Frank Spinozzi derrière le banc de son équipe à Neuilly-sur-Marne. Il résumera son séjour en France comme étant une expérience absolument exceptionnelle.
Frank Spinozzi derrière le banc de son équipe à Neuilly-sur-Marne. Il résumera son séjour en France comme étant une expérience absolument exceptionnelle.

Frank Spinozzi rentre chez lui

Frank Spinozzi était dans les boîtes, mercredi midi, lorsqu’on lui a jasé. Car voyez-vous, l’homme déménage. En fait, il serait plus juste de dire qu’il rentre à la maison.

«Je rentre chez nous et je suis très, très content de le faire, a expliqué le vétéran entraîneur de hockey originaire de Granby, qui vient de s’acheter une maison à Bromont. Ça fait longtemps que je voulais revenir. Là, ça va enfin se faire.»

Spinozzi devrait dormir à son nouveau chez lui vendredi. Beau temps pour déménager par cette chaleur…

«Ça fait déjà un bout que je vivais dans la région de Valleyfield pendant l’été, a-t-il repris. Valleyfield, avec des enfants dans la région de Montréal et en Ontario, c’était central, c’était parfait. Mais ce n’était pas chez nous.»

Car il faut savoir que Spinozzi a fait quelques détours avant de revenir s’établir chez lui. Après qu’il ait dirigé le défunt Eskimod de Cowansville, dans la Ligue junior AAA, il s’est retrouvé à Montréal, en Saskatchewan, à Kingston et en France. Toujours pour faire du hockey et toujours à temps plein. Il a travaillé au niveau universitaire, midget AAA et chez les professionnels, dans l’Hexagone.

«J’ai 52 ans et ça fait 25 ans que je fais du hockey à temps plein. Une job de jour, ça fait longtemps que j’ai pas eue ça. Je me considère privilégié.»

Frank Spinozzi a connu sa part de succès à Neuilly-sur-Marne.

L’envie de rentrer

Frank Spinozzi vient de passer les 10 dernières années de sa vie à Neuilly-sur-Marne, où il était directeur général et entraîneur des Bisons, équipe de première division en France. Dix années qu’il n’hésitera pas à qualifier d’expérience «absolument exceptionnelle».

«Les Bisons évoluent dans un petit marché et jouent dans un aréna qui peut accueillir 1100 personnes au maximum. Au lieu de fonctionner avec un budget dans les sept chiffres, je devais faire avec un budget de… 350 000 $. Mais ce n’était pas décourageant, c’était plutôt motivant. Et j’étais entouré de gens formidables, ce qui faisait une grosse différence.»

À Neuilly-sur-Marne, Spinozzi a gagné des championnats et il n’a été exclu des séries qu’une seule fois. Clairement, il a marqué l’organisation. Il suffit de lire le texte écrit en ouverture du site web de l’équipe pour comprendre qu’il laisse un excellent souvenir aux dirigeants et aux partisans.

«J’ai été très bien traité là-bas. À vrai dire, c’est une job à vie que je viens de laisser. Plusieurs me disent d’ailleurs qu’ils ne comprennent pas pourquoi j’ai quitté. Mais tu sais, j’avais envie de rentrer, tout simplement.»

Il avait envie de rentrer d’abord et avant pour se rapprocher de ses trois filles et de son garçon, Kevin, qui a joué dans la Ligue américaine et dans la Ligue de la Côte Est au cours des dernières saisons.

«Ça fait quatre ans que je n’ai pas vu jouer Kevin live, devant mes yeux. À un moment donné, tu te vois vieillir tranquillement et tu te rends compte que tu risques de passer à côté de certaines affaires. Je vais aussi être grand-père bientôt et je veux être là quand ma fille Jennifer va accoucher.»

Année sabbatique?

Le retour de Frank Spinozzi dans la région risque d’amener son lot de spéculations. Il n’est certainement pas rendu à l’âge de la retraite et il demeure, d’abord et avant tout, un homme de hockey.

«Je ne suis pas venu me chercher une job dans la région ou au Québec. Je le répète, j’ai été très bien traité en France et je peux me permettre de relaxer pendant un p’tit bout. J’ai aussi d’autres projets à l’extérieur du hockey. Pour tout dire, prendre une année sabbatique ferait mon affaire. Mais si le téléphone sonne, je ne vais pas raccrocher au nez de personne, je suis mieux élevé que ça!»

Avis à ceux qui auraient l'idée de tenter leur chance…