Grégory Lapointe portera les couleurs des Saints de l’Université St. Lawrence, en division I de la NCAAA, la saison prochaine.
Grégory Lapointe portera les couleurs des Saints de l’Université St. Lawrence, en division I de la NCAAA, la saison prochaine.

Le parcours atypique de Grégory Lapointe

Depuis longtemps, Grégory Lapointe a un grand objectif : celui d’évoluer dans la NCAA. Et le Granbyen réalisera son rêve la saison prochaine, alors qu’il portera les couleurs des Saints de la prestigieuse Université St. Lawrence, rien de moins qu’en division I de la non moins prestigieuse association américaine. Portrait d’un hockeyeur de chez nous au parcours atypique.

Après avoir évolué pour les Harfangs de l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke, Lapointe, à 15 ans, a participé au camp d’entraînement des Cantonniers de Magog, de la Ligue midget AAA. Mais avant la fin du camp, alors que les choses se déroulaient pourtant plutôt bien, il a décidé de prendre le chemin du Collège de Stanstead, dont le programme de hockey est très crédible.

Et après avoir connu trois excellentes saisons (dont une où il a amassé 67 points, dont 33 buts en 49 matchs), il s’est retrouvé en Colombie-Britannique, dans la BCHL, probablement la ligue de hockey junior A la plus forte au pays, où il a encore récolté 60 points dont 29 buts en 56 matchs en 2019-2020.

« Les matchs de la BCHL attirent plein de recruteurs de la NCAA et même de la Ligue nationale, explique Lapointe, en confinement comme tout le monde à la résidence familiale. Les gens de St. Lawrence ont aimé ce qu’ils ont vu de ma part assez tôt en saison et, à Noël, j’étais engagé envers eux en vue de la prochaine campagne. »

Doté d’une excellente vision du jeu et d’un bon coup de patin, Lapointe s’est imposé comme le meilleur marqueur de l’Express de Coquitlam, qui avait comme plan de faire un long bout de chemin en séries jusqu’à ce que les craintes liées au coronavirus viennent annuler les éliminatoires.

« Comme tous ceux qui jouent au hockey, je rêve à la Ligue nationale, reprend celui qui a fêté ses 19 ans le 1er janvier. Ce que je veux, à vrai dire, c’est me rendre le plus loin possible. Ça pourrait être la LNH, mais ça pourrait être la Ligue américaine ou l’Europe aussi. On verra. Mais il y a mes études qui sont aussi très importantes là-dedans. »

Grégory Lapointe après qu’il ait réussi son premier but dans la BCHL

En fait, dira-t-il, toutes les décisions qu’il a prises au cours des dernières années l’ont été en fonction de ses études.

« Stanstead, c’est une école réputée. St. Lawrence, c’est une université réputée. Là-bas, je vais étudier en business. Je ne vais pas jouer au hockey toute ma vie, et mes études, c’est primordial. »

Il a décroché une bourse d’études complète, ou un full scholarship comme on entend plus souvent, de la part de St. Lawrence, université située à Canton, dans l’État de New York, à environ trois heures de route de Granby.

« Le full scholarship, ça fait en sorte que mes parents n’auront plus besoin de payer pour moi et ça, je trouve ça l’fun. »

Le dernier hockeyeur de chez nous à s’être retrouvé en première division de la NCAA est le défenseur Samuel Labrecque. Le Granbyen a joué à l’Université Clarkson avant de compléter son cours universitaire à McGill. Il joue au hockey en Europe depuis quelques années.

Pas d’intérêt pour la LHJMQ

Bien sûr, des équipes de la LHJMQ se sont intéressées à Grégory Lapointe. Des équipes de la Ligue junior AAA aussi, mais pas les Inouk. Mais ce n’était pas son plan.

« Il y a encore un représentant d’une équipe de la LHJMQ qui m’a contacté tout récemment pour me dire qu’ils avaient une belle place pour moi la saison prochaine. C’est flatteur, mais ce n’est pas ça que je veux. »

Car Lapointe sait et a toujours su ce qu’il veut.

« C’est certain que jouer au Québec, devant mes parents et mes amis, ce serait agréable. Mais au moins, St. Lawrence, ce n’est pas trop loin. C’est d’ailleurs une des raisons pourquoi ça me plaît d’aller là-bas. »

En étudiant et en jouant à Stanstead et ensuite en Colombie-Britannique, Lapointe s’est un peu retrouvé « hors réseau » par rapport aux hockeyeurs québécois de son âge. C’est d’ailleurs la première fois, cette semaine, que La Voix de l’Est lui parlait.

« L’important, c’est de suivre son plan. C’est ce que j’essaie de faire… »

Et il y réussit plutôt bien.