Francis Breault à l’époque où il dirigeait à Sorel-Tracy, dans la Ligue nord-américaine.
Francis Breault à l’époque où il dirigeait à Sorel-Tracy, dans la Ligue nord-américaine.

Francis Breault : «Oui, j’étais bien parti…»

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
À 53 ans, Francis Breault n’a pas été impliqué dans le monde du hockey depuis 2016. Mais lorsqu’il regarde dans son rétroviseur et qu’il se rappelle qu’il a joué dans la Ligue nationale et qu’il a été entraîneur en chef dans la LHJMQ, il est plutôt fier de son parcours.

« Aujourd’hui, ma priorité est de suivre mes enfants dans leurs activités et de travailler comme tous les honnêtes citoyens, explique le résident d’Acton Vale. Est-ce que je m’ennuie du hockey ? Un peu, mais pas trop. Je suis occupé et je ne pourrais juste pas ajouter un job d’entraîneur par-dessus tout le reste. Mais j’y reviendrai peut-être un jour. »

Breault travaille dans le monde de la construction depuis 20 ans. Plus précisément, il est dans l’isolation thermique.

« Je suis en santé, mais ce serait plus dur qu’avant d’être à Thetford Mines un soir et d’être sur un chantier à 7 h le lendemain matin, reprend-il avec le sourire. À un moment donné, il faut savoir respecter ses limites… et l’âge qu’on a. »

Mais ses enfants — il en a trois — le gardent jeune. Bien sûr, on connaît davantage Jakob, qui a connu du succès dans le midget AAA et qui est sur le point d’entamer sa carrière au hockey universitaire américain en Alaska, mais il y a aussi Morgane, qui joue au volleyball en division I à l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke, et Érika, qui étudie en droit.

« J’ai encouragé mon garçon à choisir la voie des collèges américains. Il a énormément de talent, mais lorsqu’il va sortir de l’université, il va avoir un baccalauréat en poche et ça, ça vaut de l’or. À l’époque où je jouais dans la LHJMQ, l’important, c’était pas mal juste le hockey… »

La carte de hockey de Francis Breault alors qu’il portait les couleurs des Kings de Los Angeles.

Dans la grande ligue… avec Gretzky

Francis Breault a disputé 27 matchs dans la Ligue nationale, tous avec les Kings de Los Angeles, au début des années 90. Avec Daniel Vincelette, il est un des deux seuls athlètes originaires d’Acton Vale à avoir joué dans la grande ligue.

« C’est juste 27 matchs, diront certains, mais reste que j’ai atteint la Ligue nationale, lance-t-il. J’ai eu Wayne Gretzky comme coéquipier et, le temps d’un match, j’ai même joué sur le même trio que lui. Mieux que ça, j’ai même obtenu une mention d’assistance sur un but qu’il a marqué ! »

Pour reprendre sa propre expression, Breault était « bien parti ». Mais un genou droit en mauvais état a mis fin à son rêve de s’établir véritablement dans la Ligue nationale.

« J’étais un plombier, c’est vrai, mais un plombier capable de marquer des buts. Et l’entraîneur des Kings, Tom Webster, m’aimait beaucoup. Mais à un moment donné, quand ça fait deux fois qu’on te reconstruit le même genou… »

En tant qu’entraîneur, Breault a vécu de très près l’intense rivalité Acton Vale-Granby au hockey senior à la fin des années 90. Dans la Ligue nord-américaine, il a aussi dirigé à Saint-Hyacinthe, Sorel-Tracy (où il a participé à la grande finale deux fois) et à Jonquière.

« Jonquière, ça n’a pas été une belle expérience. Je suis arrivé après les Fêtes et j’ai été congédié en pleines séries éliminatoires ! Après ça, je me suis dit qu’on ne me reverra pas derrière un banc avant un bon bout… »

Son expérience à Drummondville, à la barre des Voltigeurs, reste un moment fort de sa carrière, même si elle a été plutôt brève.

« Le jour où je reviendrai dans le monde du coaching, si j’y reviens, ce sera probablement auprès des jeunes. Je ne détesterais pas revenir au hockey de développement, je ne détesterais pas enseigner… »

Non, la porte est loin d’être fermée.