Sylvain St-Laurent
L'aventure d'Alain Sear avec les Olympiques aura duré 15 ans.
L'aventure d'Alain Sear avec les Olympiques aura duré 15 ans.

La reconstruction peut commencer

CHRONIQUE / On va s’entendre sur un truc, avant d’aller plus loin. Durant ses 15 années au sein de l’organisation des Olympiques, Alain Sear n’a pas fait que du mauvais.

C’est bien ça, le drame, dans toute cette histoire.

Au départ, M. Sear était un passionné de hockey junior, qui était prêt à s’imposer d’importants sacrifices pour gravir les échelons. Un homme qui, parti de rien, a fini par atteindre le sommet de la pyramide, au sein du club de sa région d’adoption.

Les échecs des Olympiques, au cours de la dernière décennie, sont ses échecs.

Les réussites de l’organisation, au cours de cette période, lui appartiennent tout autant.

Le problème, c’est que durant son ascension, M. Sear s’est mis un peu trop de monde à dos.

Gatineau, je répète, est une « petite » grande ville. Dans un marché de cette taille, on ne peut pas se mettre trop de gens à dos.

Nous allons accepter la version des faits offerte par le président Martin Lacasse, mercredi, selon laquelle M. Sear a choisi lui-même de quitter.

« Pour lui, c’était une décision difficile. Une décision qui était inévitable, probablement. Mais, en même temps, il est très serein avec cette décision-là », a-t-il dit.

Nous allons le croire sur parole. Nous n’avons pas de raison de douter de cette affirmation.

C’était la décision qui s’imposait.

Alain Sear parti, la reconstruction des Olympiques peut réellement commencer.

Je n’aime pas trop le mot « reconstruction ». C’est un terme qui est galvaudé dans le monde du sport. Trop souvent, des dirigeants d’équipe l’utilisent pour gagner du temps.

Peut-on vraiment parler de « reconstruction », dans le hockey junior majeur canadien ? À la base, les entraîneurs et les dirigeants passent leur temps à veiller au développement des habiletés physiques de jeunes hommes qui sont âgés entre 16 et 20 ans. Chaque équipe fonctionne dans un cycle d’une durée de cinq ans.

Dans cet univers, tout le monde reconstruit, sans arrêt. Il n’y a pas d’exception.

À Gatineau, c’est différent. Dans la prochaine décennie, il y aura vraiment quelque chose à rebâtir.

Le lien qui unissait les partisans à l’organisation s’est abîmé. Quelques photos des gradins pratiquement vides, durant le match de mercredi dernier contre l’Armada de Blainville-Boisbriand, ont eu l’effet d’une allumette qu’on aurait jetée dans un bidon d’essence.

Une semaine plus tard, on est rendus là.

J’ai demandé à Martin Lacasse si, à son avis, les partisans croient toujours au logo.

« Est-ce que notre bannière a été amochée ? Est-ce qu’elle a été bashée ? Est-ce qu’elle a été démolie par les réseaux sociaux ou par des articles qui n’amènent pas toute la vérité ? Peut-être, m’a-t-il répondu. Mais ça m’importe peu. Ça importe peu aux actionnaires. Aujourd’hui, on se relève les manches, ensemble, unis. On va arriver à redorer et ranimer cette flamme-là. »

« Je ne sais pas si les partisans y croient encore. Mais je peux vous dire une chose. Les actionnaires y croient. Ça va passer par nous. »

On pourra débattre, plus tard, du rôle que les réseaux sociaux et que les médias ont joué dans cette histoire.

Cette réponse me laisse au moins croire que les neuf actionnaires qui restent ont de bonnes priorités. Le temps est venu de penser aux derniers partys qu’on veut organiser à Guertin. Le temps est venu de préparer le déménagement qui pourrait donner des ailes à la franchise pour les 25 à 30 prochaines années.

Il y a beaucoup de travail à faire. Le contexte s’y prête, enfin.

Les fans auront leur bout de chemin à faire. Le prochain match au Vieux-Bob sera présenté le 28 décembre. Je dis ça de même...