Comment peut-on se complaire quand on rate les séries trois fois en quatre ans? Parle-t-on toujours ici du Canadien de Montréal, qui a longtemps été l’équivalent de ce que sont au baseball les Yankees de New York, ou tout simplement d’une équipe quelconque?

Le Canadien: pas d’exigences, pas d’excellence

CHRONIQUE / Un premier son de cloche: après la défaite des Canadiens contre Washington jeudi dernier, qui les excluait pratiquement des séries, je me suis arrêté quelques minutes pour écouter les commentaires des analystes. L’un d’eux évoquait une transition réussie par rapport à la saison dernière, la justifiant en raison d’un bond de 25 points au classement comparativement à pareille date en 2017-18. Un de ses confrères se demandait, quant à lui, ce qu’on pouvait reprocher à cette vaillante petite équipe. Un troisième parlait même d’une excellente saison.

En fait, après avoir écouté tout ce beau monde, je me suis posé deux questions. Comment peut-on se complaire quand on rate les séries trois fois en quatre ans?

Parle-t-on toujours ici du Canadien de Montréal, qui a longtemps été l’équivalent de ce que sont au baseball les Yankees de New York, ou tout simplement d’une équipe quelconque?

Deuxième son de cloche: lors du dernier Tournoi de golf des gens d’affaires de Granby, on avait embauché l’ex-Canadien Yvon Lambert pour animer l’encan tenu en soirée. Quand est venu le temps de proposer le chandail no 62 du joueur Artturi Lehkonen aux convives, Lambert, avec son enthousiasme légendaire, a lancé ceci: « Acheter ce chandail-là, ce soir, c’est une véritable aubaine. D’autant plus que Lekhonen va scorer au moins 30 buts cette année! »

Quand je pense à cette déclaration, je me dis sarcastiquement que les 19 buts qui manquent à Lekhonen — certes un bon joueur, mais de troisième trio sans plus puisqu’il n’a marqué que 11 buts cette saison —, représentent peut-être la différence, pour le Canadien, entre faire les séries et commencer sa saison de golf prématurément.

Ce qui fait contraste avec aujourd’hui, c’est que Lambert, comme plusieurs joueurs de sa génération (notamment Guy Lafleur), a été habitué à « mettre la barre haut » quand ils parlent de « leur club ». Pour eux, le CH ne représente rien de moins qu’un synonyme d’excellence.

À ce sujet, quand je travaillais avec le vétéran homme de hockey Clément Jodoin, il nous répétait sans cesse que sans exigences, on n’avait jamais d’excellence. 

Dans une époque pas si lointaine, faire les séries n’était qu’un préalable en vue du véritable objectif, celui de la conquête de la Coupe Stanley. De nos jours, on voit les choses autrement. Le simple fait d’y participer représente tout un accomplissement! Maintenant, les partisans qui payent le gros prix pour assister aux matchs doivent écouter le directeur général, Marc Bergevin, leur dire qu’en raison d’une « supposée » parité, juste accéder au derby printanier est de plus en plus difficile…

« Bull...! », si voulez mon avis.

Pourtant, ça ne semble pas être le cas pour le Lightning, les Capitals, les Sharks et les Predators, qui y participent presque tous les ans.

Bien entendu, en y allant de propos de la sorte, Bergevin, qui voit généralement clair — sauf en ce qui concerne son département de recrutement (j’y reviendrai!) — tente de gagner du temps, d’où le reset de juin dernier.  

Il sait fort bien qu’en sept ans sous son règne, le club qu’il dirige n’a rien fait qui vaille (hormis une étonnante participation à la finale de conférence de 2014), ratant même les séries en 2016, 2018 et 2019. 

Pardonnez-moi, mais ailleurs dans la LNH, un directeur général dont la formation ne récolte que si peu de résultats se serait vu montrer la porte assez rapidement. On n’a qu’à penser aux sorts réservés aux Ron Hextall à Philadelphie, Chuck Fletcher au Minnesota, Peter Chiarelli à Edmonton, etc. Le hockey étant un sport de résultats, le proprio, Geoff Molson, grâce à un incroyable exercice de relations publiques, a même réussi à sauver la peau de son DG en abaissant les attentes.

Des failles dans le recrutement

Le problème est toutefois demeuré le même qu’il y a quatre, trois et deux ans: le Canadien manque cruellement de talent et de grosseur.  

Pourquoi? Là-dessus, je persiste et signe: le CH a très mal repêché de 2008 à 2016.

En réponse à cette affirmation, on me dira tout de même que l’avenir semble prometteur avec les sélections récentes des Kotkaniemi, Ylonen et Romanov en 2018, des Poehling, Brook, Ikonen et Primeau en 2017. Mais peut-on parler d’une certitude? Sommes-nous assurés  à 100 %  que ces joueurs, hormis peut-être Poehling, deviendront des joueurs d’impact d’ici quatre à cinq ans? Au fait, pourquoi doit-on attendre encore si longtemps?

Ce dont je suis certain, c’est que la personne responsable de les repêcher, en l’occurrence le recruteur-chef Trevor Timmins, nous avait dit la même chose il y a quelques années au sujet des Nikita Scherbak, Michael McCarron, Jacob De La Rose, Zachary Fucale, Brett Lernout, Sebastian Collberg, Nathan Beaulieu, Jarred Tinordi, Louis Leblanc, Danny Kristo et j’en passe. Eux qui devraient maintenant pourtant porter les couleurs tricolores... Finalement, tous, sans exception, se sont avérés des flops.

Je veux bien croire en l’avenir, mais quand je regarde tant l’alignement du Canadien que celui de son club-école (qui en passant, n’a pas fait les séries de la Ligue américaine lors des sept dernières saisons), je me dis que le talent y est bien mince. Je ne vois aucun joueur du Rocket de Laval en mesure de percer la formation du « grand club » en septembre prochain. C’est vous dire.

Les joueurs dits prospects à Laval étaient d’ailleurs tellement peu nombreux à l’aube de la présente campagne que l’été dernier, leur nouveau DG et instructeur-chef, Joël Bouchard, a fait le tour du bottin des agents accrédités par la National Hockey League Player’s Association (NHLPA) pour trouver des joueurs autonomes susceptibles d’aider son équipe. Au terme de ses recherches, il a fait parapher des ententes à Alexandre Grenier (27 ans), Alex Belzile (27 ans) et Maxim Lamarche (26 ans) qui occupent des rôles dominants dans sa formation, malgré le fait que leurs postes sont habituellement attribués à de jeunes espoirs repêchés par le grand frère de la LNH. Et là, je ne vous ai pas encore parlé de ce que représente le manque de grosseur de plusieurs porte-couleurs de la Sainte-Flanelle…   

Je vous le dis mes amis, nous ne sommes pas sortis de l’auberge!

Le jeune coureur automobile, Vincent Berthiaume

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

La saison 2019 risque d’être chargée pour le jeune coureur automobile Vincent Berthiaume. Recrue de l’année en 2017, en plus d’avoir décroché la 3e place au championnat du RPM Speedway l’année dernière, cet adolescent rempli de talent sera de retour cet été en STR, mais cette fois au sein de l’écurie Samson Racing.

Bien que l’on semble s’arracher le jeune prodige, il devrait participer à toutes les épreuves du championnat conjoint St-Guillaume/Bas St-Laurent, ainsi qu’à la majorité des courses de sa catégorie, disputées à l’Autodrome Drummond.

Finalement, désirant ajouter une autre corde à son arc, il accompagnera en mai un jeune pilote de neuf ans qui commencera en série G-Kart. Vincent sera alors chargé de la préparation de la voiture tout en prodiguant bon nombre de conseils à son dauphin.