«Dans le fond, pourquoi est-ce que je bouderais mon plaisir? Je ne veux pas regretter», explique Bertrand Godin.

Le bonheur de Bertrand Godin

Bertrand Godin est heureux, très heureux même. Comme n’importe quel coureur automobile, en fait, qui se voit offrir un volant à temps plein.

Pour la première fois en 25 ans, Godin prendra part à une saison complète en monoplace, lui qui pilotera la Mygale no 77 de Britain West Motorsports en série canadienne de Formule 1600. Il comptera sur l’appui financier du Groupe à l’infini, qui ratisse large dans le vaste monde des communications.

« Oui, je suis heureux, raconte Godin. J’ai beau être rendu à 51 ans, la passion des courses ne s’est jamais éteinte. J’ai très hâte aux premières épreuves ! »

Le calendrier de la série compte 17 courses, réparties sur six fins de semaine. Le premier week-end de compétition est prévu à la fin mai, sur le circuit Mont-Tremblant.

« J’ai vécu de très beaux moments l’an dernier lorsque j’ai couru en Formule 1600 sur le circuit Gilles-Villeneuve et dans le cadre du Grand Prix de Trois-Rivières (où il a remporté une brillante victoire). Mais l’été passé, c’était davantage pour se rappeler de bons souvenirs et pour s’amuser. Là, ce sera différent. Je vise plusieurs places sur le podium. »

Godin estime que la Formule 1600 représente un beau défi, étant donné tout le talent qu’on retrouve chez les pilotes.

« Les gars sont jeunes et ils sont bons ! J’arrive avec mon expérience, c’est vrai, mais ça ne garantit rien. Il va falloir travailler fort, il n’y aura rien de facile… »

Ne pas regretter

Après avoir couru en Formule Ford, en Indy Lights, en Formule Atlantique et en Formule 3000, Bertrand Godin a fait ses preuves et il n’a plus rien à prouver en piste. Mais voilà, c’est la passion, et rien d’autre que la passion, qui ramène l’ancien résident de Waterloo et de Granby derrière le volant.

« Certains vont dire que ce n’est pas sage de retourner en piste à 51 ans, je le sais. Mais j’ai une cousine qui est décédée du cancer récemment et ça m’a fait réfléchir. J’aime la course et il y a une opportunité qui s’offre à moi. J’en ai parlé à ma femme et elle m’a dit : “Bertrand, profites-en, vas-y !” Dans le fond, pourquoi est-ce que je bouderais mon plaisir ? Car si ma carrière est derrière moi, le plaisir, lui, est devant moi. Non, je ne veux pas regretter. »

On le répète, Godin est heureux. Et on est content pour le bonhomme, une des meilleures personnes que vous pourrez croiser dans le petit monde des courses au Québec.

« L’été s’annonce agréable. Je m’entraîne régulièrement, je suis en forme et j’ai beaucoup travaillé sur simulateur au cours des derniers mois. Je suis excité ! »

Lorsqu’il s’arrêtera au Grand Prix de Trois-Rivières, au mois d’août, Godin ne débarquera pas seulement avec sa Formule 1600. Il participera également à une épreuve qui regroupera d’anciennes monoplaces de Formule Atlantique. En 1997, il avait pris part à quelques courses du championnat nord-américain, signant même une victoire sur le circuit Gilles-Villeneuve.