Martin Roy en compagnie de ses garçons en 2016. «Je reviens en pensant à mes fils et à tous ceux qui ont le futur de notre sport à cœur», dit-il.

Le grand retour de Martin Roy

« J’ai hâte de revenir sur la terre, où j’ai connu tellement de bons moments. Je ne reviens pas pour gagner, mais je vais apporter autre chose. Je le dis sans prétention, mais je suis de retour pour le bien de notre sport, en pensant à son avenir. »

Annoncé par La Voix de l’Est le mois dernier, le retour très attendu de Martin Roy est finalement retardé. La raison ? Il a reçu le moteur W16, dont son modifié sera muni, avec du retard.

« Je serai là dans une semaine, a promis Roy, joint chez lui, à Longueuil, jeudi après-midi. Tant qu’à revenir, on ne reviendra pas tout croche ! »

De 2001 à 2011, avant d’entreprendre une carrière en NASCAR, Roy a remporté un championnat et puis un autre sur la terre battue. Mais voilà, il ne revient pas avec l’objectif de gagner.

« J’ai deux fils qui court sur terre battue (Jérémy, 15 ans, en sportsman, et Félix, 13 ans, en slingshot) et, si les deux se retrouvent en modifié dans quelques années, je n’aurai tout simplement pas les moyens de suivre, a-t-il expliqué. Si vous regardez les moteurs utilisés par les équipes de pointe, comme celles de David Hébert et de Steve Bernard, c’est une affaire de plus de 50 000 $ en argent canadien. Ajoutez à cela l’auto, on parle d’une dépense totale de 100 000 $. Ça n’a pas d’allure, ça n’a plus d’allure ! »

À l’invitation du promoteur Dominic Lussier, Roy récoltera donc les données afin de développer le moteur W16, qui coûte beaucoup moins cher qu’un moteur 358.

« Dominic avait besoin d’un pilote de qualité, mais aussi d’un pilote qui n’a plus rien à gagner et qui ne court pas pour le championnat. Je suis son homme. Je ne veux pas faire rire de moi, je vais courir la pédale collée au fond, mais je reviens vraiment dans le but d’aider, en pensant à mes fils et à tous ceux qui ont le futur de notre sport à cœur. »

Selon Roy, le moteur W16 n’a pas la même puissance que le traditionnel moteur 358. Et surtout, il manque de torque. Mais il a de l’avenir.

« Il est de 30 à 40 forces moins puissant. Pour être efficace, en particulier sur une piste comme Granby, il faut que la voiture soit plus légère. De combien de livres ? Je ne sais pas. Ça fait partie des choses qu’il faut voir. »

Roy sera en piste vendredi prochain, mais il n’est pas impossible aussi qu’il coure avec les gros blocs de la série Super DIRTcar, trois jours plus tard.

« On verra ce que Dominic en pense. Moi, je travaille pour lui. Mais ça pourrait être très intéressant. »

Vivre son rêve
Après avoir dominé la terre battue, Martin Roy a couru en série canadienne de NASCAR, en série Camping World Truck et, surtout, en série Nationwide, devenue Xfinity. S’il n’a rien cassé aux États-Unis, il a tout de même vécu son rêve.

« Nous avions un budget limité (il était copropriétaire de l’écurie King Autosport avec Mario Gosselin, maintenant chef d’équipe d’Alex Labbé en série Xfinity), mais j’ai adoré courir en NASCAR. Et honnêtement, il n’est pas que je n’y retournerai pas à un moment donné… »

Mais en attendant, il a une mission à accomplir. Ici, sur la terre.