En partant, le centre Léonard-Grondin n’a pas ce qu’il faut pour accueillir une équipe de la LHJMQ.

La LHJMQ à Granby : qui rêve en couleurs ?

CHRONIQUE / Alexandre Pratt, de La Presse +, a pondu une chronique qui a fait jaser mercredi. Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, veut une équipe en Montérégie, écrit Pratt. Et bien sûr, ça excite du monde à Granby.

Montérégie, Cantons-de-l’Est, Estrie : on le sait, Granby a le dos large et est associée aux trois régions dépendamment de si on parle d’administration, de tourisme ou de santé. Alors, Courteau aurait dit qu’il veut une deuxième équipe dans les Cantons-de-l’Est ou en Estrie pour accompagner Sherbrooke que les réactions auraient été les mêmes.

Mais bon, parlons des vraies affaires.

La LHJMQ à Granby ? Très honnêtement, j’ai peine à croire que des gens puissent encore rêver à ça.

Dans la chronique de Pratt, Courteau pose trois conditions : un accès facile à l’aréna, un accès à des écoles francophones et anglophones ainsi qu’un aréna de… 5000 places.

Le centre sportif Léonard-Grondin est plutôt facile d’accès et les anglos de l’équipe pourraient toujours étudier à Massey-Vanier et au Collège Champlain de Lennoxville ou de Saint-Lambert. Ce ne serait pas à la porte dans le cas de Lennoxville et de Saint-Lambert, mais bon…

Mais il y a l’aréna et ses 5000 places. La patinoire principale du centre sportif Léonard-Grondin peut asseoir 2000 personnes et les Inouk, lors du septième match de la finale de la Ligue junior AAA en 2014, ont réussi à entasser 2700 amateurs dans l’édifice avec des gens assis et debout partout, partout, partout. Bref, on est loin de 5000.

Les grandes rénovations du centre sportif Léonard-Grondin remontent à moins de 10 ans et ont coûté plus de 15 millions $. Non, ni la Ville ni les gouvernements ne vont s’embarquer dans un nouveau projet d’agrandissement de l’aréna avant… longtemps.

Pas d’aréna conforme aux exigences de la LHJMQ, pas d’équipe. Ça commence là et ça finit là. La LHJMQ est devenue une grosse affaire, une mini-Ligue nationale, et on ne négocie pas avec elle : on se plie aux exigences ou on passe un tour. That’s it, that’s all.

Assez d’amateurs ?

Le centre sportif Léonard-Grondin n’a pas ce qu’il faut pour accueillir une équipe de la LHJMQ et ça, c’est un fait. Mais comme disait mon défunt père, on parle pour parler là. Selon vous, y a-t-il tout simplement assez d’amateurs de hockey à Granby et dans la région pour soutenir une équipe qui a besoin d’AU MOINS 2000 spectateurs par match pour être rentable ?

Pas sûr, pas sûr pantoute. Si Granby a perdu son équipe de la LHJMQ à peine un an après avoir remporté la Coupe Memorial, ce n’est pas parce que l’aréna était plein, on s’entend. Des foules de 1000 personnes et moins quelques mois à peine après le grand triomphe, on en a vu.

Granby, je pense l’avoir déjà écrit, est une tradition de hockey. Parce qu’on a un bel aréna, parce qu’on est près de Montréal et parce qu’il y a un quotidien pour couvrir nos équipes, il y aura toujours du hockey de haut niveau chez nous. Mais Granby, je pense l’avoir déjà écrit aussi, n’est pas une grande ville de hockey pour autant. Pas pour rien que les 16 années que la LHJMQ a passé chez nous ont été caractérisées par un long défilé de propriétaires...

Pour l’heure, on a les Bisons, dont les débuts sont prometteurs, et les Inouk, qui ont déjà été plus populaires. Avoir deux clubs de deuxième niveau en santé en ville, ce serait déjà très, très bien.

La Ligue nord-américaine apparaît le seul circuit où Granby peut « graduer ». Mais dans ce cas-ci, c’est la fragilité de la ligue qui a de quoi inquiéter.

Mais la LHJMQ… Arrêtons de rêver en couleurs s’il vous plaît.