Michel Tassé
Il y a encore de l’intérêt pour les Inouk et deux autres groupes, désireux de garder l’équipe à Granby, sont en train d’évaluer la possibilité de déposer une offre pour l’achat du club.
Il y a encore de l’intérêt pour les Inouk et deux autres groupes, désireux de garder l’équipe à Granby, sont en train d’évaluer la possibilité de déposer une offre pour l’achat du club.

Inouk: de l’action en coulisse

CHRONIQUE / La nouvelle publiée dans La Voix de l’Est à l’effet que le seul groupe de Granby qui avait eu des pourparlers sérieux avec Marco Bernard pour acheter les Inouk s’était retiré du dossier a fait en sorte que de nombreux partisans de l’équipe ont le moral dans les talons depuis.

Mais voilà, il ne faut pas. Parce que depuis l’annonce de la nouvelle en question, il y a eu beaucoup d’action en coulisse. Il y a encore de l’intérêt pour les Inouk et deux autres groupes, désireux de garder l’équipe à Granby, sont en train d’évaluer la possibilité de déposer une offre pour l’achat du club.

Un des deux groupes vient de Montréal et est dirigé par un ancien entraîneur de la LHJMQ, qui a même déjà fait un court séjour à Granby. Mais l’homme, qui a gardé de bons souvenirs de son passage dans la région, assure que l’équipe conservera pignon sur rue au Centre sportif Léonard-Grondin si lui et ses partenaires devaient s’en porter acquéreur.

L’autre groupe, composé entièrement de gens de la région, évalue ses options. Mais il croit fermement en l’avenir du hockey junior AAA à Granby.

Les deux groupes ont toutefois la même réserve face au montant exigé par le copropriétaire Marco Bernard : autour de 75 000 $. Alors que tout le monde sait qu’une équipe d’expansion vaut 50 000 $ dans la LHJAAAQ et que les Inouk, on va se l’avouer, ont perdu beaucoup de leur lustre au cours des dernières années.

Ils ont perdu du lustre et passablement d’argent aussi. Les assistances sont en chute libre au Centre sportif Léonard-Grondin depuis un moment et n’importe quel homme d’affaires un tant soit peu averti sait que redresser la barque et ramener les partisans à l’aréna ne se fera pas du jour au lendemain.

Autre point intéressant : les deux groupes sont conscients qu’il y a une équipe de hockey senior qui prend beaucoup de place à Granby et ils aimeraient s’en faire une alliée plutôt que lui faire compétition.

Vendre ou ne pas vendre ?

Mais de toutes les questions qu’on peut se poser au sujet des Inouk présentement, la suivante est la plus importante : Marco Bernard veut-il vraiment vendre? Le copropriétaire de l’équipe affirme qu’il n’a jamais mis de pancarte «À vendre» devant la porte du vestiaire, qu’il écoute simplement les propositions. Reste qu’il fait de l’écoute très, très active!

Bernard espère vendre, mais il a un prix en tête et il veut l’obtenir, au risque de rester pris avec son équipe… et de perdre encore de l’argent. Le pari est osé.

Et pendant ce temps, ils sont nombreux à se demander où s’en vont les Inouk. Trois joueurs m’ont récemment écrit afin de me demander s’il y aura du hockey junior à Granby la saison prochaine et quelques autres se cherchent ouvertement une équipe parce qu'ils sont trop inquiets devant la situation actuelle. Ne soyez d’ailleurs pas étonnés de voir des formations du collégial annoncer la signature de joueurs des Inouk prochainement.

Et c’est dans ce contexte de grande incertitude que les hommes de hockey de l’organisation préparent le prochain repêchage. Je n’aimerais pas être à leur place.

Le pire, c’est que c’est le deuxième printemps de suite que les Inouk se retrouvent dans une telle situation. Une situation qui écoeure les partisans, les commanditaires et qui risque de faire en sorte que le prochain camp d’entraînement, en admettant qu’il débute bel et bien en août, sera une nouvelle fois préparé en catastrophe. Un camp préparé à la dernière minute qui a fait en sorte, en 2019, que l’équipe a «échappé» des joueurs importants au passage.

Marco Bernard doit agir. Plusieurs, on le sait, réclament son départ. Mais qu’il vende ou qu’il ne vende pas, il doit agir et statuer sur l’avenir des Inouk. Pour le bien de l’organisation qu’il a bâtie et qu’il tient à bout de bras depuis 15 ans.