Denis Lamontagne tire sa révérence.
Denis Lamontagne tire sa révérence.

«Fatigué, épuisé», Denis Lamontagne démissionne

En quatrième manche, alors que les Guerriers tiraient de l’arrière à Coaticook jeudi soir, Denis Lamontagne a appelé son directeur général Mathieux Rochefort, qui était à Granby. «Mathieux, je m’en vais. Ça ne me tente plus», lui-a-t-il dit.

Oui, les Guerriers sont à la recherche d’un nouveau gérant. Dans un geste qui a pris absolument tout le monde par surprise, Denis Lamontagne a remis sa démission. Il ne sera pas dans l’abri de l’équipe, mardi soir, lorsque les Guerriers recevront les Cards de LaSalle au Stade Napoléon-Fontaine.

«C’est pas compliqué, je n’ai plus le goût, a lancé Lamontagne lorsque joint par La Voix de l’Est vendredi en fin d’après-midi. Hier soir (jeudi), je n’avais pas envie d’être à Coaticook. Je suis fatigué, je suis épuisé. J’ai besoin de faire autre chose. J’ai besoin d’un bon break

Lamontagne a eu une image forte pour illustrer comment il se sent.

«Samedi passé, on a joué un double contre Longueuil au stade. Ma fille, qui est handicapée, a passé quasiment 12 heures au stade à attendre son père. Je n’ai plus envie de lui faire vivre ça. Vous comprenez?»

Lamontagne, qui a deux autres enfants, dont Déric, un joueur des Ducs, assure que sa décision n’a rien à avoir avec la fiche décevante des Guerriers, qui n’ont remporté que trois de leurs sept premiers matchs. Les Granbyens, on le sait, visent rien de moins que les grands honneurs cette saison.

«Je vous en supplie, ne cherchez pas de bibittes. Ça allait bien avec les joueurs et les choses vont se replacer sur le terrain. Je le répète, le réservoir de passion est vide, complètement vide. Si je ne suis plus motivé, comment est-ce que je peux motiver mes jeunes?»

Lamontagne, qui est membre du Panthéon de la Ligue de baseball majeur du Québec, ne sait plus ça fait combien de temps qu’il fait du baseball tellement ça fait longtemps. Et il veut goûter à autre chose, du moins un temps.

«Des vacances l’été, je ne connais pas ça. Et du temps de qualité avec mes enfants l’été, je ne connais pas ça non plus. C’est quelque chose de difficile à admettre.»

Lamontagne affirmait tout de même «bien aller» au téléphone.

«Je remercie les Guerriers. C’est une organisation formidable, avec des gens formidables. Je leur souhaite le meilleur pour la suite.»

Malgré tout, on a la vague impression qu’il ne s’agit que d’un au revoir.


« Si je ne suis plus motivé, comment est-ce que je peux motiver mes jeunes? »
Denis Lamontagne

Rochefort : «Il était à bout»

Lorsque Denis Lamontagne l’a appelé jeudi soir depuis le Stade Julien-Morin, Mathieux Rochefort a immédiatement grimpé dans sa voiture et il s’est rendu à Coaticook, question de voir si la décision de son gérant était irréversible.

«Je me suis rendu compte que Denis était à bout, vraiment à bout, a-t-il dit. Il veut penser à lui, il veut penser à sa famille et on ne peut pas se battre contre ça. Moi, je perds un super gérant, mais je perds surtout un ami.»

Dès minuit, Rochefort a commencé sa quête d’un nouveau gérant. Il espère avoir trouvé son homme à temps pour le prochain match. Mais ce ne sera pas Yannick Parent, qui a dirigé l’équipe auparavant et qui épaulait Lamontagne. À moins, évidemment, qu’il se retrouve à la tête de l’équipe sur une base intérimaire.

«Mais Yannick va rester avec nous, on a besoin de lui. On cherche quelqu’un qui ressemble un peu à Denis, même si ça ne court vraiment pas les rues. J’attends des retours d’appel.»

Dans la même veine, il ne faut pas s’attendre à ce que le prochain gérant vienne de la région.

«C’est une saison importante, on le sait, a rappelé Rochefort. En même temps, c’est une saison très particulière avec la pandémie. On essaie de ne pas s’éloigner de nos objectifs.»

Denis Lamontagne a mené les Guerriers à une fiche de 33 victoires et 12 défaites la saison dernière, de loin la meilleure de l’histoire de l’équipe. Sa formation s’est ensuite inclinée en demi-finale face aux Orioles de Montréal.