Alister Gardner a franchi la ligne d’arrivée de la Escarpment trail run en deuxième­ position, sur un total de 257 participants.

La course périlleuse d’Alister Gardner

« Pour chèvres de montagnes seulement ! » Cette simple phrase donne un bel aperçu de ce qu’est la course Escarpment trail run, dans l’État de New York, à laquelle a participé Alister Gardner dimanche. Sentiers étroits, ravins, arbres tombés, racines cachées, les obstacles de cette course de 30 km en sentier sont nombreux. Et impossible d’en sortir autrement qu’à pied, non sans égratignures.

Seul Québécois ayant pris part à l’événement, le Bromontois a terminé deuxième sur les 257 participants en 2 heures 52 minutes et 46 secondes. Il est parti dans la première vague de départ et a su se glisser jusqu’en tête... ou presque. L’Américain Lee Berube a franchi le fil d’arrivée avec dix minutes d’avance sur Gardner, battant ainsi de quelques minutes le record de l’épreuve.

« Je suis quand même fier d’être deuxième derrière lui, mentionne le coureur en entrevue. Le départ était très très rapide avec des sentiers extrêmement étroits. On n’avait pas le choix de suivre le monde. On a fait un train pour le premier kilomètre. Après deux ou trois kilomètres, ça s’est élargi un peu plus, ce qui nous a permis de mieux nous placer. »

Il a réussi à se faufiler en quatrième position jusqu’au vingtième kilomètre environ. « Vu qu’on est dans le bois tout le temps, c’est rare qu’on voie plus loin que 200 mètres devant nous. Finalement, j’ai vu le t-shirt blanc du gars qui était troisième. J’ai pu le dépasser. »

Quelques kilomètres plus loin, il a bataillé ferme pour obtenir la deuxième place, qu’il a conservée jusqu’à la fin. La course étant organisée à la bonne franquette, ce spécialiste des courses de longue distance est rentré au bercail avec pour seule récompense, l’honneur et la fierté d’avoir réalisé cette belle performance.

Un parcours risqué
Les organisateurs de la Escarpment trail run recommandent aux participants de prendre des médicaments contre la douleur avant le départ, puisque les risques de chutes sont très élevés. Bref, le tracé n’est pas fait pour les débutants.

« Le parcours était très technique, commente-t-il. Il y avait des sections dangereuses. Sur d’autres passages, on avait même besoin de nos mains pour grimper. Il faut être très prudent et être à 100 % alerte. Il n’y a pas eu un moment sur les 30 km où on pouvait regarder le paysage. Je suis tombé quatre ou cinq fois, dont une chute qui a fait enfler mon pied, mais c’est tout à fait normal dans une course comme celle-là. »

Alister Gardner n’oubliera pas de sitôt le moment de la course où après avoir gravi un sommet, il a aperçu le sentier qui l’attendait : une étroite piste à flanc de falaise. Le moindre faux pas entraînait une chute de 100 pieds.

« Ce n’est pas une course pour tout le monde ! », prévient-il.

Un mois plus tôt, Alister Gardner s’était blessé au Québec Méga Trail, le forçant à abandonner cette épreuve de 100 km.

Fin août, le Bromontois participera à la CCC — une autre course de 100 km — à travers les Alpes dont le parcours relie Courmayeur (Italie), Champex (Suisse) et Chamonix (France). L’épreuve fait partie de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.