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Jacques Sylvestre devant le filet du Junior de Montréal. Sylvestre a obtenu 120 points lors de la première saison des Bisons et a trouvé place sur la deuxième équipe d’étoiles de la LHJMQ.
Jacques Sylvestre devant le filet du Junior de Montréal. Sylvestre a obtenu 120 points lors de la première saison des Bisons et a trouvé place sur la deuxième équipe d’étoiles de la LHJMQ.

L'an 1: une décision douteuse… et des défaites en masse

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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La Ligue de hockey junior majeur du Québec a eu pignon sur rue à Granby de 1981 à 1997. Certes, il y a eu des hauts, comme la conquête de la Coupe Memorial par les Prédateurs en 1996, mais il y a aussi eu plusieurs bas. Au cours des prochaines semaines, La Voix de l’Est vous fera revivre quelques-uns des moments marquants de l’histoire des Bisons et des Prédateurs, qui débutait il y a 40 ans.

Granby a officiellement fait son entrée dans la LHJMQ le 29 mai 1981, la veille du repêchage annuel du circuit alors présidé par Marcel Robert, au terme d’intenses négociations. Après avoir échoué dans sa tentative d’obtenir une nouvelle franchise, le groupe mené par John Murray, Roch Bruneau et Bernard Dubé réussit à mettre la main sur les Éperviers de Sorel, qui venaient d’être mis sous tutelle.

Les Éperviers auront coûté 160 000 $. Une aubaine, dites-vous ? Pas vraiment. Car à ce prix, le groupe granbyen doit laisser partir huit joueurs (chacune des autres équipes du circuit choisira un patineur), évidemment parmi les meilleurs. Voyez-vous, les propriétaires ne voulaient pas débourser les 200 000 $ qu’ils auraient dû débourser pour obtenir la concession.

Une décision qui sera regrettée par les amateurs de hockey de Granby puisqu’on se rend rapidement compte que les Bisons (appelés ainsi en l’honneur du premier animal débarqué au Zoo), au lieu d’aspirer aux plus grands honneurs, forment l’équivalent d’une équipe d’expansion.

Pierre Phaneuf a été le premier directeur général et Gaston Drapeau, le premier entraîneur en chef. Les deux hommes sont pleins de bonne volonté, mais ils font avec le talent qu’ils ont sous la main.

« Je me souviens que j’étais content de m’en venir à Granby, une ville qui allait beaucoup mieux économiquement parlant que Sorel, explique Marc Brisebois, qui avait 18 ans à l’époque. Bien sûr, ce n’était pas agréable de voir qu’on avait perdu plusieurs de nos bons joueurs, mais je me disais que ça allait me permettre d’obtenir plus de temps de glace. C’était une nouvelle aventure, les gens de Granby étaient très enthousiastes et j’avais l’esprit ouvert. »

Le 25 septembre 1981, à Chicoutimi, les Bisons s’inclinent 3-2 devant les Saguenéens dans le cadre du tout premier match de leur histoire. Des défaites, il y en aura 48 autres en saison régulière, contre 14 petites victoires et un verdict nul.

« Je me rappelle qu’on avait de bonnes foules en début de saison au Palais des sports (on l’appelait ainsi à l’époque), mais que les défaites qui s’accumulaient ont fini par faire mal, reprend Marc Brisebois. Tout de même, La Voix de l’Est parlait de nous à tous les jours et la radio (CHEF à l’époque) aussi. Les Bisons prenaient beaucoup de place en ville. »

Jacques Sylvestre, le meneur

Brisebois avait été repêché en neuvième ronde par les Nordiques quelques mois plus tôt. Il s’imposera comme le deuxième meilleur marqueur des Bisons en vertu d’une récolte de 52 points, dont 22 buts, en 55 matchs. Sa récolte le place toutefois à… 68 points du meneur Jacques Sylvestre.

« Jacques, il était quelque chose à voir jouer. Il n’avait pas un grand lancer, mais il avait tout un coup de patin, il avait de belles feintes et il protégeait la rondelle comme pas un. Pour driver le filet, comme on dit, il n’avait pas son pareil. Je me souviens qu’on le surnommait La couleuvre ! »

Sylvestre, ensuite devenu un avocat hautement respecté à Saint-Hyacinthe, a trouvé place au sein de la deuxième équipe d’étoiles de la LHJMQ. À travers les malheurs des Bisons, il a obtenu un point dans 31 matchs consécutifs.

Devant le filet, Mario Bélanger, le gardien no 1, en a vu de toutes les couleurs en 1981-82. Il a signé 10 des 14 victoires des Bisons et il a conservé une moyenne de buts alloués de… 6,57.

« Surtout, ne vous fiez pas à sa moyenne, parce qu’il a été extraordinaire plusieurs fois, dit encore Brisebois. Mais on n’avait pas un gros club… »

Gaston Drapeau a été le premier entraîneur des Bisons. Son équipe ne gagnait pas souvent, mais il n’était pas question qu’elle se laisse marcher sur les pieds.

Robustes

Les Bisons n’avaient pas un gros club, mais ils ne se laissaient pas marcher sur les pieds pour autant.

« Je pense que Gaston et les dirigeants se disaient : “On va en perdre plus qu’on va en gagner, mais on ne se laissera pas manger la laine sur le dos ! ” On était robustes et on brassait. Non, ce n’était pas facile de jouer à Granby pour l’adversaire. »

Évidemment, c’était une autre époque. N’empêche que cinq joueurs des Bisons ont amassé plus de 150 minutes de pénalités, dont Claude Gauthier (240) et René Labbé (200).

Malgré leur fiche, une série de 13 défaites et une séquence de 24 revers en 25 matchs, les Bisons vont participer aux éliminatoires puisque les Remparts de Québec sont encore pires qu’eux. Mais ils sont éliminés dès le premier tour des séries, un interminable tournoi à la ronde de 14 rencontres au cours duquel ils ne remporteront qu’une seule victoire.

« Ça a été une saison difficile, mais les gars se tenaient et on y croyait quand même à tous les soirs, affirme Marc Brisebois. Je garde de bons souvenirs de cette année passée avec les Bisons. »

Brisebois sera échangé aux Cataractes de Shawinigan à l’issue du camp d’entraînement suivant. Il ne jouera pas chez les professionnels, mais on le reverra souvent à Granby, lui qui a travaillé pendant plusieurs années pour les Inouk, dans la Ligue junior AAA.

La semaine prochaine : les années Patrick Roy