«Les gens disent : ‘Il faut penser à la santé et à la sécurité des athlètes’ et c’est vrai. Mais il faut aussi penser à la santé de la population en général. Les Jeux, ce sont des rassemblements montres, ne l’oublions pas.»

Le CIO doit se brancher, estime Marilou Duvernay-Tardif

Marilou Duvernay-Tardif venait tout juste d’apprendre qu’elle n’avait pas été retenue par l’équipe canadienne d’aviron pour participer aux Jeux olympiques de Tokyo. Tout de même, elle approuve à 100% la décision du Comité olympique canadien de refuser d’envoyer une délégation aux Jeux de Tokyo l’été prochain, si Jeux bien sûr il y a.

«Les gens disent : ‘Il faut penser à la santé et à la sécurité des athlètes’ et c’est vrai, dit-elle. Mais il faut aussi penser à la santé de la population en général. Les Jeux, ce sont des rassemblements monstres, ne l’oublions pas.»

Marilou comprend aussi le casse-tête des dirigeants du Comité international olympique. Reporter les Jeux olympiques, on s’entend, ce n’est comme reporter un match des Inouk.

«C’est une décision qu’ils ne doivent pas avoir envie de prendre car les Jeux, c’est tellement gros. Mais ils n’ont pas le choix. On ne peut pas faire comme si rien n’était présentement.»

On a joint Marilou sur l’île de Victoria, en Colombie-Britannique, là où les membres de l’équipe canadienne d’aviron s’entraînent. Étonnamment, d’ailleurs, l’équipe canadienne n’a fermé son complexe d’entraînement que dimanche soir.

«Il y a moins de cas sur l’île que dans le reste de la province, mais il y en a quand même», explique la sœur du footballeur et champion du Super Bowl Laurent Duvernay-Tardif.

Ce qu’on comprend, c’est que la vie suivait son cours presque normal au sein de l’équipe canadienne d’aviron jusqu’à dimanche. Mais voilà, l’ancienne étudiante du cégep de Granby, qui s’est entraînée à Lac-Brome pendant un moment, cherche maintenant la meilleure façon de rentrer au Québec.

«Je regarde toutes les options. C’est certain qu’avec tout ce qui se passe, j’ai envie d’être proche des miens.»

Les athlètes ont mal

Marilou Duvernay-Tardif venait d’apprendre, on le répète, qu’elle n’irait pas aux Jeux de Tokyo. Mais elle affirme comprendre tout à fait que la décision du Comité olympique canadien est crève-cœur pour tous les athlètes qui se préparaient depuis des années pour ce grand rendez-vous.

«Les athlètes sont d’accord, ils comprennent, mais ils ont mal, c’est certain, dit-elle. C’est une situation particulière, que personne n’aurait pu prévoir il y a quelques mois à peine.»

Mais Marilou pense aussi à tous les autres athlètes dans le monde qui sont actuellement dans l’incertitude.

«L’incertitude, y’a rien de pire que ça. Et c’est dur sur la motivation quand tu ne sais pas ce qui t’attend. Ce que je souhaite, c’est que le Comité international olympique se branche rapidement. Pour le bien des athlètes.»

Ceci dit, elle est plutôt fière que le Canada ait été le premier pays à faire connaître ses intentions.

«C’est une belle preuve de leadership. Maintenant, plusieurs pays vont suivre.»

BESSETTE: «LA BONNE DÉCISION POUR LES ATHLÈTES»

La députée Lyne Bessette, qui a elle-même représenté le pays deux fois aux Jeux olympiques, affirme que le Comité olympique canadien a pris «la bonne décision pour les athlètes» en décidant de ne pas envoyer de délégation aux Jeux de Tokyo, à moins d’un report.

L’ex-cycliste, qui représente les électeurs de Brome-Missisquoi à la Chambre des communes, n'a toutefois pas voulu aller plus loin dans ses commentaires en ajoutant, via courriel, qu'elle avait appuyé le mouvement canadien qui questionnait plus que sérieusement la tenue des Jeux de Tokyo. Michel Tassé