«J’ai mal au dos, mais la douleur est encore supportable. Mais avant, justement, qu’elle devienne intolérable et que je ne sois plus capable de jouer avec mes enfants, je préfère abandonner…»

La retraite pour Frank Dancevic

Trois fois champion en simple et une fois en double du Challenger Banque Nationale de tennis, Frank Dancevic est à nouveau à Granby cette semaine. Mais voilà, il y est comme entraîneur. Car voyez-vous, il ne jouera plus.

Le dernier match en simple de Dancevic remonte au tournoi de la Coupe Rogers, l’été dernier. Et son dernier en double remonte au printemps, en Floride. Mais il vient tout juste de décider d’accrocher véritablement sa raquette.

« J’ai 34 ans et après 18 ans de tennis professionnel, mon corps est fatigué, a expliqué l’athlète de Niagara Falls, qui a déménagé ses pénates à La Prairie il y a quelques années. J’ai mal au dos, mais la douleur est encore supportable. Mais avant justement qu’elle ne devienne intolérable et que je ne sois plus capable de jouer avec mes enfants, je préfère abandonner… »

Les blessures ont fait partie intégrante du parcours de Dancevic. Tout de même, il s’est hissé au 65e rang mondial en 2007, ce qui demeure un très bel exploit. À l’époque, rappelons-le, les joueurs canadiens, 100 fois moins bien encadrés qu’ils le sont aujourd’hui, n’étaient pas rendus à rêver à autre chose qu’au top 100.

« J’aurais aimé en faire plus, j’aurais aimé me rendre plus loin, mais j’ai vécu de bons moments. J’ai représenté mon pays je ne sais plus combien de fois en Coupe Davis, j’ai vaincu des joueurs du top 10 mondial [notamment Andy Roddick-, alors no5, en 2007], j’ai fait le tour du monde. Le tennis a été et est encore bon pour moi. »

Mais Granby compte parmi ses plus beaux souvenirs.

« J’avais 15 ans quand je suis venu ici pour la première fois. Vous m’avez vu grandir et j’ai vu le tournoi évoluer. C’est ici, en 2003, que j’ai gagné mon premier Challenger. J’ai joué du très bon tennis sur ces courts. Et les gens m’ont toujours supporté de façon incroyable. J’imagine que j’ai été bon pour Granby, mais Granby a été très bon pour moi aussi. »

Il a triomphé à Granby en 2003, mais aussi en 2006 et en 2013. Seul le Japonais Takao Suzuki a gagné aussi souvent en simple. Au total, il aura fait le Challenger 14 fois et il a été brillant plus souvent qu’autrement. Il aura également été un des joueurs les plus populaires de l’histoire du tournoi.

Rester dans le tennis

Frank Dancevic va rester dans le tennis. Déjà capitaine de l’équipe canadienne de Coupe Davis, il est maintenant entraîneur à temps plein pour Tennis Canada. Cette semaine, il travaille avec Vasek Pospisil.

« Le tennis, c’est ma vie, lance-t-il. Je suis là-dedans depuis tellement longtemps. Et le fait que j’aime autant enseigner, que j’aime autant être entraîneur, m’a aidé à prendre la décision de passer à autre chose. Être entraîneur, ce n’est pas un prix de consolation. J’aime vraiment ça. »

Chose certaine, il fait travailler fort ses athlètes. Parlez-en à Vasek Pospisil, qu’il fait suer à grosses gouttes à chaque séance d’entraînement depuis qu’il est débarqué en ville.

« Vasek n’est pas à 100 %, mais il va tout faire pour jouer du bon tennis cette semaine. Il est heureux de revenir à Granby et il aimerait en donner aux gens. On verra bien… »

Au fil des ans, Frank Dancevic, à son meilleur ou pas physiquement parlant, a toujours essayé d’en donner au public granbyen. En fait, il s’en est toujours fait un point d’honneur. Normal, dans le fond, qu’il exige la même chose de ses athlètes...