Frédérick Gaudreau (no 32) a contribué de façon importante aux succès des Predators. On le voit ici en contrôle de la rondelle lors du match no 6 de la finale.

Gaudreau: «Je veux le revivre»

Au lendemain de la quatrième défaite des Predators face aux Penguins, Frédérick Gaudreau a avoué qu'il se sentait « bizarre ». Joint à Nashville par La Voix de l'Est, le Bromontois avait de la difficulté à expliquer ce qu'il ressentait.
« Ça ne sera pas ma meilleure entrevue, Michel, a-t-il commencé par dire bien candidement. Je ressens des émotions particulières aujourd'hui. J'ai vécu des choses extraordinaires au cours des dernières semaines et là, tout d'un coup, c'est terminé. C'est spécial et je ne sais pas trop comment mettre des mots sur tout ça... »
Pour expliquer la défaite de son équipe, Gaudreau dira simplement que les Penguins ont été plus opportunistes.
« Ils ont une bonne équipe et il n'y a rien de gênant à perdre contre Sidney Crosby et les Penguins de Pittsburgh. Mais nous sommes passés proches et ça reste une défaite crève-coeur. On peut être fiers du travail que nous avons accompli. »
Lundi, c'était repos complet pour les joueurs des Predators. Des activités d'équipe sont toutefois à l'horaire mardi et au cours des prochains jours.
« La pression est en train de tomber. On vient de vivre quelque chose de très intense... »
Un privilège
Frédérick Gaudreau a clairement fait sa chance avec les Predators­. Tout de même, il s'estime privilégié d'avoir vécu ce qu'il a vécu.
« Avant les séries, j'avais joué neuf matchs dans la Ligue nationale. Et voilà que je viens d'en jouer huit en séries, dont six en finale de la Coupe Stanley. Il y a des gars qui ont évolué 15 ans dans la LNH qui n'ont jamais joué en grande finale. J'ai travaillé fort, c'est vrai, mais je me sens privilégié­ quand même... »
L'expérience qu'il a vécue a fait de lui un meilleur joueur et une meilleure personne, dira-t-il.
« J'ai grandi à travers tout ça. La LNH, c'est du gros calibre, mais c'est encore plus fort en séries. Et je n'avais jamais été l'objet d'autant d'attention de la part des médias. Ça a été du gros apprentissage. »
Et il a contribué de façon importante aux succès des Predators­. Il n'a pas été seulement un figurant, lui qui a marqué trois buts en finale.
« Je veux revivre ce que j'ai vécu. Quand je serai au gymnase cet été et que ce sera difficile, je vais savoir pourquoi je m'entraîne. »
Mais à travers l'entraînement, à travers la préparation qui va précéder le prochain camp, il va réaliser­ ce qu'il a accompli.
« Je n'ai pas eu le temps de m'asseoir encore et de revoir tout ça dans ma tête. Ça va venir. Au cours des dernières semaines, toute ma concentration était sur le moment présent. »
Ce qui, probablement, explique en bonne partie les succès qu'il a obtenus.
Une façon de voir gagnante
Frédérick Gaudreau n'a pas encore eu de discussions avec les gens de Predators au sujet de son avenir avec l'équipe.
« Mon contrat est terminé, a-t-il précisé. Est-ce que quelqu'un va me parler d'avenir avant mon départ de Nashville cette semaine ? Je ne sais pas. Mon agent est là, je vais lui laisser le dossier entre les mains. »
Encore et toujours, Gaudreau ne prend rien pour acquis. Et il affirme qu'il contrôle uniquement ce qu'il peut contrôler.
« Je travaille fort, je donne 100 % de moi-même à chaque fois que je saute sur la patinoire. Le reste ne m'appartient pas. Cette façon de penser m'a apporté de bons résultats jusqu'ici et je vais continuer à voir les choses de cette façon... »
À la maison
Gaudreau ne sait trop quand il sera de retour dans la région. Chose certaine, il doit récupérer sa voiture à Milwaukee, là où il jouait dans la Ligue américaine. Mais il entend passer plus de temps à Bromont­ cet été.
« Au cours des derniers étés, je me suis entraîné pas mal à Drummondville­, où se trouve mon préparateur physique. Cette année, ça s'annonce différent. François Pellerin va encore superviser mon entraînement, mais je serai davantage chez nous, à Bromont. Évidemment, il y aura quelques semaines de vacances, mais je vais reprendre l'entraînement assez rapidement. Ça paraît pas, mais la prochaine saison va venir assez vite... »
Quand on joue jusqu'à la mi-juin comme il l'a fait, les vacances s'avèrent effectivement plutôt courtes.