Jean-Philip Cornellier a notamment participé au Championnat Travelers, sur le prestigieux circuit de la PGA, en 2015.
Jean-Philip Cornellier a notamment participé au Championnat Travelers, sur le prestigieux circuit de la PGA, en 2015.

Jean-Philip Cornellier met sa carrière en veilleuse

Avant même le début de la pandémie de la COVID-19, Jean-Philip Cornellier a pris une importante décision : sa carrière de golfeur professionnel est probablement terminée. Au cours des prochaines années, le Césairois désire prioriser sa famille et son nouvel emploi.

«C’est avant tout une décision familiale. Déjà, l’été dernier, j’ai joué beaucoup moins de tournois qu’au préalable. J’ai surtout enseigné au club de golf de Saint-Césaire», a-t-il expliqué en entrevue avec La Voix de l’Est.

On lui a d’ailleurs proposé de devenir professionnel en chef et responsable de l’enseignement au club local. Cornellier préférait toutefois miser sur un emploi stable à longueur d’année, et non sur une base saisonnière. Il a donc accepté un poste permanent en tant que superviseur à l’usine de l’entreprise Wajax à Saint-Germain-de-Grantham.

«C’est un emploi de qualité. Avec le golf, je n’étais jamais assuré de toucher un salaire, tout dépendait de mes performances», a fait valoir l’athlète de 29 ans, père d’un garçon de deux ans.

Cornellier souhaite continuer d’enseigner son sport les week-ends, lorsque les interdictions de rassemblement seront levées. Il se contentera cependant de jouer environ une fois par semaine, dans une optique purement récréative.

Ces changements devenaient nécessaires, mais Jean-Philip Cornellier reconnaît qu’ils ne s’effectuent pas sans heurts.

«Le golf, c’était toute ma vie jusqu’à récemment. J’ai vécu de très belles choses. Je ne mets pas totalement une croix sur ma carrière de pro, mais à court et moyen terme, je vais me concentrer sur ma job et la petite famille...»

Jean-Philip Cornellier en compagnie de sa conjointe, Théa, et de leur fils, Victor­

Un parcours remarquable

Qu’il ait disputé ou non sa dernière ronde de compétition, Cornellier peut être fier de son parcours sur les terrains gazonnés. Mercredi, il a d’ailleurs replongé dans ses souvenirs.

En commençant par sa qualification pour le championnat amateur des États-Unis, en 2012. L’année suivante, le Césairois a triomphé à la Classique Acura, alors inscrite au calendrier de la défunte AGP du Québec.

«Gagner un tournoi professionnel en tant qu’amateur, c’est évidemment un accomplissement que je n’oublierai jamais. Mais le summum, ça restera ma participation au Championnat Travelers en 2015. Je peux quitter en me disant que j’ai joué au moins un tournoi du PGA Tour !», a-t-il souligné.

Parmi ses autres faits d’armes, Jean-Philip Cornellier a notamment remporté le Championnat de la PGA du Canada en 2017.

Au moment de faire le bilan, il pensait aussi à tous ceux qui l’ont aidé en cours de route, que ce soit l’équipe des Carabins de l’Université de Montréal ou encore Pierre Dugas, qui a été son entraîneur pendant une dizaine d’années.

Les dernières années ont cependant été plus difficiles.

Ralenti par diverses blessures en 2018, Cornellier avait alors parlé d’une «saison à oublier». La disparition du Circuit Canada Pro Tour a ensuite ébranlé le milieu du golf professionnel dans l’est du pays le printemps dernier, limitant grandement le nombre de tournois disponibles.

«C’est vrai que j’aurais aimé me retirer après quelques bons résultats, mais je garde surtout de bons souvenirs. Je suis en paix avec ma décision.»

«DES RÉPERCUSSIONS» À L’HORIZON

Jean-Philip Cornellier a échappé de justesse aux consignes strictes imposées pour contrer la pandémie de la COVID-19. Accompagné de sa conjointe et de leur garçon, le Césairois a séjourné au Mexique à la fin février.

«Nous sommes partis avant la folie que l’on connaît actuellement, donc à notre retour, les quarantaines n’étaient pas encore commencées», a-t-il expliqué. 

Cornellier peut également continuer à travailler, à la fois sur place et à distance, pour le compte de l’entreprise Wajax, dont les activités sont considérées comme essentielles. «Je me considère chanceux de ne pas être au chômage», a reconnu l’homme de 29 ans. 

«Je vois tout ce que la situation actuelle implique dans le monde du golf. Le Tournoi des Maîtres n’aura pas lieu la semaine prochaine. Je pense aussi à mes amis golfeurs sur la scène professionnelle au Québec. On espère que le début de saison ne sera pas trop retardé, mais je suis convaincu qu’il y aura des répercussions...»

La majorité des terrains de la province ouvrent généralement aux alentours du 25 avril.