Jacques Plante a obtenu 434 victoires, sept nominations sur l’équipe d’étoiles de la LNH et autant de trophées Vézina ainsi que six conquêtes de la Coupe Stanley.

Jacques Plante, un précurseur

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 3 de 6

Parce qu’il a révolutionné la position de gardien de but dans le monde du hockey, Jacques Plante mérite le titre du meilleur joueur de l’histoire de la Mauricie.

Bien sûr, tous les amateurs avisés connaissent l’histoire du masque. Un soir de novembre 1959 au Madison Square Garden de New York, le solide numéro 1 reçoit une rondelle tirée par Andy Bathgate des Rangers tout juste sous l’œil gauche. 

Après avoir reçu sept points de suture, son entraîneur Toe Blake lui permet de porter ce protecteur facial qu’il enfile déjà depuis un certain temps lors des séances d’entraînement du Canadien. Le reste appartient à la légende. 

Dans les heures suivant l’Halloween, les photos de Plante, son masque sur la tête, ont fait le tour de l’Amérique. Sa bonne performance, dans les circonstances, a d’ailleurs confirmé qu’il était possible de défendre une cage avec cet outil de travail.

« Personne ne riait de lui. N’importe quel gardien aurait pu se faire tuer à cette époque. Ils étaient respectés », se souvient l’ex-­défenseur Jean-Guy Talbot, qui a évolué avec Plante chez le Canadien et les Blues de St. Louis.

Mais voilà, Jacques Plante, c’est bien plus qu’une histoire de masque. C’est, entre autres, 434 victoires, sept nominations sur l’équipe d’étoiles de la LNH et autant de trophées Vézina ainsi que six conquêtes de la Coupe Stanley.

« Aucun autre gardien n’a eu plus d’impact que lui pour l’équipement, estime le statisticien Gerry Rochon. Il a travaillé sur les jambières et le gant pour attraper la rondelle. Même s’il n’a pas inventé le masque, c’est lui qui l’a démocratisé pour en faire une pièce permanente. »

Jean-Guy Talbot poursuit la réflexion. Son ancien coéquipier étudiait toutes les subtilités et aimait parler à ses défenseurs. « Il remarquait tout ! À Detroit, on jouait sur une patinoire ovale donc la rondelle revenait plus vite devant le filet. Jacques a initié une nouvelle tendance en quittant sa zone pour intercepter les rondelles. Il contrôlait le jeu. Je l’ai souvent vu se rendre jusqu’à la ligne bleue ! C’était un bon patineur. »

« À Chicago, il a demandé aux officiels de vérifier la grandeur des buts. Ils n’étaient pas réglementaires », nous informe Gerry Rochon. « Jacques est aussi le responsable du rectangle des gardiens. »

À l’extérieur de la glace, Plante était un type plutôt particulier. « Souvent en retrait, que ce soit dans le train ou au restaurant, confie Talbot. Ce n’était pas un grand parleur non plus. »

On raconte qu’il préférait lire ou écrire de la poésie plutôt que d’enchaîner les parties de poker avec les autres joueurs du Tricolore!

Qu’à cela ne tienne, il a fait parler son talent sur la surface glacée et au final, c’est ce qui compte. D’où son intronisation au Temple de la renommée en 1978, huit ans avant sa mort. «C’est un excellent choix que de le placer au premier rang en Mauricie, convient Jean-Guy Talbot. Je suis certain que Jacques aurait du succès dans la LNH d’aujourd’hui. Lui, deux matchs en deux soirs, ça ne l’aurait pas trop secoué!»

Dans les heures suivant l’Halloween, les photos de Jacques Plante, son masque sur la tête, ont fait le tour de l’Amérique. Sa bonne performance a d’ailleurs confirmé qu’il était possible de défendre un but avec cet équipement.

En bonne compagnie

Quatre défenseurs et cinq attaquants complètent notre top 10. Avec ses quatre saisons de 40 buts dont une de 100 points, le Shawiniganais Jean Pronovost occupe le deuxième rang du classement, non loin devant son frère Marcel, quatrième, qui a disputé plus de 20 saisons dans la LNH comme défenseur, remportant cinq fois le championnat.

Entre les deux frangins se retrouve René Robert, membre de la « French Connection » des Sabres de Buffalo, dans les années 70. Jamais repêché, le Trifluvien a connu une belle carrière de 12 saisons et son numéro 14 a été retiré par l’organisation.

Jean-Guy Talbot, Martin Gélinas, André Dupont et André Pronovost ont tous remporté la Coupe Stanley, tandis que Marc-André Bergeron a touché à la finale. Normand Rochefort, pour sa part, a participé à Rendez-Vous 87.