Philip Sardinha (à gauche) et Marc-André Gauthier sont débarqués au pays des Inouk en même temps. Et ils quittent en même temps.

Inouk: le moment de tourner la page

« Je ne réalise pas encore que c'est fini. Ça a été quatre années extraordinaires, peut-être même les plus belles de ma vie. »
Philip Sardinha a disputé son dernier match en carrière avec les Inouk dimanche lorsque la troupe granbyenne a été éliminée par les Cobras de Terrebonne en demi-finale de la Ligue de hockey junior AAA. Le Bromontois regarde maintenant en avant, lui qui pose un regard un brin nostalgique sur ce qu'il a vécu avec l'équipe junior de sa région.
« Quand tu arrives à 17 ans, tu as l'impression que tu en as pour longtemps, que ton stage junior ne finira jamais, lance celui qui a amassé 200 points en carrière avec les Inouk. Puis, les années passent et tout d'un coup, c'est fini. Et il y a un sentiment de vide. C'est un peu comme ça que je me sens. »
Sardinha croyait aux chances des Inouk face aux Cobras. Et lorsque son équipe a pris les devants 2-1 dans la série, il y croyait encore plus.
« On a eu des relâchements et à chaque fois, ça nous a fait mal. Contre une équipe avec autant de talent, il fallait travailler sans arrêt pendant 60 minutes. »
En septembre prochain, Sardinha devrait étudier en communications à l'Université du Québec à Montréal. Mais il ne sait pas ce qui l'attend côté hockey.
« Honnêtement, je n'en ai aucune idée. Le hockey universitaire m'intéresserait, mais je n'ai pas reçu d'offres. Le hockey senior ? Si on me fait signe, je vais probablement écouter. C'est la première fois de ma vie que je suis dans le néant au sujet de ma carrière. »
Mais il n'oubliera jamais, dit-il, ce qu'il a vécu avec les Inouk.
« J'ai eu la chance de jouer chez nous, dans ma région, avec mes amis et devant mes parents et amis. C'est un privilège. Bien sûr, la conquête de la Coupe Napa représente un souvenir extraordinaire. Mais il y en a plein d'autres... »
Un choc
Marc-André Gauthier est débarqué au pays des Inouk en même temps que Sardinha, soit en août 2013. Les deux jeunes hommes ont vécu les mêmes grands moments et les mêmes déceptions. Ils sont arrivés en même temps et ils partent en même temps.
« Je me sens plus ou moins bien depuis dimanche, confie Gauthier. Honnêtement, je suis encore sous le choc. Je pensais qu'on pouvait battre Terrebonne. En même temps, je sais qu'on a tout donné. Mais c'est la fin de quelque chose et ça, c'est dur à prendre. »
Gauthier, venu de l'Abitibi, s'est rapidement senti chez lui à Granby. Il a défendu les couleurs des Inouk avec fierté et a représenté l'organisation de façon fidèle et loyale du début à la fin. Il n'a pas volé le titre de capitaine qui lui a été donné en début de saison.
« J'aime la stabilité et je suis content d'avoir joué pour une seule et unique équipe junior. C'est même une fierté. »
Même s'il se prépare à aller vivre avec sa blonde (une Granbyenne) à Sherbrooke, Gauthier affirme qu'il restera un Granbyen de coeur.
« J'aime trop la ville, j'aime trop la région », termine celui qui tient à remercier Rénald Croteau et Lise Piette, de même que leur fils Chad, « des gens merveilleux », pour leur accueil au cours des quatre années passées à Granby.