Michel Tassé
Les Inouk en arrachent. Sur la patinoire, certes, mais aussi au «deuxième étage», dans les gradins, partout…
Les Inouk en arrachent. Sur la patinoire, certes, mais aussi au «deuxième étage», dans les gradins, partout…

La saison de toutes les catastrophes

CHRONIQUE / Les Inouk sont secoués par une nouvelle crise. Mais dans le fond, la démission de Charles Rondeau et de six autres membres du département hockey n’est qu’une autre mauvaise nouvelle à l’intérieur d’une mauvaise saison.

En fait, la saison 2019-2020 des Inouk est celle de toutes les catastrophes. C’est triste, mais c’est ça. Et je ne connais personne à Granby qui s’en réjouit.

Mais honnêtement, la fiche des Inouk (15-19-3) ne m’empêche pas de dormir. Car voyez-vous, la dernière fois que l’équipe a joué pour une moyenne inférieure à ,500, c’est en… 2010-2011. Au hockey junior, disputer huit saisons d’affilée avec une moyenne supérieure à ,500 relève carrément de l’exploit et il faut lever notre chapeau à l’organisation.

Mais il y a la façon de perdre. Les Inouk ont brûlé deux entraîneurs de qualité jusqu’ici parce qu’un groupe de joueurs ne collaborent pas. Patrick Bergeron et Charles Rondeau ne travaillaient pas de la même façon, mais les deux, parfois pour publication et parfois pour non-publication, ont parlé plus d‘une fois de ces patineurs qui tirent constamment l’équipe vers le bas, qui ne veulent rien savoir.

Et comme résultat, ça donne une équipe qui a offert de nombreuses performances horribles devant ses partisans depuis le début de la saison. Rarement, sinon jamais, a-t-on vu les Inouk être malmenés aussi souvent à domicile et offrir un spectacle aussi désolant.

Qui sont les coupables ? Vos choix sont aussi bons que les miens. Mais une chose est certaine, le vestiaire des Inouk ne respire pas la santé. Clairement, à voir ce qui se passe sur la glace, on ne parle pas d’un groupe uni. Et les leaders ne sont pas légion.

Dimanche, le capitaine Tristan Belliveau a déçu en refusant de parler à mon collègue Jonathan Gagnon, qui voulait simplement avoir un son de cloche de la part des joueurs au sujet du départ de Charles Rondeau. À l’opposé, Jacob Graveline a agi en professionnel en acceptant de commenter la situation.

Plus tôt cette saison, certains joueurs des Inouk s’en étaient pris à l’auteur de ces lignes sur les réseaux sociaux après avoir lu un texte qu’ils n’avaient pas aimé. Les gens ont entièrement le droit de ne pas être d’accord avec ce que j’écris, mais jamais auparavant je ne m’étais fait traiter de « gros BS ». Et encore moins par un jeune de 19 ans…

Une patience qui a ses limites

On a beau dire, les performances de l’équipe, principalement à domicile, n’aident en rien aux assistances. Je connais personnellement trois partisans qui se sont juré de ne pas redonner 12 $ aux Inouk à la suite de la défaite de 8-4 subie face aux Shamrocks du West Island, la pire équipe de la Ligue junior AAA, vendredi dernier. À un moment donné, la patience des amateurs à ses limites…

Et on s’entend que les Inouk n’ont pas les moyens de perdre un seul partisan, qui n’ont jamais été aussi peu nombreux à leurs matchs.

Car il y a les défaites, mais il y a aussi les foules. Et ça, c’est beaucoup plus inquiétant. Des matchs à moins de 200 spectateurs, il y en a eu un et puis un autre cette saison.

Granby n’est plus la grande ville de hockey junior AAA qu’elle a déjà été. Et la glissade au chapitre des foules, je le répète, n’a pas commencé cette saison, elle n’a pas commencé avec l’arrivée des Bisons. Ceci dit, la situation n’est pas irréversible et il n’est pas dit que les gens ne reprendront pas goût aux Inouk un de ces quatre. Mais il faut que l’organisation prenne les bonnes décisions, tant au niveau hockey que dans ses relations avec les partisans.

À bien des égards, les Inouk paient pour un printemps et un été où il ne s’est rien passé, sinon la création du fameux OSBL. Des joueurs leur ont échappé parce qu’il n’y a pas eu de suivi auprès d’eux, Patrick Bergeron a été nommé entraîneur en chef à quelques semaines seulement du début du camp d’entraînement et aucun effort n’a été fait en matière de marketing avant, ni plus ni moins, le début de la saison.

Président de l’OSBL, Richard Morasse travaille fort afin que les Inouk renouent les liens avec leurs partisans ainsi qu’avec le milieu communautaire et celui des affaires. Mais la cote sera longue à remonter. Et Morasse semble seul, ou à peu près, pour tout faire.

Et on a bien vu, en fin de semaine, que le grand patron des Inouk demeure Marco Bernard. C’est à lui que Charles Rondeau a remis sa démission et c’est lui qui gère la suite des choses. Rien contre, mais il faudrait vraiment qu’on clarifie l’organigramme de l’équipe. Parce que c’est n’importe quoi à l’heure où on se parle.

Mais Bernard est assurément la personne la mieux placée, au sein des Inouk, pour remettre un peu d’ordre dans le département hockey. En même temps, il n’a jamais été autant contesté à l’intérieur même de l’organisation. S’il n’a pas soigné adéquatement ses relations avec ses partenaires, la Ville et le milieu des affaires au cours des dernières années, il a toujours su, du moins beaucoup plus souvent qu’autrement, embaucher les bons hommes de hockey.

Oui, la présente saison est celle de toutes les catastrophes chez les Inouk. Comme dirait l’autre, y’a rien qui marche. En espérant seulement que le fond du baril ait été atteint. Faudra voir.