Danny Gélinas
Après avoir mérité la médaille du Gouverneur général à l’Université de Sherbrooke, Émilie Duquette est maintenant pigiste à RDS.
Après avoir mérité la médaille du Gouverneur général à l’Université de Sherbrooke, Émilie Duquette est maintenant pigiste à RDS.

L’arrivée dans la région de «Miss Elizabeth» et «la p’tite nouvelle» de RDS

CHRONIQUE / Il arrive souvent que des lecteurs m’écrivent en me demandant comment ai-je pu me retrouver ici, moi qui proviens, comme vous le savez, de la région de la Mauricie.

Une belle histoire que j’ai envie de vous raconter. Vous verrez, encore une fois, le monde du hockey y est étroitement lié.

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Peu importe qui nous sommes, il survient parfois des événements qui nous marquent plus que d’autres.

Lorsqu’en 2003 j’ai décidé de vendre tous les biens que je possédais à Trois-Rivières pour suivre ma douce que je ne fréquentais alors que depuis trois mois (un coup de foudre mutuel !), je me devais évidemment de me trouver un nouvel emploi, moi qui enseignais jadis dans une école secondaire publique, à un groupe d’élèves éprouvant des troubles d’apprentissages et/ou de comportements. Aujourd’hui, nos bien-pensants du ministère de l’Éducation appellent cela « l’adaptation scolaire ». 

Grâce à mon bon ami Simon Désautels, qui dirigeait les Gaulois du Collège Antoine-Girouard de Saint-Hyacinthe au niveau midget AAA, j’y ai obtenu une entrevue puisque la direction de cette école — avec à sa tête Le Granbyen René Bouchard (un homme d’exception !) comme directeur général, était à la recherche d’un enseignant capable d’enseigner le français notamment à leurs groupes de « concentration sportive » de troisième et quatrième secondaires. 

Je m’en souviens comme si c’était hier : la veille de la Saint-Jean-Baptiste, je m’étais présenté au Collège vêtu de mon plus beau complet. Dès le départ, peut-être était-ce simplement de l’intuition, j’ai senti que le poste à combler serait le mien. Encore plus lorsque le directeur des études, Dominique Lestage, m’a fait savoir que leurs étudiants-hockeyeurs auraient besoin d’un encadrement à tout le moins plus restrictif, car plusieurs d’entre eux avaient adopté un comportement qui semblaient nuire à la démarche pédagogique de certains de leurs enseignants (es).

Assez confiant en moi, je lui avais répondu du tac au tac : « vous savez, à l’école où j’enseigne — en Mauricie —, j’ai dans mes classes des jeunes qui s’automutilent, ont des ‘’ Tourrettes ‘’ (syndrome de Gilles de la Tourette) ou sont autistes et ça va très bien. De plus, de par mon travail avec le Rocket (de Montréal, alors de la LHJMQ), j’ai l’habitude de côtoyer des joueurs junior majeur de 6 pieds et 200 livres sur une base régulière. Ce n’est donc pas un midget qui va m’effrayer. Je n’entrevois donc aucun à mal à enseigner à vos joueurs de hockey, même que je pense que j’y serai comme un poisson dans l’eau et que je vais avoir beaucoup de plaisir à le faire ! »

Trois jours plus tard, alors qu’à Cap-de-la-Madeleine je prenais le déjeuner en compagnie de celle qui est devenue depuis ma femme, je recevais un appel de M. Bouchard me confirmant que j’avais obtenu l’emploi.

Durant l’été, en plus de me préparer adéquatement en vue de la prochaine rentrée, j’avais donné un coup de main à l’Équipe Québec des moins de 17 ans, au sein de laquelle j’allais surtout retrouver certains de mes futurs élèves. Toutefois, je n’en avais soufflé mot à aucun d’entre eux.

Alors, lorsque la fin août fut venue et que M. Lestage entra dans la classe du groupe 403 pour me présenter, moi qui attendais dans le corridor en silence, j’entendis une voix, celle du petit attaquant Francis Charette qui disait : « J’espère qu’il va être meilleur que celui de l’année passée, n’est-ce pas les boys ? »

Et un grand nombre d’étudiants s’étaient soudainement mis à rire.

Quand je suis entré dans la classe, je lâchai tout de go à Charette : « Pis, comment c’était le camp de Team Québec, mon ‘‘petit chat ‘‘— son sobriquet — ? »

J’ai cru que la mâchoire allait lui décrocher…

Pour un, le gardien Guillaume Blouin — qui venait d’arriver avec les Gaulois, ayant été libéré par Sainte-Foy et que j’avais côtoyé durant plusieurs années dans différentes écoles de hockey — me questionna, encore stupéfait : 

— « M. Gélinas, qu’est-ce que vous faites ici ? »

— « Blue, c’est moi qui vais vous enseigner le français cette année ! »

Et Guillaume de se retourner en s’adressant à ses compagnons : « Les gars, je l’ai eu à l’école de hockey et il était vraiment drôle comme coach. On va passer une maudite belle année, je pense ! »

17 ans plus tard, je revois encore mon supérieur me jeter un regard complice et il avait quitté les lieux en disant : « Moi aussi les amis, je crois que vous allez vraiment passer une belle année … »

En effet, encore aujourd’hui, je me souviens toujours de ce magnifique groupe 403 qui comptait notamment outre « Blue » et « le petit chat », sur les Granbyens Éric Castonguay (que j’ai retrouvé l’année d’ensuite avec les Maineiacs de Lewiston, ayant quitté le Rocket pour aller rejoindre mon vieux complice Clément Jodoin), Dany Massé (ma petit star) et Michael Dubuc (que j’avais tellement poussé lors de nos meetings avec le Rocket qu’il fut notre choix de 2e ronde).

Mais j’ai constaté au fil des jours que les véritables leaders de cette classe étaient deux gentilles et inséparables jeunes filles qui non seulement y obtenaient sans aucun doute les meilleurs résultats, mais pouvaient aussi faire ce qu’elles voulaient avec les boys. En bon Québécois, les gars mangeaient littéralement dans leurs mains.

Élizabeth Laplante, de TVA, est devenue une journaliste très respectée dans notre paysage médiatique.

Leurs noms ? Élizabeth Laplante et Émilie Duquette. Hé oui, la même Élizabeth que vous retrouvez sur vos écrans lorsque vous écoutez TVA Nouvelles ! Quelques-uns l’avaient même surnommé « Miss Elizabeth », elle dont la personnalité tout comme celle de l’épouse du lutteur Randy « Macho Man » Savage, maniait très bien la main de fer dans un gant de velours en plus de posséder un charisme et une intelligence remarquables. 

Quant à Émilie, elle semble elle aussi avoir bien fait son chemin, car on la retrouve également dans le monde des médias. Nouvelle recrue de RDS, vous pouvez la voir notamment aux côtés de l’animateur Michel Lacroix et du professionnel Jean-Sébastien Légaré au micro du magazine Au 19e, une émission consacrée exclusivement à la pratique du golf. 

Je me souviens d’ailleurs vu le « duo » à la sortie du cinéma des Galeries de Saint-Hyacinthe il y a quelques années. Dès qu’elles nous avaient aperçu Geneviève et moi, elles s’étaient écriées « C’est Danny ! » et elles avaient accouru en notre direction, heureux que nous étions tous de nous rappeler le bon vieux temps, ou comme l’a déjà dit Dominique Lestage, « la belle année que nous avons passée ensemble » …