Steve Searles et son fils Jérémy, des Cobras bantam A de Granby. « Je connais des jeunes qui aiment le hockey autant que lui et qui doivent aujourd’hui se contenter de regarder les matchs depuis les gradins parce que leurs parents ne sont plus capables de suivre, financièrement parlant », déplore le père.

La passion a un prix

Ancien joueur des Bisons, ceux de la LHJMQ, puis du Blitz, à l’époque de la Ligue semi-pro, le Granbyen Steve Searles a transmis la passion du hockey à ses enfants. Mais il s’est depuis longtemps rendu compte de quelque chose : la passion a un prix.

Searles a actuellement deux garçons qui jouent au hockey. Alors qu’un défend les couleurs des Titans du Verbe Divin, au hockey scolaire, l’autre évolue pour les Cobras, au sein du hockey mineur de Granby. Si l’inscription avec les Titans est évidemment beaucoup plus dispendieuse, celle au hockey mineur devrait être plus raisonnable, selon lui.

« Jérémy joue pour les Cobras, au niveau bantam A, et il adore le hockey, explique Searles, qui a déjà aussi été entraîneur adjoint chez les Inouk. Mais je connais des jeunes qui aiment le hockey autant que lui et qui doivent aujourd’hui se contenter de regarder les matchs depuis les gradins parce que leurs parents ne sont plus capables de suivre, financièrement parlant. C’est triste, mais c’est la réalité. »

Searles est menuisier-charpentier dans la vie de tous les jours. Pour permettre à ses garçons de pratiquer leur sport préféré, il doit faire des choix parfois difficiles, d’autant plus qu’il a deux autres enfants.

« Le hockey, c’est ma vie, c’est important pour moi et je crois aux valeurs que ce sport transmet aux enfants. Mais je peux comprendre un parent, qui voit ça comme un simple loisir, d’inscrire son enfant à une activité beaucoup moins dispendieuse et qui le fera bouger autant. »

Searles est aussi frustré parce que son fils, celui qui joue pour les Cobras bantam A, pratique plus souvent qu’autrement sur une demi-glace et que les heures d’entraînement sont limitées.

« Bien souvent, on arrive à l’aréna et il n’y a qu’une seule glace d’occupée. Est-ce qu’on en a toujours pour notre argent? Je ne sais pas… »

Les bons choix?

Non, l’ancien hockeyeur n’en veut pas aux dirigeants du hockey mineur.

« On paie des taxes et ça nous coûte cher, dit-il. Et je me demande pourquoi est-ce que le hockey mineur doit payer pour ses heures de glace. On dit que les jeunes ne bougent pas assez, qu’ils sont toujours sur les appareils électroniques. Mais le coût, on va se le dire franchement, en empêche plusieurs de jouer au hockey. Je me demande si notre ville fait les bons choix. »

La question mérite au moins d’être posée.