La région au grand complet est devenue partisane des Predators de Nashville, le printemps dernier, alors que Frédérick Gaudreau a offert des performances exceptionnelles lors des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Frédérick Gaudreau, personnalité sportive 2017 de La Voix de l’Est

La région au grand complet est devenue partisane des Predators de Nashville, le printemps dernier, alors que Frédérick Gaudreau a offert des performances exceptionnelles lors des séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Premier joueur de chez nous à atteindre la Ligue nationale depuis un long moment, le Bromontois en a mis plein la vue en marquant trois buts en pleine finale face aux Penguins de Pittsburgh.

Non, Gaudreau n’a pas volé le titre d’athlète de l’année de la région que lui décerne La Voix de l’Est.

« Notre fils travaille très fort afin de réaliser son rêve, celui de véritablement s’établir dans la Ligue nationale, affirme France Desrosiers. Personne ne lui a jamais fait de cadeaux, mais il est persévérant, il ne lâche jamais. »

Et c’est en grande partie cette persévérance qui fait en sorte que Gaudreau a mérité le respect et l’admiration des gens de la région et des amateurs de hockey de partout en Amérique du Nord. Son histoire, celle du joueur qui a atteint la Ligue nationale sans jamais avoir été repêché (pas même au hockey junior), a fait le tour du continent.

« Fred a du talent, mais c’est le travail et son attitude irréprochable qui l’ont amené jusque-là, reprend sa mère. Il a monté les marches une à une, il a parfois dû reculer, mais il n’a jamais abandonné. Je pense que les gens s’identifient à lui. »

Dans la cour

Frédéric Gaudreau est le cadet d’une famille de quatre enfants. Ses deux frères, Guillaume et Alexandre, ont joué au hockey avant lui. Et parce que le hockey faisait partie du quotidien des Gaudreau, le petit Frédérick a tôt fait de chausser des patins. En fait, il avait deux ans et demi lorsqu’il s’est retrouvé sur la glace, celle faite par son père dans la cour de la maison familiale.

« Il a commencé très jeune, dit encore sa mère. Je le vois encore à l’aréna de Chicoutimi, alors que nous suivions Alexandre dans un tournoi, en train de jouer avec son petit hockey. Il aimait ça, il avait du plaisir ! »

Il a ensuite gravi les échelons du hockey mineur de la région. Mme Desrosiers se souvient qu’il avait mal pris d’avoir été retranché par son équipe bantam AA.

« Ça l’a fait réfléchir beaucoup. Mais il s’est retrouvé dans le bantam CC et il a connu une grosse saison. Ce qui le motivait par-dessus tout, c’était sa passion du hockey. »

Plus tard, il est devenu un membre important des Cantonniers de Magog, de la Ligue midget AAA. Mais une fracture ouverte au poignet droit a bien failli mettre la hache dans tous ses rêves.

« Tout le monde était convaincu que c’était fini, qu’il ne jouerait plus au hockey, se souvient le président des Cantonniers, Renaud Légaré. Mais il a été opéré, il a subi toutes sortes de traitements et il était de retour avec nous la saison suivante. On l’a nommé capitaine et c’était le meilleur choix qu’on pouvait faire. »

M. Légaré se souvient que Gaudreau, à 17 ans, étudiait au cégep à Lennoxville (collège Champain), mais qu’il tenait à être en pension à Magog, question d’être près de ses coéquipiers.

« On voyait déjà que c’était un vrai, que c’était tout un joueur d’équipe », ajoute celui qui dit conserver un « merveilleux souvenir » de son ancien joueur.

L’automne suivant, Gaudreau s’est taillé une place avec les Cataractes de Shawinigan et, au printemps 2012, il a remporté la Coupe Memorial dans l’uniforme de l’équipe de la Mauricie.

« Lorsqu’il s’est amené avec la coupe chez lui, à Bromont, il m’a invité personnellement à la fête qui était organisée, rappelle Renaud Légaré. Sincèrement, ça m’a touché droit au cœur. Fred, c’est aussi un jeune reconnaissant. C’est une très bonne personne. »

Pouce par pouce

La mère de Frédérick Gaudreau et le président des Cantonniers s’entendent sur une chose : le Bromontois va finir par faire sa place dans la Ligue nationale.

« Il faut le dire, Fred ne bénéficie pas des avantages des gars qui ont été repêchés, affirme France Desrosiers. Mais il a fait des sacrifices, il en fera d’autres et, pouce par pouce, il va arriver à ses fins. Il est capable de jouer dans la Ligue nationale avec succès, il l’a prouvé. Son tour va venir. »

« Que ce soit à Nashville ou ailleurs, il va jouer dans la Ligue nationale à temps plein avant longtemps, enchaîne Renaud Légaré. Il a touché à son rêve et il ne lâchera pas le morceau avant d’y avoir goûté comme il faut. Moi, j’ai appris qu’il ne faut jamais gager contre Frédérick Gaudreau. »

En fait, ils sont maintenant très nombreux à ne plus oser gager contre lui.