À sa dernière saison dans la LHJMQ, Félix Lauzon a mis la main sur le trophée Guy-Carbonneau, remis au meilleur attaquant défensif du circuit.

Félix Lauzon tourne la page

« Ce sont les cinq plus belles années de mon existence qui viennent de prendre fin. Oui, c’est difficile. »

Le stage junior de Félix Lauzon s’est terminé dimanche lorsque les Voltigeurs de Drummondville ont été éliminés en six matchs par les Mooseheads d’Halifax en demi-finale de la LHJMQ. Celui qui a célébré ses 21 ans mardi va maintenant passer à une autre étape de sa carrière… et de sa vie.

« Je me sens bizarre, je me sens un peu perdu, a expliqué l’athlète de Roxton Pond, qui se prépare à quitter sa famille d’accueil afin de rentrer à la maison. D’un coup sec, je viens de tirer un trait sur quelque chose qui a été tellement important. Et la coupe, je la voulais tellement… »

Les Voltigeurs comptaient parmi les favoris cette saison dans la LHJMQ. Mais la compétition était forte, il y avait d’autres bonnes équipes. Comme les Mooseheads et les Huskies de Rouyn-Noranda, qui vont s’affronter en grande finale. Mardi matin, on apprenait que l’élimination des Drummondvillois avait coûté à Stéphane Desroches son poste de directeur général.

« On a manqué de discipline face aux Mooseheads, a repris Lauzon. Et notre avantage numérique ainsi que notre désavantage numérique n’ont pas été à la hauteur. C’est là que ça s’est joué… »

N’empêche que Lauzon a connu une magnifique saison. En 68 matchs, il a amassé 80 points, dont 28 buts, en plus de maintenir un différentiel de +52. Et il a ajouté sept buts et 17 points en séries. Pas trop mal pour un joueur évoluant essentiellement sur le troisième trio.

« Recevoir le trophée Guy-Carbonneau (remis au meilleur attaquant défensif du circuit) m’a fait énormément plaisir. Ça prouve qu’on peut être un attaquant important même si on ne marque pas 50 buts. »

La suite

Non, Félix Lauzon ne sait trop ce qui l’attend la saison prochaine. Mais une chose est claire : il veut continuer à jouer au hockey.

« À l’heure où on se parle, je n’ai aucune idée de quoi la suite sera faite, a-t-il expliqué. J’ai un agent qui travaille pour moi et mon rêve est d’obtenir un contrat de la Ligue américaine, sinon de la East Coast League. Par contre, une chose est certaine : je n’ai aucun intérêt pour le hockey senior. »

En raison de sa taille (il fait aujourd’hui 5’10’’ et 185 livres), Lauzon a déjà affirmé qu’il ne rêvait pas à la Ligue nationale. Mais une saison comme il vient de connaître semble l’avoir convaincu qu’il est capable de jouer chez les pros.

« J’aimerais au moins avoir ma chance », a-t-il ajouté.

En 283 matchs et cinq saisons dans la LHJMQ, il aura enregistré 215 points, dont 83 buts. Il s’est aussi imposé comme un leader, lui qui a été capitaine à Victoriaville et qui arborait le « A » sur son chandail à Drummondville. Et on a toujours vanté son désir de vaincre de même que son cœur au ventre.

« J’ai eu du plaisir. C’est pour ça que c’est si difficile de tourner la page. J’ai évolué au sein de deux bonnes organisations, dans deux bonnes villes de hockey situées non loin de chez moi, ce qui a permis à mes parents de ne pas rater beaucoup de matchs. J’ai fait de mon mieux, mais j’ai été chanceux aussi… »

Mais sa chance, il l’aura faite lui-même en grande partie.