Handball Granby: un voyage qui tombe à l’eau

Les impacts de la COVID-19 sont nombreux dans le pays sportif local, et très peu de disciplines sont épargnées. Impuissant face à la pandémie qui ébranle la planète, l’organisme Handball Granby a d’ailleurs dû annuler le voyage prévu dans le cadre d’un échange avec un club français.

Une vingtaine de joueurs ainsi qu’une poignée d’entraîneurs et accompagnateurs devaient se rendre dans la région de Toulouse au début avril. La délégation granbyenne prévoyait disputer six parties amicales, effectuer plusieurs visites et même assister à un match professionnel.

«C’était une très belle opportunité. La majorité de nos jeunes n’ont jamais voyagé en Europe. Les coûts étaient aussi très raisonnables, avec la collaboration du club Tran-Ouest», a fait valoir l’entraîneur Marc St-Laurent, également responsable de Handball Granby.

«Les jeunes étaient très déçus, mais ils comprennent maintenant mieux l’ampleur de la situation.»

Alors que la crise de la COVID-19 s’aggravait à l’échelle du globe, M. St-Laurent a dû répondre, le 11 avril, à l’ultimatum envoyé par l’agence de voyages avec qui il faisait affaire.

«À ce moment-là, j’hésitais beaucoup. On n’avait pas toutes ces fermetures, on ne demandait pas aux gens de se confiner (...) Avec du recul, je sais maintenant que j’ai pris la bonne décision en annulant le voyage», a-t-il affirmé.

Deux jours plus tard, le gouvernement du Québec annonçait effectivement la fermeture des écoles, cégeps et universités de la province.

Les gens de Handball Granby disposent maintenant d’un crédit de voyage, qui expire toutefois l’automne prochain. Il est évidemment très difficile de prévoir si la pandémie se sera alors résorbée.

Les athlètes locaux pourraient donc être privés d’une expérience semblable à celle vécue par les représentants du club Tran-Ouest, de passage dans la région le printemps dernier.

«On les a amenés patiner à l’aréna, une activité qu’ils font rarement dans le sud de la France», a raconté Marc St-Laurent.

«On s’assurait de les loger à prix modique et de prévoir les repas. Le club Tran-Ouest devait nous rendre la pareille, mais ce ne sera peut-être pas possible avec le coronavirus...»

Un mal nécessaire

Il faut dire que toute la communauté mondiale du handball est secouée par la COVID-19. Cette discipline figurait à l’horaire des Jeux olympiques de Tokyo, qui ont tout récemment été reportés à l’été 2021.

«Je suis beaucoup l’actualité du handball en Europe, et il y a même des barrages de qualification pour les Olympiques qui n’ont pu être joués», a souligné M. St-Laurent.

Ce dernier reconnait volontiers que la crise actuelle bouleverse son quotidien.

«J’ai deux enfants qui pratiquent des sports à Granby. Je suis entraîneur, ma femme est professeure d’éducation physique. C’est un gros changement dans nos vies.»

«Mais je pense que c’est nécessaire. Quand on regarde ce qui se passe du côté de l’Italie, je suis heureux de voir comment les gens réagissent au Québec.»