David Lapierre derrière le banc des Bisons la saison dernière. «Le hockey, c’est notre sport, et ça manque à tout le monde», dit-il.
David Lapierre derrière le banc des Bisons la saison dernière. «Le hockey, c’est notre sport, et ça manque à tout le monde», dit-il.

Hockey senior sans combats: Lapierre appuie Lygitsakos

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
David Lapierre ne s’en cache pas : il est «entièrement d’accord» avec Dean Lygitsakos, grand patron du Bellemare de Louiseville, qui est d’avis que la Ligue de hockey senior AAA du Québec ne devrait pas tolérer les bagarres, le temps d’une saison.

«J’ai lu avec intérêt les propos de Dean dans La Voix de l’Est, explique l’entraîneur en chef et copropriétaire des Bisons. Les bagarres font partie de la culture de hockey senior, il faut absolument les conserver, mais qu’on passe un tour cette saison, s’il y en a une, je pense que c’est tout à fait à propos. Pour mettre moins à risque nos hommes forts et aussi, comme le disait Dean, parce que ce ne serait pas toujours de bon goût dans les circonstances.»

Les propos de Lygitsakos ont fait énormément jaser. De nombreux amateurs de hockey senior ont fait savoir leur profond désaccord sur les groupes de discussions que l’on retrouve sur Facebook.

«Il faut comprendre une chose, reprend Lapierre. Dire non aux bagarres ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de combats. Ça veut dire qu’un joueur sera expulsé après s’être battu une fois. C’est pas pareil. Il y a une subtilité que certains n’ont pas comprise.»

Lapierre ira jusqu’à dire que la qualité des bagarres sera rehaussée si jamais la proposition de Lygitsakos est acceptée.


« Dire non aux bagarres ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de combats. »
David Lapierre

«Ça va faire en sorte que les bagarres seront de véritables bagarres, des bagarres d’émotion. Avec le genre de hockey qui est pratiqué dans notre ligue, les combats sont inévitables. Mais limiter nos joueurs à une bagarre va faire qu’on va avoir moins de gars qui vont se sentir forcés de se battre deux fois, quitte à le faire avec une main toute maganée. C’est un bon moment pour réfléchir à la protection qu’il faut accorder à nos hommes forts.»

Pour le reste, Lapierre va aussi dans le même sens que Lygitsakos : les équipes de la LHSAAAQ ont besoin d’un minimum de 250 spectateurs dans les gradins et le jeu avec contact, pandémie ou pas, doit demeurer.

«Autrement, ça ne vaut pas la peine, c’est clair», tranche-t-il.

De l’espoir

David Lapierre vit d’espoir. Il ne gagerait pas sa chemise qu’il y aura du hockey de la LHSAAAQ au cours des prochains mois, mais il y croit.

«J’essaie toujours de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Les choses changent vite et on ne sait pas où on sera rendu dans un mois et demi. Chose certaine, il faut se préparer comme s’il y aura une saison. Et il faut tout faire afin de mettre les choses de notre bord. Si ça ne fonctionne pas, il faut qu’on soit capables de se dire : ‘C’est pas parce qu’on ne voulait pas, c’est pas parce qu’on n’a pas essayé.’»

Lapierre a parlé avec tous les joueurs des Bisons. Et il affirme que tous désirent jouer au hockey.

«Les gars le veulent et ils sont prêts à faire leur part pour que ça fonctionne. Le hockey, c’est notre sport, et ça manque à tout le monde.»