«Je savais que j’étais capable d’avoir du succès dans cette ligue, mais je suis quand même un brin étonné de ma fiche», avoue Jeffrey Dupont.

Jeffrey Dupont : le beau risque des Guerriers

Avec sa fiche de sept victoires en autant de décisions et sa moyenne de points mérités de 2,65, Jeffrey Dupont en met plein la vue à sa première saison avec les Guerriers. Et dire que de nombreux observateurs considéraient que l’organisation granbyenne prenait un risque lorsqu’elle l’a repêché l’hiver dernier.

Il faut savoir que Dupont, de Trois-Rivières, s’est retrouvé au repos forcé, à la suite de sa dernière saison dans le midget AAA, en raison d’une blessure à l’épaule. Après avoir passé une multitude de tests, il a appris qu’il souffrait d’une fracture à la cavité de l’épaule droite et on a même craint, à un moment donné, qu’il doive se soumettre à une opération.

« Les Guerriers croyaient en moi et ils se disaient que, dans le pire des cas, je pourrais lancer en 2020, raconte Dupont, 18 ans. Le plus drôle, c’est que mon bras est encore plus fort aujourd’hui qu’il y a un an. La vélocité de ma balle rapide a augmenté. »

Utilisé en relève et comme partant, Dupont épate son gérant Denis Lamontagne.

« Il lance des prises et il accorde peu de buts sur balle, souligne-t-il. Il a une bonne rapide, une bonne courbe et tu ne sais jamais vraiment qu’est-ce qu’il va te lancer. Il est très impressionnant. »

Question de protéger son bras, Lamontagne avait dit à Dupont qu’il ne lancerait probablement pas plus de 30 manches cette saison. Il est déjà rendu à 35.

« Je me sens très bien, reprend l’athlète de 6’2’’ et 195 livres. Je lance plus que prévu, mais Denis a beaucoup de bons bras à sa disposition et il ne surutilise pas ses lanceurs. Je suis très content de la façon dont il m’emploie. »

Dans la même veine, Dupont explique qu’il est plus ou moins surpris de ses succès.

« En fait, je savais que j’étais capable d’avoir du succès dans cette ligue, mais je suis quand même un brin étonné de ma fiche. Si vous m’aviez dit que j’allais avoir un dossier de 7-0 au début du mois d’août, pas certain que je vous aurais cru. »

Jusqu’au bout

Jeffrey Dupont fait partie des nombreux joueurs de l’extérieur des Guerriers qui n’hésitent pas à faire de la route pour la peine pour jouer au baseball à Granby. Dans son cas, on parle d’une heure et 45 minutes depuis chez lui, à Trois-Rivières.

« Le baseball, c’est mon sport, c’est ma passion et j’irais plus loin que ça encore si je devais le faire, affirme-t-il. Et quand on a une belle équipe comme ça, quand on a une belle gang comme ça, c’est encore moins un problème. »

Selon Dupont, les Guerriers ont ce qu’il faut pour aller jusqu’au bout.

« Je sais qu’on va perdre de bons joueurs une fois en séries, mais l’organisation a fait de belles acquisitions en pensant aux pertes que nous allons subir. Vraiment, on a beaucoup de talent, on a une belle chimie et on croit en Denis, notre chef. Moi, j’ai souvent gagné par le passé dans ma région et je sais reconnaître une équipe qui a ce quelque chose de spécial. »

En automne et en hiver, Dupont étudie et joue au baseball au collège Laflèche, à Trois-Rivières. Et il se verrait bien, tantôt, dans un collège américain.

« C’est mon objectif, c’est certain. Et une fois aux États-Unis, si ça se passe bien, tout devient possible. J’aimerais avoir ma chance chez les pros, mais on est encore loin de ça. Pour le moment, ma seule priorité, c’est les Guerriers. »