Malgré un temps de glace limité, Félix Lauzon s’était bien débrouillé dans la ECHL la saison dernière.
Malgré un temps de glace limité, Félix Lauzon s’était bien débrouillé dans la ECHL la saison dernière.

La ECHL à Trois-Rivières suscite de l’espoir pour de nombreux joueurs

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
La venue d’une équipe de la ECHL à Trois-Rivières en 2021-2022 suscite de l’espoir chez de nombreux hockeyeurs du Québec, qu’ils évoluent dans la LHJMQ, chez les professionnels ou même au niveau senior. Et la direction du club, avec à sa tête le président Mark Weightman et le directeur général Marc-André Bergeron, a déjà affiché ses couleurs : elle veut une formation à saveur très québécoise.

«C’est une très bonne nouvelle pour le hockey québécois, en ce sens que c’est un débouché supplémentaire dans un calibre de jeu très élevé, lance le directeur général des Bisons, Miguel Fortin. Ça va donner une chance de plus à nos joueurs qui sortent du junior, ça va redonner espoir à des gars dans la Ligue nord-américaine et peut-être dans la Ligue senior AAA et ça va peut-être ramener au Québec des joueurs qui évoluent dans des coins un peu perdus des États-Unis, dans la Southern Professionnal Hockey League (SPHL) ou la Federal Prospects Hockey League (FPHL) par exemple.»


« L’idée de faire du hockey à temps plein, d’être sur la glace tous les jours, va en faire saliver plusieurs »
Miguel Fortin

Au sein même de l’équipe de Fortin, Maxime Guyon indique qu’il ne détesterait pas tenter sa chance avec le club de Trois-Rivières, lui qui a déjà joué avec succès dans la SPHL et la FPHL.

«J’ai un bon emploi dans le domaine pharmaceutique, mais ça pourrait être très intéressant, d’abord et avant tout parce que c’est au Québec, avoue celui qui a amassé 32 points en 19 matchs la saison dernière avec les Bisons. À bientôt 27 ans, il ne me reste plus une tonne de chances de m’essayer dans le pro.»

Selon Fortin, qui navigue depuis un moment dans le monde du hockey senior, ce sont surtout les joueurs de la LNAH qui auront de l’intérêt pour la ECHL.

«On va se le dire, le nombre de joueurs qui ont le niveau de jeu pour jouer dans la ECHL est plus nombreux dans la LNAH que dans la LHSAAAQ, même s’il y en a chez nous. Mais au-delà même du calibre, certains devront être prêts à sacrifier un bon emploi pour tenter l’aventure. Quand tu as deux enfants et une bonne job, c’est un pensez-y-bien, surtout que les salaires dans la ECHL ne sont pas élevés. Mais l’idée de faire du hockey à temps plein, d’être sur la glace tous les jours, va en faire saliver plusieurs.»

Le Canadien va s’associer avec l’équipe de Trois-Rivières, qui va évoluer dans un aréna flambant neuf de 4000 places. Mais il ne devrait pas y avoir plus de la moitié des joueurs de l’équipe sous contrat avec la Sainte-Flanelle.

La Ligue américaine demeure bien sûr le circuit professionnel numéro un de développement en Amérique du Nord. Mais la ECHL, née en 1988, vient tout juste après. Près de 700 de ses joueurs ont atteint la Ligue nationale, ne serait-ce que le temps de quelques matchs, au fil des ans.

Lauzon : «Ça pique la curiosité»

La saison dernière, le Roxtonais Félix Lauzon a disputé 21 matchs avec les Grizzlies de l’Utah, dans la ECHL, avant de rentrer au Québec. Avec très peu de temps de glace, il a trouvé le moyen d’amasser huit points en 21 matchs.

«C’est du gros hockey et j’ai adoré mon expérience là-bas, raconte l’ancien des Tigres de Victoriaville et des Voltigeurs de Drummondville. Si je suis revenu, c’est parce que je voulais mettre la priorité sur mes études. Mais une équipe à Trois-Rivières, près de la maison, ça pique la curiosité, c’est certain.»

De retour au Québec, Lauzon a disputé quelques matchs avec le COOL-FM de Saint-Georges, dans la Ligue nord-américaine, avant de finir la saison avec les Stingers de Concordia, au hockey universitaire. Il a été opéré à une épaule l’été dernier.

«Quand des joueurs ont gradué dans la Ligue américaine et qu’on m’a donné une chance, j’ai récolté cinq points en trois matchs et j’ai prouvé que j’étais capable de jouer dans la ECHL. On verra…»

Lauzon s’était enfin lancé dans le coaching cette saison, mais le passage de la région en zone rouge a fait en sorte que les activités des Titans M-12 mineur du Verbe Divin ont été mises sur la glace. L’athlète de 22 ans poursuit ses études en relations humaines à Concordia, mais il rêve toujours de devenir policier.

«En tenant pour acquis que je ne jouerai pas au hockey dans les prochains mois, je ne sais trop ce qui m’attend la saison prochaine. La ECHL à Trois-Rivières, c’est une option de plus. Mais évidemment, ça prend de l’intérêt de deux côtés.»

Ceci dit, Lauzon apparaît un candidat parfait pour la nouvelle équipe professionnelle.