Raphaël Letendre-Trottier a réussi un squat de 475 lb, battant haut la main à la fois son record personnel et le record de l’école Paul-Germain-Ostiguy chez les garçons.

La force en folie: des records pulvérisés à PGO

475 livres. C’est ce qu’a soulevé Raphaël Letendre-Trottier à l’épreuve des squats avec une barre d’haltérophilie sur les épaules. L’élève de cinquième secondaire était très attendu à la deuxième journée de La force en folie, un concours de dynamophilie organisée par l’enseignant Stéphane Monfette à l’école Paul-Germain-Ostiguy, à Saint-Césaire. Les élèves rassemblés pour l’occasion ont accueilli sa performance par un tonnerre de cris.

Il a tenté une quatrième tentative avec 500 lb sur les épaules, mais c’était trop. Il faut dire que son record personnel était de 425 lb. Fort comme un bœuf, sa première tentative était facile — pour lui — à 430 lb. Avec ce squat, il avait déjà battu le record de l’école.

Puis, il a fait ajouter des plaques de fonte pour que la barre atteigne 450 lb, avant de monter sa charge à 475 lb. « Il n’y a pas grand monde qui fait ça dans le milieu du bodybuilding », a commenté au micro Monfette avant que la vedette prenne place et réussisse ce troisième squat. En plus de soulever cette charge impressionnante, il a ravi la foule et complètement pulvérisé le record détenu depuis 2008 par Maxime Bouchard-Dion grâce à une marque de 227 %. Ce pourcentage est calculé selon la charge levée et le poids du compétiteur. Raphaël, lui, a atteint 241 %.

« Je me sens bien. Je n’ai jamais réussi un tel lever au squat, je n’aurais jamais pensé faire ça, confie le principal intéressé en entrevue. Mon objectif premier était de refaire le 425 (lb), mais je n’ai pas lâché et j’ai réussi. Au début, ça donne confiance, après on peut monter plus facilement. »

L’instant présent est important dans un tel événement de force, renchérit Stéphane Monfette. « Il n’y a pas un essai qui va être pareil. Il y a des journées où 400 lb vont paraître plus faciles qu’une autre journée. »

Il y a aussi l’énergie dégagée par la foule, composée dans ce cas-ci de plus d’une centaine d’élèves, et par les coéquipiers qui retiennent leur souffle en espérant que leur ami réussisse son pari.

« On s’entraîne tous ensemble, c’est un groupe uni, indique Raphaël, âgé de 16 ans. On a tous la même passion. »

Il se dirige vers des études en Techniques policières au Cégep de Sherbrooke. Il a du muscle, mais aussi du souffle. Dans les tests cardiovasculaires, il est l’un des meilleurs, souligne son enseignant.

Avec un squat de 230 lb et une marque de 176%, Élyse Riendeau a dépassé le record de l’école chez les filles.

Nouvelle marque chez les filles
Raphaël a été le dernier à monter sur scène pour faire ses essais. Ils étaient 17 à participer, dont trois filles. L’une d’elles, Élyse Riendeau, a aussi battu le record de l’école chez les filles avec une marque de 176 %. L’ancien record était détenu depuis 2005 par Nikita Chicoine.

Élyse, 17 ans, est aussi la copine de Raphaël. Ils ont tous les deux la même intensité dans leur programme d’entraînement, tant au gym que dans leur alimentation, commente Monfette. « Ils sont très focus pour des jeunes de 16 et 17 ans. »

Le couple sera toutefois séparé durant leurs études postsecondaires. Élyse étudiera en sciences de la nature au Cégep de Saint-Hyacinthe dans le but de devenir vétérinaire.

« Elle a commencé avec moi en option sports et, depuis deux ans, elle participe à l’activité musculation sur l’heure du dîner. L’an passé, elle a fait aussi la compétition La force en folie et cette année, elle performe. Elle a fini en première position au développé couché (bench press). Au soulevé de terre (deadlift), Sara-Maude St-Laurent est la favorite. Il y a une belle compétition chez les filles. »

Le record au développé couché n’a pas été battu, tant chez les filles que chez les garçons et il sera difficile à vaincre vendredi, à l’épreuve du soulevé de terre. « Tout est possible, assure Monfette. Avec l’effet de foule, il y a des élèves qui se surpassent. »

Championnat provincial
Raphaël et Élyse sont assurés de pouvoir participer au championnat provincial de force à Belœil, une compétition organisée par les policiers pour les écoles. Deux places chez les gars et deux autres chez les filles sont disponibles. « Je me sers de ma compétition de dynamophilie pour sélectionner les élèves », explique l’enseignant.

L’an dernier, les filles ont été admises au championnat provincial pour la première fois. Par contre, les épreuves n’étaient pas adaptées pour elles, reproche Stéphane Monfette, qui avait alors passé le commentaire aux organisateurs.

Pierre d’atlas, transport du keg, un énorme pneu à renverser, un essieu de 400 lb à soulever ; rien n’avait été modifié pour les filles.

« Si les épreuves ne sont pas adaptées cette année, je vais laisser les filles ici. Ça ne servirait absolument à rien de les amener. »

UNE DISCIPLINE DE VIE

Depuis cinq ans, les élèves de l’école secondaire P.-G.-Ostiguy peuvent profiter d’un cours optionnel sur les méthodes d’entraînement mis sur pied par Stéphane Monfette.

« Ce sont toutes les manières de s’entraîner au niveau cardiovasculaire, musculaire, crossfit. Depuis ce temps-là, ça a vraiment motivé les jeunes à l’entraînement. Ça fait 32 ans que je suis ici et plus ça va, plus on se rend compte que le corps est devenu de plus en plus important pour les jeunes, autant les gars que les filles. Depuis des années, ça ne fait qu’augmenter en popularité. On sent qu’on répond à un besoin, tant chez les gars que chez les filles qui veulent avoir plus confiance en eux. »

Il remarque plusieurs bienfaits chez les jeunes, en plus de la confiance en soi. « Je ne vise pas le volume musculaire et la force, je veux leur faire comprendre que l’entraînement musculaire, c’est une activité qui nécessite de la discipline et de l’assiduité. C’est ça que je veux faire avec eux et je pense qu’on réussit bien. »

Les élèves qui s’entraînent avec lui doivent d’emblée lui dire combien de fois par semaine ils veulent participer. Ils doivent par la suite respecter cet engagement et, en cas contraire, justifier par écrit leur absence.

« Je l’ai toujours dit, le plus bel héritage que je peux transmettre à mes élèves c’est la discipline, le travail, l’acharnement. [Ce sont des qualités utiles] dans toutes les facettes de la vie. Si je peux leur transmettre cette discipline de vie, ça me rend fier. C’est ce qui me ground ici à l’école. C’est une école de vie. »