Elliot Cardin voit grand pour sa florissante carrière de coureur élite en course sur sentier.

Le coureur Elliot Cardin voit grand

Le nom d’Elliot Cardin est à retenir dans le sport de compétition encore méconnu qu’est la course en sentier. Du haut de ses 25 ans, le Bromontois fait déjà partie de l’élite québécoise et rêve un jour d’être un athlète professionnel dans son sport.

D’un naturel sportif, Elliot Cardin pratique la course depuis trois ans et demi. Constatant la nouvelle passion de son fils, sa mère a alors décidé de l’inscrire à un demi-marathon pour son anniversaire. Malgré sa maigre expérience, le Bromontois a bien performé et depuis, il n’a plus jamais cessé de s’adonner à la course.

Peu de temps après son demi-marathon, il a commencé à fouler les sentiers. « J’ai toujours aimé la nature et je me demandais si ça existait, la course en montagne. J’ai découvert que ça s’appelait le trail running et qu’il y avait des compétitions. Je suis allé rejoindre le Club de trail de Bromont où Alister [Gardner] court et entraîne. »

Ils sont dorénavant des partenaires d’entraînement. Lui-même s’entraîne 6 à 7 jours par semaine, mais diminue les fréquences à l’approche de ses compétitions.

« Ça équivaut pas mal à 15 heures d’entraînement, sans compter tous les étirements et le renforcement musculaire pour ne pas te blesser. Ça demande beaucoup de discipline et de temps. »

La discipline est d’autant plus cruciale que le jeune athlète doit concilier le sport, son travail de maçon et ses études en naturopathie en plus de garder du temps pour sa vie amoureuse.

Mais à force de persévérance, le Bromontois a réussi à s’illustrer dans quelques compétitions. En 2017, il était reparti avec la deuxième place toutes catégories confondues, derrière Mathieu Blanchard mais devant Alister Gardner à une épreuve de la série The North Face Endurance Challenge. La course, qui se déroule dans le Bear Mountain State Park, dans l’État de New York, est très populaire auprès des Québécois. Cette année, il a terminé 7e.

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Elliot caresse le rêve de devenir professionnel, mais la marche à franchir est haute.

Il donne en exemple Mathieu Blanchard, un Montréalais d’origine française, qui est très présent sur le circuit du trail running au Québec. « Il est vraiment fort. C’est souvent lui qui est devant moi dans les courses. Comme au Québec Méga Trail, il a fini une heure devant moi, indique celui qui a terminé deuxième lors de cette course de 100 km sur la Côte-de-Beaupré à la fin juin. Il a pas mal le calibre professionnel, c’est ce que je dois aller chercher. »

Pour atteindre ce niveau, Elliot Cardin sait qu’il devra compétitionner à l’étranger.

« Je veux aller dans des courses à l’international pour mesurer le calibre des participants. En Europe, où ce sport est plus populaire, ça pousse vraiment fort, dit-il, conscient de la difficulté qui se présente à lui. On peut faire de belles performances, comme dans le top 20, mais c’est vraiment dur d’aller chercher un podium. »

Atteindre cet objectif ne lui permettra pas, cependant, de vivre de son sport, même si de plus en plus d’événements offrent des bourses. Les commanditaires qui épaulent les professionnels permettent tout au plus de payer les voyages pour les compétitions et le logement. Parfois, les coureurs peuvent en tirer un très petit salaire, selon Elliot.

Au Québec, les athlètes comme lui peuvent devenir ambassadeurs d’une marque en échange de produits. Cette association permet de réduire les dépenses, mais les coureurs doivent payer de leur poche pour performer sur la scène nationale et internationale.

Direction la Colombie-Britannique
Plutôt que de s’envoler vers l’Europe en 2018, c’est vers l’Ouest canadien qu’il se dirigera. Le 18 août, il pourra vraiment se mesurer avec des coureurs de partout dans le monde à la course Squamish 50, qui se déroule dans la localité du même nom près de Vancouver. « Cette course en est une de 80 difficiles, mais inoubliables kilomètres », prévient le site web de l’événement. Plus de 90 % du sentier est étroit, ce qui rend les dépassements ardus, et les coureurs ont plus de 11 000 pieds (3353 mètres) de dénivelé à affronter. Ils atteindront par ailleurs un sommet enneigé.

Sa participation à cette course mythique a cependant été compromise pour des raisons financières. Les billets d’avion sont plus dispendieux qu’il ne le croyait.

Sa mère a eu l’idée de lancer une campagne de sociofinancement en ligne, sur la plateforme Gofundme. « J’étais super content ! », commente-t-il.

Elle a décidé de ratisser plus large et s’est donné comme objectif d’amasser 5000 $ pour lui permettre de faire d’autres épreuves à quelques heures d’avion. Il a en tête de belles courses en Espagne et en Martinique qui ont lieu durant l’hiver. Il souhaiterait aussi participer à l’UltraTrail du mont Blanc l’an prochain, s’il réussit à se qualifier.

« Jusqu’à présent, l’argent va me permettre d’aller faire ma course à Squamish. »