« Bien modestement, je pense que j’amène ma Camaro le plus loin que je peux l’amener », explique Alex Labbé.

Le combat d’Alex Labbé

Alex Labbé a beau être 16e au classement de la série Xfinity de NASCAR avec seulement six courses à faire, il a de la pression sur les épaules.

Cette pression, elle vient du fait que son équipe n’est pas riche et que des sommes d’argent appréciables sont à l’enjeu. Ainsi, si Labbé termine parmi les 20 premiers au classement des pilotes, il recevra un boni de l’ordre de 75 000 $, gracieuseté de NASCAR, et si son écurie finit dans le top 20, elle recevra un boni de 150 000 $, toujours gracieuseté de NASCAR.

DGM Racing, son équipe, est précisément 20e au classement.

En début de saison, d’ailleurs, on parlait d’AM Prime Racing, écurie fondée par Alain Lord Mounir. Depuis quelques mois, pour des raisons un brin obscures, on parle de DGM Racing, propriété de Mario Gosselin, qui est également le chef d’équipe de Labbé. Il y a des choses qui ne sont pas claires et que personne ne semble véritablement être capable d’expliquer.

« L’important, c’est qu’on court à toutes les semaines, réplique Labbé, qui connait une excellente saison bien que son équipe ne possède pas les ressources financières des écuries de pointe de la série Xfinity. Et question de faire taire les rumeurs, je vous dirai que nous allons être là à tous les week-ends d’ici à la fin. Par contre, on aimerait ajouter quelques commanditaires pour finir en force. »

À l’heure où on se parle, pour vous donner une idée, DGM Racing n’a pas ce qu’il faut pour changer de pneus aussi souvent que les autres équipes.

« Ce n’est pas facile, reprend Labbé. On manque de ressources, mais tout le monde travaille très fort, tout le monde met son cœur à l’ouvrage. Mais dans le monde des courses, je n’apprendrai rien à personne, l’argent décide bien souvent de la position à laquelle tu vas finir… »

BRP, dont le siège social est situé à Valcourt, continue à supporter le pilote des Bois-Francs. Mais dans une moindre mesure, si on comprend bien.

N’empêche que Labbé n’a pas à rougir de ses performances. S’il est 16e parmi les 59 pilotes qui ont effectué au moins un départ depuis le début de la saison, il revendique 14 top 20, dont 3 top 15 et un top 10 (à Mid-Ohio) en 27 départs. Avant de terminer 21e à Richmond vendredi dernier, il avait enregistré quatre top 20 d’affilée.

« Bien modestement, je pense que j’amène ma Camaro le plus loin que je peux l’amener. Non, je ne suis pas gêné de mes résultats. Et c’est arrivé plus d’une fois cette saison que les dirigeants ou pilotes d’écurie de pointe (comme Gibbs, Penske et autre Ganassi) sont venus me voir pour me féliciter. C’est toujours agréable à entendre. »

Samedi, Labbé va courir sur le circuit routier de Charlotte.

« On parle d’argent, on dit que ce n’est pas facile, mais je suis quand même heureux de mon sort. Je cours en deuxième division de NASCAR, je cours sur les plus grands et les plus beaux circuits des États-Unis et ça reste un privilège. J’ai la chance de faire à 25 ans ce que je veux faire toute ma vie. »

Et l’an prochain ?
Quand on demande à Alex Labbé ce qui l’attend la saison prochaine, il fait une pause avant d’avouer bien candidement qu’il n’en sait absolument rien.

« Présentement, je me bats pour finir la saison en force, mais je n’ai aucune idée de quoi sera fait 2019. L’incertitude, remarquez bien, fait souvent partie de la vie des pilotes. On verra… »

En juin dernier, le champion en titre de la série canadienne de NASCAR a reçu son diplôme en ingénierie de haute performance en sport automobile de l’Université Northwestern Ohio (UNOH). Autrement dit, il ne sera jamais mal pris.

« J’ai beaucoup appris, ça m’aide à mieux comprendre les voitures que l’on conduit, mais c’est vraiment courir que je veux faire. Ça, c’est très clair. »

Alex Labbé est déterminé. Dans un univers, celui des grandes ligues de NASCAR, où les Québécois sont très peu nombreux, il aura toujours besoin de cette bonne dose de détermination.