas plus avancés s’ils ne s’en servent pas, explique Lussier. Il a fallu trouver un point d’équilibre pour faire en sorte que les gars qui ont un W16 y trouvent leur compte, tout en respectant ceux qui veulent poursuivre avec un 358. »

Martin Pelletier en est un autre qui a acheté un moteur W16. Ce qui confirme que le champion incontesté de la classe sportsman va graduer en modifié la saison prochaine.

« On a passé deux jours à faire des tests sur dynamomètre et à comparer les moteurs W16 et 358, reprend Lussier. Et on pense qu’on ajustant le poids des voitures à 2275 livres pour un modèle avec un W16 et à 2425 livres pour un modèle avec un 358, on trouvera la parité nécessaire à une bonne compétition. »

Mais voilà, le 150 livres de moins pour une voiture munie d’un moteur W16 en fait hurler certains. Les Dany Gagné et Paul Saint-Sauveur, pour ne nommer que ceux-là, ont fait connaître leur mécontentement.

La situation actuelle n’en pas sans rappeler à certains « la crise des gros blocs » du début des années 2000 alors que les Robert Ranger, Marco Potvin et Luke Plante, qui ne voulaient pas rouler avec un moteur 358, ont fini par abandonner leur volant.

« C’est difficile de plaire à tout le monde, dit encore Lussier. On ne veut pas perdre de pilotes, c’est certain, mais on est conscients que les décisions que l’on prend risquent d’en faire fuir certains. Mais en bout de ligne, on le fait pour le bien de notre sport, pour le rendre plus abordable, et je pense que la majorité est derrière nous. »

Ce qu’il faut comprendre, c’est que Lussier prend un risque… calculé. Il se dit que s’il perd des pilotes la saison prochaine, il en regagnera d’autres plus tard lorsque le moteur W16 aura véritablement fait sa place. Le pari est intéressant.

Par exemple, Martin Roy a deux fils qui font du stock-car sur terre battue. Heureux des décisions prises par les promoteurs afin de rendre les voitures munies d’un moteur W16 plus compétitives, il a déjà affirmé que ses garçons se retrouveront rapidement en modifié.

Sous observation

Les gens du stock-car d’un peu partout vont observer ce qui va se faire à Granby, Saint-Marcel et Drummondville la saison prochaine. Dominic Lussier le sait.

« On nous aura à l’œil, c’est clair. Est-ce qu’on aura une certaine pression ? Oui. Mais on est prêts à vivre avec les conséquences de nos décisions. »

Il y a aussi cette mesure « transitoire », appelons-la ainsi, qui fait jaser. Ainsi, le pilote d’une voiture munie d’un moteur W16 qui aura remporté deux épreuves à la même piste devra ajouter 25 livres à son bolide. Et il devra ajouter un autre 25 livres après son quatrième succès.

« Même si on fait la promotion du W16, on respecte ceux qui restent fidèles au 358, ajoute Lussier. En fait, on essaie vraiment de respecter tout le monde là-dedans. »