Lionel Messi s'est hissé sur le dos de Marcos Rojo lorsque ce dernier a marqué en toute fin de rencontre le but qui propulse l'Argentine vers les huitièmes de finale.

L'Argentine sauve sa peau!

SAINT-PÉTERSBOURG — La Coupe du monde en Russie s’annonce comme le Mondial de l’angoisse pour les supporteurs argentin. Mardi, ils sont passés du bonheur à la déprime avant que Marcos Rojo ne délivre tout un pays à la 86e minute en propulsant l’Argentine en huitièmes de finale contre la France.

«Nous avons beaucoup souffert. L’enjeu était énorme. C’était tout un soulagement, pour chacun d’entre nous. Nous ne pensions jamais souffrir autant», a reconnu Lionel Messi après la victoire de 2-1 contre le Nigeria qui a permis à l’Argentine de terminer deuxième du groupe D et a marqué son premier but de la compétition à la 14e minute. Le dernier but de «la Pulga» en Coupe du monde remontait à l’édition 2014 au Brésil et c’était déjà face au Nigeria en phase de groupes.

«Lionel Messi a dit aux gars qu’il allait marquer un but.», a révélé Rojo. «Maintenant, la Coupe commence pour nous.»

Messi a marqué un but sublime pour procurer les devants aux siens dans un match sans lendemain. Victor Moses a toutefois riposté sur un penalty à la 51e minute et sans l’intervention de Rojo —  une volée dans le coin du filet — en fin de match, l’Argentine aurait été éliminée sans avoir remporté le moindre match pour la première fois depuis 1934.

«Nous étions confiants que nous allions gagner ce match. C’est merveilleux d’avoir gagné de cette façon. C’est une joie bien méritée», a indiqué Messi. «Je savais que Dieu était avec nous et qu’il n’allait pas nous laisser tomber.»

Messi s’attend à un «match difficile» contre les Bleus, en huitième de finale, samedi. «On a regardé tous les matchs de la France. La France a une très bonne équipe, ils ont des bonnes individualités. Ils ont des bons défenseurs, de bons milieux et de bons attaquants. Ils ont des joueurs très rapides qui peuvent faire la différence, des coéquipiers [à Barcelone] devant [Ousmane Dembélé] et derrière [Samuel Umtiti]. Ce sera difficile.»

Heureux pour Messi

Messi peut toujours rêver obtenir son premier titre mondial. Le joueur étoile aurait probablement annoncé sa retraite du soccer international pour la deuxième fois — et pour de bon, cette fois-ci — si Rojo n’avait pas fait vibrer les cordages. «J’étais vraiment heureux, car je suis passionné», a indiqué le sélectionneur Jorge Sampaoli au sujet de Messi. «Tous les jours, nous partageons des moments, il me connaît et il sait que nous avons ce rêve commun de venir en Russie faire quelque chose d’important.

«Le plus important, pour Leo, c’est son côté humain. Beaucoup de gens pensent qu’il ne s’amuse pas à jouer avec l’Argentine, je pense que ce n’est pas vrai. Je le vois souffrir et être heureux avec l’Argentine. 

Après le sifflet final, les coéquipiers de Messi ont quitté le banc de l’équipe et se sont rués sur lui, pour former un cercle autour de la vedette argentine de 31 ans. Messi a offert une longue accolade à son coéquipier Javier Mascherano. Puis, tandis que Gonzalo Higuain était en pleurs à proximité de l’attroupement, Messi s’est retourné, le poing vers le ciel, en direction des partisans argentins.

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MARADONA SAIT SE FAIRE REMARQUER

La légende Diego Maradona a fait sentir sa présence dans les tribunes, mardi.

La légende Diego Maradona a porté l’Argentine à sa manière mardi lors du match décisif face au Nigeria. Le premier but inscrit par Lionel Messi a précipité «El Diez», 57 ans, dans l’euphorie, et l’a brutalement sorti d’une sieste en mondovision. Les bras croisés sur la poitrine, debout sur son siège, il a même dû être retenu par des gardes du corps pour lui éviter de passer par-dessus la balustrade en verre. C’était sans doute trop d’émotion pour le «Pibe de Oro» qui a ensuite été victime d’un «pic de pression» selon le quotidien sportif argentin Olé. Soutenu par un homme, il a été emmené dans une loge VIP pour reprendre ses esprits au calme. En deuxième mi-temps, les caméras ont également saisi sa fébrilité, tête entre les mains, sur le but égalisateur nigérian. Rien à côté de sa célébration du but libérateur de Rojo (86e) : deux doigts d’honneurs brandis ostensiblement face à la caméra, accompagnés d’une insulte bien grasse, facilement déchiffrable sur ses lèvres («putos»).   AFP

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LE SOULAGEMENT DE TOUT UN PEUPLE

Ils auront souffert jusqu’au bout : les supporters argentins ont laissé exploser leur joie mardi à Buenos Aires après la qualification in extremis de leur équipe pour les huitièmes de finale. «Messi je t’adore, tu es un champion», s’est exclamé Carlos di Martino, 18 ans, chômeur et footballeur amateur, quand le capitaine de la sélection a ouvert le score. La joie est brutalement retombée quand le Nigeria a obtenu un penalty, sifflé et contesté par le public de fans argentins. «Noooooooo», a hurlé Renata Belgrano, 26 ans, venue avec des amies et un thermos de maté. L’égalisation a été suivie d’un long silence. La libération est finalement arrivée quelques minutes avant la fin, grâce à un but de Marcos Rojo. «Maintenant, on va aller mieux dans ce Mondial», voulait croire Emanuel Rodriguez, chef cuisinier de 26 ans, répétant avec fierté : «Messi est le meilleur joueur de la planète».  AFP