Isabelle Lapierre a fait plaisir à la foule en devenant la première Québécoise à remporter l'étape bromontoise de la Coupe du monde FEI de sauts d'obstacles dimanche à l'International Bromont.

Isabelle Lapierre couronnée à Bromont

Tout le monde attendait la cavalière américaine aux racines bromontoises, Lucy Deslauriers, mais c'est finalement Isabelle Lapierre qui a volé la vedette dimanche à l'International Bromont.
La cavalière de 38 ans originaire de Lévis est en effet devenue la toute première Québécoise à gagner la première étape nord-américaine de la Coupe du monde FEI de sauts d'obstacles grâce à un double parcours sans faute sur le manège du parc équestre olympique.
Isabelle Lapierre a fait partie des six cavaliers qui n'ont commis aucune pénalité à leur premier passage, ce qui lui a permis d'accéder au barrage, où elle a été la plus rapide aux commandes de Cescha M, s'assurant la victoire et la bourse de 42 900 $ qui l'accompagnait.
Son triomphe a été salué de belle façon par les centaines de spectateurs présents qui lui ont réservé une longue salve d'applaudissements­ et une ovation debout.
« Le parcours était assez délicat, car il y avait beaucoup de décisions à prendre avec les foulées. Le créateur du parcours nous a fait travailler fort. Une fois en barrage, on y est allé à fond, on a tout fait pour essayer de gagner et ça s'est bien passé », a lancé une Isabelle Lapierre rayonnante après avoir décroché la première place.
Cette dernière est une habituée de l'International Bromont, où elle participe à des compétitions équestres depuis son jeune âge. Il s'agissait cependant de la première fois qu'elle prenait part à l'étape bromontoise du circuit de la Coupe du monde et elle ne pouvait espérer mieux comme résultat.
« Je suis très contente. Juste de venir ici, c'est déjà très spécial. Et mon père, qui ne vient presque jamais me voir en compétition, a réussi à être ici aujourd'hui (hier) alors c'est fantastique. Chaque fois que je saute ici, j'ai l'impression que la foule saute avec moi. La foule m'a poussée. Je crois que c'est pour ça que j'ai été plus rapide que Jenn », a indiqué la cavalière en riant.
Trois fois deuxième... en quatre jours
La Lévisienne a en effet coiffé l'Albertaine Jenn Serek au fil d'arrivée par un mince écart de 3 centièmes de seconde. La cavalière de Calgary s'est montrée bonne joueuse malgré sa troisième seconde place... en moins de quatre jours.
« Je me sens comme l'éternelle demoiselle d'honneur, a d'abord blagué Serek lorsqu'on l'a invitée à livrer ses impressions. Honnêtement, je suis très contente de mon cheval (Wicked). J'aurai bien aimé gagner, spécialement aujourd'hui (hier), mais je vais prendre ces trois deuxièmes places avec plaisir. »
Celle-ci a retenu son souffle lorsqu'elle a effleuré la toute première barre qui est finalement restée en place, mais elle a poursuivi de belle façon signant une performance sans faille pour se tailler une place dans le barrage.
« Je savais qu'il y avait des cavaliers très rapides après moi, alors j'ai tout donné et finalement, j'ai manqué la victoire de peu », a résumé la cavalière de l'Alberta qui pourra se consoler un peu avec sa bourse de 26 000 $.
Podium 100 % féminin
C'est l'Américaine Heather Caristo-Williams et sa monture Qui vive des Songes Z qui ont complété ce podium 100 % féminin en décrochant la troisième position. Malgré ses quatre points de pénalité pour avoir fait chuter un obstacle, sa prestation lors du barrage lui a permis de remporter une belle somme de 19 500 $.
« J'étais très heureuse d'être dans le barrage. Je sais que mon cheval n'est pas le plus rapide au monde, puisqu'il passe beaucoup de temps dans les airs sur les sauts. Mon plan était d'avoir une ronde efficace et de mettre la pression sur les autres cavaliers, mais j'ai perdu de précieuses secondes au galop entre les obstacles », a noté la cavalière de Saugerties, dans l'État de New York.
Fait inusité, les trois montures des trois cavalières sur le podium en étaient toutes à leur première présence dans une épreuve de la Coupe du monde FEI. Lapierre, Serek et Caristo-Williams ont par ailleurs chacune engrangé des points au classement en vue de la grande finale, qui sera présentée à Paris en avril 2018.
Plusieurs vétérans, incluant l'Américain Jonathan McCrea qui avait gagné l'étape bromontoise l'an dernier, ont en effet éprouvé des difficultés sur le manège international dimanche, ce qui a laissé la porte ouverte pour d'autres cavaliers.
Tous les espoirs étaient donc permis pour la favorite de la foule, Lucy, la fille de Mario Deslauriers, ce Bromontois d'origine maintenant établi aux États-Unis qui était devenu le plus jeune cavalier à remporter la Coupe du monde en 1984 à l'âge de 19 ans.
Dernière à s'élancer, on pouvait entendre une mouche voler à son premier passage alors que la foule retenait son souffle. La jeune cavalière de 18 ans n'était plus qu'à un saut d'atteindre le barrage quand elle a fait tomber une barre du dernier obstacle, ce qui l'a privée de toute chance de victoire. Elle a dû finalement se contenter de la 11e position.