« On a tous été sous le choc en apprenant la nouvelle. La saison se termine, mais pour les joueurs de 20 ans, c’est aussi notre carrière junior qui prend fin », a souligné l’attaquant Brandon Tracey. 

Fin abrupte pour les vétérans des Inouk

Brandon Tracey imaginait évidemment un autre scénario lorsque les Inouk ont fait son acquisition à l’approche de la date limite des transactions. L’attaquant originaire de Cowansville n’aura finalement pas l’occasion de goûter aux séries dans l’uniforme granbyen.

En raison de la pandémie de coronavirus qui secoue actuellement la planète, la Ligue de hockey junior canadienne (LJHC) a annulé complètement le reste de la saison dans ses 10 circuits, dont la Ligue de hockey junior AAA du Québec, vendredi dernier.

« On a tous été sous le choc en apprenant la nouvelle. La saison se termine, mais pour les joueurs de 20 ans, c’est aussi notre carrière junior qui prend fin », a souligné Tracey.

Le numéro 9 s’attendait plutôt à ce que la LJHC prenne quelques semaines pour surveiller l’évolution de la crise, comme le font notamment de nombreuses ligues professionnelles. 

« C’est décevant pour toutes les équipes concernées. Je pense aux Panthères de Saint-Jérôme qui se sont beaucoup améliorés en vue d’accueillir la Coupe Fred Page », a-t-il mentionné.
« Ça laisse un goût amer, mais au final, cette décision a été prise pour le bien de tous... »

Brandon Tracey évaluera ses options dans le monde de hockey sous peu, et donc plus tôt que prévu. Il espère aussi que la crise du coronavirus n’affectera pas son emploi dans le secteur du service à la clientèle. 

Christopher Benoit reconnaît que le bien commun doit primer en temps de crise.

Des hauts et des bas

En entrevue avec La Voix de l’Est, Christopher Benoit a aussi reconnu que le bien commun devait primer. Le joueur de centre regrette néanmoins que sa dernière année junior — particulièrement mouvementée avec des séjours à Baie-Comeau, Granby, Sherbrooke puis Granby de nouveau — se termine de façon aussi abrupte. 

« C’est dommage de ne pas pouvoir changer notre saison, qui a été plutôt difficile. On aurait pu finir sur du positif », a-t-il commenté. 

La campagne des Inouk a notamment été marquée par le congédiement de l’entraîneur-chef Patrick Bergeron à la mi-novembre puis les démissions de son successeur Charles Rondeau et du directeur général François Graveline à la fin janvier. 

La formation granbyenne s’est toutefois montrée sous un meilleur jour dans la dernière portion du calendrier régulier, alors que Jason Tracey était aux commandes.

« En séries, tout peut arriver... », a fait valoir Benoit.
Ce dernier affirme qu’il en a maintenant fini avec le hockey et qu’il se concentrera plutôt sur les études universitaires amorcées près de chez lui, à Sherbrooke. 

Le capitaine des Inouk, Tristan Belliveau, n’était pas disponible pour une entrevue le week-end dernier. Revenu récemment après un départ nébuleux en février, Marc-Olivier Girard était l’autre vétéran « régulier » dans l’alignement granbyen. Le gardien Philippe Savard-Massé était toujours dans l’entourage de l’équipe, mais il n’avait pas joué depuis le 31 janvier.

À la saison prochaine ?

Contrairement à Christopher Benoit et Brandon Tracey, Jacob Graveline pourrait avoir l’occasion de se reprendre la saison prochaine, si les Inouk confirment leur retour à Granby, bien entendu. 

La crise du coronavirus est néanmoins venue freiner une campagne où il a définitivement franchi un cap au plan offensif. Graveline a d’ailleurs devancé tous ses coéquipiers avec une récolte de 69 points en 45 matchs. 

Le résident de Roxton Pond a aussi conforté sa place parmi le groupe de leaders, prenant notamment la parole publiquement en dépit de situations délicates. « Au niveau personnel, ça allait extrêmement bien. C’est un peu frustrant, j’aurais aimé évaluer mes performances en séries », a reconnu Graveline. 

Les Inouk devaient affronter le Collège Français de Longueuil en quarts de finale à compter de vendredi dernier. Même si 18 victoires et 35 points séparaient les deux équipes, Jacob Graveline affirme que son club était prêt à se mesurer aux champions du calendrier régulier. 

« Nous sommes un peu la bête noire du Collège Français. En jouant de façon robuste, je crois qu’on aurait pu créer une surprise. On avait des bons entraînements, je pense qu’on était sur la bonne voie. »
Il faudra toutefois attendre l’automne prochain, au plus tôt, pour assister au prochain chapitre de cette rivalité naturelle.