« Présentement, qu’on le veuille ou non, il y a des pistes qui ferment... et aucune qui ouvre. C’est la tendance », analyse Dominic Lussier.

Fermeture de l’Autodrome St-Eustache: «Une triste tendance»

La nouvelle a plongé le petit monde du stock-car québécois en état de choc. L’Autodrome Saint-Eustache, une véritable institution des courses sur asphalte, cessera ses activités à la fin de la saison 2019. La Ville de Saint-Eustache a acquis le terrain du site pour la somme de 5,3 millions de dollars dans le but d’y aménager un parc d’affaires.

Bien sûr, la nouvelle a des échos jusqu’à Granby. Et la question se pose : l’Autodrome pourrait-il éventuellement subir un sort semblable ?

« C’est certain que ça fait réfléchir, a avoué le copropriétaire et promoteur Dominic Lussier. Présentement, qu’on le veuille ou non, il y a des pistes qui ferment... et aucune qui ouvre. C’est la triste tendance. Est-ce que l’Autodrome est là pour toujours ? Je ne sais pas. Mais je pense que mes enfants vont courir sur cette piste... »

À Granby, les activités de l’Autodrome n’ont jamais fait l’unanimité. Le bruit et la poussière dérangent des citoyens. Un comité, qui ne réclame toutefois pas la fermeture de la piste, a récemment fait des recommandations au conseil municipal « pour une meilleure cohabitation ».

« J’ai rencontré les gens à la tête du comité et nos discussions sont cordiales. Nous, nous sommes prêts à écouter et à regarder tout ça. Nous ne sommes absolument pas en guerre avec personne. »

Le conseiller municipal du district où est situé l’Autodrome, Alain Lacasse, a récemment affirmé que la piste « est là pour rester ».

De la pression 
L’Autodrome Saint-Eustache est la propriété d’Alan Labrosse, ex-coureur de moto et aussi ex-agent d’Andrew Ranger. Dominic Lussier savait depuis un certain temps que Labrosse avait de la pression sur les épaules.

« J’ai eu une bonne discussion avec Alan l’été dernier et il m’avait dit que ça tiraillait plus fort que d’habitude avec la municipalité. Il semblait inquiet. Mais je n’aurais jamais pensé que l’expropriation viendrait… et qu’elle viendrait aussi vite. »

En date de mardi après-midi, la nouvelle, d’abord publiée sur la page Facebook de l’Autodrome Saint-Eustache, avait été partagée près de 10 000 fois. Et Lussier a pris la peine de lire quelques-uns des milliers de commentaires que les gens ont écrits.

« Les gens sont déçus, ils ont de la peine. Pour certains, l’Autodrome Saint-Eustache, c’est leur vie, ils ont été élevés là. Et quand une piste ferme, ce n’est jamais une bonne nouvelle pour l’industrie non plus. On va perdre un gros joueur. »

Bien qu’il soit un amant de la terre battue, Lussier, un ancien pilote, a de nombreux souvenirs de l’Autodrome Saint-Eustache.

« J’y ai couru pendant quatre ou cinq ans, de la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2000. C’est aussi là que j’ai véritablement connu Jean-François Tessier, mon bras droit à Granby et au RPM Speedway. C’est un endroit qui a une place importante dans l’histoire du stock-car au Québec. On n’efface pas plus de 50 ans de course comme ça. »

Avec Trois-Rivières et Vallée-Jonction, Saint-Eustache est aussi l’un des trois endroits qui présentent encore une épreuve de la série canadienne de NASCAR au Québec, Mirabel ayant été rayée de la carte. Dans une mauvaise journée, Lussier tentait de s’encourager en se disant que la perte de Saint-Eustache pourrait ouvrir la porte à Granby.

« Même si le dossier n’a pas évolué, je ne l’ai pas abandonné », a-t-il conclu.