L’ex-gardien de but Frédéric Cassivi

Frédéric Cassivi a trouvé le bonheur à Hershey

CHRONIQUE / C’est fou à quel point on vit dans un petit monde…

Sachant que je me rends chaque année en Floride pour les Fêtes, un de mes très bons amis (pratiquement un frère !) dirigeant dans le hockey professionnel me demande toujours si je peux organiser mon agenda de façon à ce que je puisse assister à certains matchs de la Ligue américaine de hockey ou de la LNH en cours de route. La conclusion de la période des transactions arrivant à grands pas dans le circuit Bettman, il désire ainsi connaître mon opinion au sujet de certains joueurs susceptibles d’être échangés. 

C’est ainsi que lors de mon périple, j’ai effectué un premier arrêt à Hershey, où les Bears de l’endroit (club-école des Capitals de Washington) se frottaient ce soir-là aux Phantoms de Lehigh Valley. Les espoirs de cette équipe sont en majeure partie repêchés par l’organisation des Flyers de Philadelphie. 

Une bonne heure avant la mise au jeu, alors que je me trouve sur la galerie de presse, je prépare mes feuilles pour le match. J’entends alors un homme derrière moi crier « Dannyboy, c’est bien toi ? Je viens de voir ton nom sur la feuille (des accréditations), pis j’me d’mandais si c’était bien mon vieux chum qui était là ! Hey, ça fait longtemps ! »

L’homme en question, c’était Frédéric Cassivi, que les amateurs de hockey de la région ont bien connu, lui qui a brillamment gardé les buts du défunt Laser de Saint-Hyacinthe au début des années 90 dans la LHJMQ, lorsque celui-ci était en reconstruction après « l’ère Martin Brodeur ».

Mais en ce qui nous concerne, Cass et moi, on se connaît depuis une trentaine d’années. Dans le temps, on habitait Trois-Rivières Ouest et on est issus de la même organisation de hockey mineur. Il est de trois ans mon cadet. Quand je jouais bantam, il jouait pee-wee et ainsi de suite. Toutefois, j’étais bien loin de me douter que j’allais le revoir ce soir-là ! 

Habituellement, on voit plutôt ça se produire dans la LHJMQ : le jeune hockeyeur parti de chez lui à 16 ou 17 ans va jouer au niveau junior majeur dans la ville où évolue l’équipe qui l’a repêché. Les jours et les mois passent et voilà que le joueur trouve l’amour dans sa ville d’adoption. Une fois sa carrière terminée, il revient s’installer dans cette même ville pour que sa femme puisse se rapprocher de sa famille, qu’elle avait laissée derrière elle pour suivre son homme. 

Les exemples du genre sont nombreux. Marc Denis, ancien gardien des Saguenéens, est revenu à Chicoutimi, où il élève ses deux garçons (Thomas et Olivier) en compagnie de son épouse, la charismatique Marie-Josée. Même chose pour Jocelyn Thibault, qui est retourné à Sherbrooke, ville où durant son séjour comme gardien des défunts Faucons il avait rencontré la très jolie Mélanie Trachy, sa conjointe des 25 dernières années et avec laquelle il a eu ses filles.

Des situations similaires se sont également produites ici, à Granby. Pour un, l’ex-Bison Martin Bélair est venu s’y établir après sa dernière année avec les Foreurs de Val-d’Or, et ce, même s’il est originaire de Salaberry-de-Valleyfield. Personne très en vue chez nous, il agit maintenant en tant que copropriétaire du Resto-Pub Le St-Ambroise.

Quant au Jonquiérois Dave Boudreault, lui aussi un ex-Bison, il a tellement aimé notre ville qu’il a décidé d’y installer sa famille, bien qu’il ait terminé sa carrière junior avec le Titan de Laval.

Pour Frédéric Cassivi cependant, l’idée de se retrouver à un autre endroit qu’Hershey en Pennsylvanie ne se posait même pas une fois que l’heure de la retraite a sonné. Premièrement, c’est à cet endroit qu’il a passé le plus de temps durant sa carrière de 15 saisons chez les professionnels et qu’il y a certes connu ses meilleurs moments. Il a notamment aidé les Bears à remporter la Coupe Calder en 2006. 

Secundo, c’est lors de son premier séjour là-bas qu’il a rencontré sa première femme, qui a donné naissance à ses deux enfants. L’idée était donc de se rapprocher d’eux. 

« Vivre ici, c’est fantastique ! , dit-il. Hershey est une petite ville de 20 000 personnes qui fait partie d’un grand ensemble (celui de la région métropolitaine et capitale de la Pennsylvanie, Harrisburg) qui comprend environ 700 000 habitants, 50 milles à la ronde. » En plus d’être conseiller financier dans la vie de tous les jours, Cass est, depuis l’an dernier, analyste à la radio lors de la retransmission des matchs des Bears. 

« Hershey, c’est beau, c’est propre, c’est familial et la communauté est tricotée très serrée, poursuit celui qui a été intronisé au Temple de la renommée de la Ligue américaine en 2015. De plus, on est situé qu’à seulement deux heures de Washington et de Philadelphie et à moins de trois heures de route de New York et de Pittsburgh. On est tout de même près de l’action ! »

« Quand je regarde en arrière, je me rends compte que j’ai eu, somme toute, une belle carrière, lance celui qui a été un choix de 9e ronde des Sénateurs d’Ottawa lors du repêchage de 1994. J’ai gardé les buts dans la LNH (avec Washington et les défunts Trashers d’Atlanta), dans la Ligue internationale (Cincinnati), la Ligue américaine (Charlottetown, Syracuse, Worcester, Hershey et Chicago), en Russie durant le lock-out, en Allemagne et en Autriche. On peut donc dire que j’ai assez voyagé ! Après
15 ans dans le pro, il était temps que je rentre à la maison et que je retrouve les miens. Et la maison, après toutes ces années, je me suis rendu compte que c’était ici, à Hershey. »

« Mais rien de tout ça n’aurait pu arriver si Michel Cormier (père, alors DG des Tigres de Victoriaville) ne m’avait pas échangé à Saint-Hyacinthe, souligne Cassivi. Cette transaction-là a vraiment donné un élan à ma carrière et cela m’a permis de connaître la région de Saint-Hyacinthe, Granby et les environs. Un coin que j’adore ! D’ailleurs, je ne me suis pas fait prier pour y amener l’équipe de hockey de mon fils — les Black Knights de Palmyra —, qui jouera prochainement dans la classe AA au Tournoi bantam de Granby. »

Inutile de te dire, cher Cass, que je serai là pour vous encourager, ton petit Alex et toi !

Avant de rencontrer Frédéric, j’avais croisé l’entraîneur des Phantoms, Scott Gordon, dans l’un des couloirs du Giant Center. J’ai connu celui qu’à peu près tout le monde dans le milieu du hockey surnomme Flash alors qu’il gardait le but des Nordiques. Depuis, nous avons toujours autant de plaisir de nous rencontrer, nos parcours s’étant d’ailleurs chevauchés à plusieurs reprises par la suite. Au fil de notre conversation, il me disait avoir trouvé le bonheur à Allentown (la ville qui accueille les Phantoms) où sa femme Jennifer et lui se sont rapidement intégrés à leur nouvelle communauté. Selon ses dires, il ne prévoyait pas de retour dans la LNH (il a déjà dirigé les Islanders de New York), du moins pour l’instant. Quelle ne fut donc pas ma surprise de le voir le lendemain soir à la barre des Flyers de Philadelphie, eux qui venaient de limoger leur entraîneur Dave Hakstol l’après-midi même !

Une autre preuve comme quoi tout peut aller très vite dans le merveilleux monde du hockey professionnel… 

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

La Ligue de hockey préparatoire scolaire a récemment remis ses prix Mathieu Darche pour la première étape de la présente année scolaire et cinq porte-couleurs des Titans du Verbe Divin figurent parmi les lauréats en raison de leur excellence sur le plan académique. Sur la photo, on retrouve Mathis Tétreault (M-17), Olivier Proulx (M-15 mineur), Émile Cauchon (M-13), Étienne Campeau-Ratté (M-15 majeur) et Xavier Cauchon (M-18). Ces élèves sont entourés de votre humble serviteur et de Patrick Lachapelle, tous deux cofondateurs des Titans.