Karl Daigle revient de loin. Et il prend des risques en rembarquant sur sa bécane.

La folle passion de Karl Daigle

Le retour de Karl Daigle en moto sur glace constituera un des faits saillants du 37e Grand Prix Ski-Doo de Valcourt, qui aura lieu du 8 au 10 février.

Même s’il n’a passé qu’un seul tour, le pilote de Roxton Pond revient de loin. Il revient de loin… et il prend des risques en rembarquant sur sa bécane.

En mai 2017, Daigle a été victime d’un accident de motocross. Un accident qui a fait en sorte qu’il a dû subir pas moins de trois opérations à un pied depuis… et qu’il en subira probablement une quatrième avant longtemps.

« Mais au moins, on ne parle plus d’amputation, du moins pour le moment, a lancé Daigle en conversation avec l’auteur de ces lignes à l’issue de la conférence de presse du Grand Prix, tenue mercredi matin au Musée J.-A.-Bombardier. Lorsque j’ai été opéré la première fois, c’est clairement vers ça qu’on s’en allait, mais on a réussi miraculeusement à l’éviter. »

Daigle, 29 ans, a toujours été quelqu’un d’actif. Il fait de la moto sur glace et du motocross de haut niveau depuis longtemps, il court et il pratique d’autres sports. En fait, on devrait plutôt dire qu’il courait et qu’il pratiquait d’autres sports.

« Cet accident a profondément changé ma vie, a-t-il repris. Aujourd’hui, je boite, je ne fais plus vraiment de sport, je ne peux plus travailler sur la construction comme je le faisais avant, etc. Tout est différent. »

Mais Daigle a conservé cette folle et dévorante passion pour la course. Il sera à Valcourt, mais il participera auparavant à des épreuves à Mont-Laurier et à Lavaltrie en fin de semaine.

« J’ai hâte de voir comment ça va aller. Est-ce que j’ai la permission de mes médecins ? Non ! Est-ce que c’est une bonne idée ? Probablement pas. Si je retourne sur ma moto, c’est parce que j’en ai besoin, parce que j’en ai vraiment besoin. C’est trop fort en moi, il faut que j’y retourne. »

La directrice générale du Grand Prix de Valcourt, Véronique Lizotte, vise haut.

Les athlètes qui font dans les sports motorisés, on le répète, sont les plus passionnés d’entre tous.

« J’ai eu beaucoup de succès à Valcourt au fil des ans. La première fois que j’ai participé au Grand Prix, j’avais 13 ans. Au total, j’ai dû gagner une bonne dizaine d’épreuves. Valcourt, c’est l’fun, c’est gros, c’est la place que tu ne veux pas manquer. »

Et il y sera. À ses risques et périls, diront certains. Mais la passion n’a pas de prix, diront d’autres.

Vers un nouveau record ?

Avec le froid et toute cette neige qui nous est tombée dessus, les organisateurs du Grand Prix de Valcourt avaient le sourire plutôt facile en conférence de presse. Paraît-il qu’ils sont même deux semaines d’avance dans la préparation du site.

« Notre matière première, nous, c’est la neige, et quand il y a de la neige en masse, tout va bien, a mentionné la directrice générale Véronique Lizotte. En fait, les conditions s’annoncent tellement bonnes qu’on peut encore rêver d’un nouveau record d’assistance. »

L’an dernier, 33 000 spectateurs avaient assisté au Grand Prix, ce qui constituait déjà une nouvelle marque.

« On demeure le plus gros événement de courses hivernales au monde, a poursuivi Mme Lizotte. Et on vise toujours plus haut, c’est vrai. »

Mme Lizotte et les gens de son équipe étaient par ailleurs fiers d’annoncer que le Grand Prix est maintenant inscrit au calendrier du championnat américain USSA ProStar Cup, ce qui assure la présence d’un grand nombre de vedettes de la classe ProChamp, la plus populaire à Valcourt.

Gunnar Sterne, qui a triomphé à Valcourt l’an dernier, a confirmé sa présence, au même titre que les Québécois Steven Marquis et Sabrina Blanchet.

Et avant que vous ne posiez la question : non, mononcle Jacques n’a pas annoncé de retour…