« La LHJMQ, c’est gros, c’est un rêve, c’est quelque chose auquel je pense depuis un moment. C’est un moment spécial », explique Charles Beaudoin.

Le moment spécial de Charles Beaudoin

Charles Beaudoin ne s’en cache pas : il s’apprête à réaliser un rêve en étant repêché par la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Beaudoin, de Bromont, vient de connaître une superbe saison avec les Cantonniers de Magog, champions de la Ligue midget AAA. Et ses performances ont fait en sorte qu’il sera sélectionné dès le premier tour, samedi matin, au Centre Gervais Auto de Shawinigan.

Mieux encore, l’attaquant deviendra le premier joueur de la région à être repêché en première ronde depuis le Granbyen Kevin Mailhiot, qui s’était retrouvé avec les Voltigeurs de Drummondville en 2002.

« Je ne suis pas stressé, mais j’ai des papillons dans l’estomac, je l’avoue, explique Beaudoin, âgé de 16 ans. La LHJMQ, c’est gros, c’est un rêve, c’est quelque chose auquel je pense depuis un moment. C’est un moment spécial. »

Beaudoin est classé huitième meilleur espoir par la Centrale de soutien au recrutement de la LHJMQ. Mais selon certains, il pourrait être repêché avant, peut-être même au cinquième rang.

« Rendu là, mon sort ne m’appartient pas, reprend le jeune homme. J’ai fait ce que j’avais à faire, ce sont maintenant aux équipes à prendre leurs décisions… »

Beaudoin a rencontré les dirigeants de toutes les équipes de la LHJMQ, à l’exception de ceux des Wildcats de Moncton. Et il passait encore des entrevues vendredi soir.

« Est-ce que j’ai une préférence par rapport à l’endroit où j’aimerais jouer ? Pas vraiment. J’ai une certaine attirance envers les équipes des Maritimes, parce que c’est un autre univers, mais ce ne serait pas désagréable non plus de jouer dans une ville située pas trop loin de la maison, parce que ce serait plus facile pour ma famille. Mais bon, je vais aller là où je vais être repêché, tout simplement… »

Et c’est en famille que les Beaudoin vivront le moment de samedi. En passant, son père François est l’ancien rédacteur en chef de La Voix de l’Est.

« Mes parents y seront ainsi que mon frère Philippe [de deux ans son aîné] également. C’est une réussite personnelle, mais aussi familiale, quand on sait tout le temps que mes parents ont passé à me promener d’un aréna à l’autre. Je leur dois beaucoup. »

Un très bel avenir 

Avec les Cantonniers, cette saison, Charles Beaudoin a amassé 38 points, dont 24 buts, en 38 matchs. En séries — et en incluant les rencontres du championnat canadien —, il a ajouté 12 buts et 22 points en 25 parties. En insistant sur son coup de patin, la qualité de son tir et son sens du jeu, le recruteur en chef d’une équipe de la LHJMQ à qui on a parlé cette semaine l’a décrit en disant que c’était « tout un joueur », qui a « un très, très bel avenir devant lui ».

« Honnêtement, j’ai commencé à croire en mes chances de jouer dans la LHJMQ quand j’ai réussi à me tailler une place au niveau pee-wee AAA, reprend l’athlète de 6 pieds et 175 livres. En fait, la LHJMQ est devenue mon objectif depuis. »

Avant de jouer avec les Harfangs de l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke, dans le pee-wee AAA puis dans le bantam AAA, Beaudoin avait appris son hockey dans l’organisation du Quasar des Cantons-de-l’Est et, bien sûr, dans celle du hockey mineur de Bromont.

« Évidemment, j’ai appris beaucoup cette saison chez les Cantonniers et avec notre entraîneur Félix Potvin. Ça a été une saison de rêve tant sur le plan individuel que collectif. »

Quatre joueurs des Cantonniers devraient d’ailleurs être repêchés au premier tour samedi à Shawinigan.

Une étape à la fois 

Quand un joueur est repêché au premier tour par la LHJMQ, ils sont nombreux à voir en lui un futur espoir pour la Ligue nationale. Mais voilà, Charles Beaudoin affirme qu’il est encore loin de penser à la grande ligue.

« J’y vais une étape à la fois, dit-il. Et honnêtement, cette façon de penser m’a plutôt bien servi jusqu’ici. Je vais commencer par faire mes preuves dans la LHJMQ. Car être repêché, c’est une chose, mais c’est juste une sélection. Le travail, le vrai travail, c’est au camp d’entraînement qu’il va débuter… »

Manifestement, le jeune homme a la tête bien vissée sur les épaules.