«Je fais du hockey de façon sérieuse. Je travaille fort et je mets beaucoup d’heures parce que je crois en l’importance de mon équipe dans sa région et parce que je crois en la LHSAAAQ», affirme Dean Lygitsakos.

Le Dean qui en mène large

CHRONIQUE / Partout à travers la Ligue de hockey senior AAA du Québec, on l’appelle Dean, tout simplement. Parce qu’on a de la misère à prononcer son nom de famille, diront certains, et parce que « Dean, c’est Dean », diront d’autres.

Dean Lygitsakos est l’âme du Bellemare de Louiseville. Il en est l’entraîneur, le directeur général, le gouverneur et un des administrateurs de l’OSBL qui dirige cette équipe qui, année après année, connaît des succès impressionnants. Et l’homme de 46 ans en mène large à travers la LHSAAAQ aussi.

Le Bellemare (6-0-2) n’a pas encore subi la défaite en temps réglementaire cette saison. L’équipe a participé à la finale cinq fois au cours des six dernières campagnes et en est ressortie avec le gros trophée en trois occasions.

« Dean, c’est le plus gros QI hockey de la ligue et celui qui connaît le mieux le circuit », me disait en fin de semaine le dirigeant d’une équipe.

C’est vous dire.

« Je fais du hockey de façon sérieuse, affirme Lygitsakos, qui a aussi dirigé à Trois-Rivières, Jonquière et Saint-Georges, dans la Ligue nord-américaine. Je travaille fort et je mets beaucoup d’heures parce que je crois en l’importance de mon équipe dans sa région et parce que je crois en la LHSAAAQ. »

Lygitsakos, un fils de la Mauricie, est d’avis que la LHSAAAQ s’en va tranquillement à la bonne place, même s’il y a encore du travail à faire.

« J’aime dire que mon premier trio d’il y a trois ans est devenu mon troisième trio aujourd’hui. La qualité de jeu de la ligue augmente à un rythme impressionnant. Et la ligue est plus sérieuse, point. »

Si la qualité de jeu est en constante évolution, c’est parce que les bons hommes de hockey sont beaucoup plus nombreux, selon lui.

« Je ne veux pas être prétentieux, mais je pense que plusieurs ont copié la façon de faire de Louiseville. Et la base, quand tu fais du hockey, c’est d’aller chercher des hommes de hockey compétents. Chez nous, ça a toujours été la chose la plus importante. Et ça rapporte. »

Lygitsakos cite en exemple les Bisons « qui sont allés chercher plein de bons hommes d’expérience et qui gagnent ».

Le « nous » avant le « je »

La LHSAAAQ est en pleine progression. Mais pour qu’elle continue à croître, il faut que ses dirigeants mettent le « nous » avant le « je », estime Lygitsakos.

« Comme dirigeant, il faut être capable de penser en fonction de la ligue avant de penser à son équipe. Et ça, c’est encore notre plus grande faiblesse. On fait du hockey senior, c’est très compétitif et on veut tous gagner. Mais des fois, il faut mettre les intérêts de la ligue en premier. Parce que de toute façon, tu ne seras pas plus avancé si tu joues tout seul… »

En ce sens, la LHSAAAQ doit absolument protéger ses petits marchés, croit-il.

« Il faut faire attention de ne pas se laisser tenter par de trop gros marchés. Laval, Montréal, des villes comme celles-là, ce n’est pas bon pour nous. Nous ne sommes pas la Ligue nord-américaine, nous ne pouvons pas compétitionner financièrement avec elle, et nous ne devons pas chercher à le faire non plus. Nous avons notre créneau à nous et c’est bien comme ça. Des villes comme Louiseville constituent le fondement de la ligue. »

Étonnamment, il ne craint pas Granby, devenu instantanément le plus gros marché de la ligue.

« Christian Roy [NDLR : le grand patron des Bisons] parle toujours au ‘‘nous’’ dans les réunions de la ligue et il a une vision pour le circuit, pas juste pour son équipe. J’aime son discours. »

La Ligue américaine de la LNAH

Dans sa vision à lui, Dean Lygitsakos voit la LHSAAAQ comme la Ligue américaine de la LNAH.

« Il n’y a pas de honte à jouer dans la Ligue américaine comme il n’y a pas de honte à jouer dans la LHSAAAQ non plus, dit-il. Il y a des jeunes qui passent chez nous en attendant de jouer dans la LNAH, y’a des gars qui viennent finir leur carrière ici et d’autres, enfin, qui n’ont simplement pas ce qu’il faut pour jouer dans la LNAH. Et tout ça mis ensemble, ça donne un très bon produit, avec de la couleur. »

Et s’il avoue qu’il s’ennuie parfois de faire du hockey à temps plein comme il le faisait dans la LNAH, Lygitsakos affirme qu’il s’amuse dans la LHSAAAQ.

« Je fais du hockey chez nous, dans ma région, dans une belle ligue. Et j’ai encore du fun à me haire huer et à me faire crier des noms partout sur la route! »

Et on le croit sur parole.