La saison 2020 de football scolaire est menacée par la crise de la COVID-19.
La saison 2020 de football scolaire est menacée par la crise de la COVID-19.

Et le football scolaire, lui?

Hockey Québec est sur le point de déposer un plan en vue de la reprise de ses activités à l’automne. Le baseball et le soccer amateurs seront prêts, eux, lorsqu’ils obtiendront l’aval du gouvernement Legault. Mais voilà, qu'en est-il du football scolaire?

À première vue, on a l’impression que le football sera un des derniers sports, sinon le dernier, à pouvoir reprendre ses activités. Car s’il y a un sport où les contacts physiques sont dans la nature même du jeu, c’est bien le football.

«Notre sport, c’est des contacts constants, de la sueur, parfois du sang et parfois des blessures, lance Claude Lessard, qui compte plus de 35 ans de coaching derrière la cravate. C’est certain que nous ne serons pas le prochain sport à recevoir de bonnes nouvelles…»

Il y a deux ans, Lessard avait mené les Élites du Mont-Sacré-Cœur à la conquête du championnat régional au niveau juvénile. L’an dernier, faute de joueurs, il n’y a pas eu de football au Mont, ni chez les juvéniles ni chez les cadets. Mais on annonçait une reprise en vue de l’automne à la suite d’une intense campagne de recrutement qui a bien fonctionné.

«En fait, nous étions sur le point d’entamer notre camp de printemps au moment où tout a été arrêté. Ça regardait bien, notre affaire.»

Football Québec et le Réseau du sport étudiant du Québec travaillent sur un plan en vue de sauver la prochaine saison, mais très peu d’informations ont filtré jusqu’ici.

«La situation actuelle n’est pas simple parce qu’on en apprend à tous les jours sur ce virus et que le gouvernement, qui fait ce qu’il peut, doit s’ajuster à tous les jours aussi, reprend Lessard. Là, on vient d’apprendre que les rassemblements d’une dizaine de personnes seront permis à l’extérieur. Ça donne de l’espoir. Mais dans un mois, qu’est-ce qui sera permis? Et dans deux mois?»

Lessard sait toutefois une chose : ses joueurs veulent jouer.

«Les jeunes vont avoir besoin de bouger et de se réaliser. La santé, c’est la priorité présentement et il faudra être absolument certain qu’on pourra jouer dans un contexte le plus sécuritaire possible. Mais il y a la santé mentale des jeunes à laquelle il faut penser aussi. Et pour plusieurs, le football, c’est important.»

Le vétéran entraîneur serait même prêt à faire du football à 6 contre 6.

«Et pourquoi pas! Ça limiterait le nombre de personnes dans les vestiaires et sur le terrain. Comme les autres sports, le football devra probablement être créatif.»

L’idée de seulement pratiquer n’est pas non plus à écarter, selon lui.

«Encore une fois, ça limiterait les contacts. Insister sur les habiletés individuelles, ce n’est jamais perdu. Si on ne peut pas jouer de matchs, on pourrait faire ça. À l’heure où on se parle, rien ne doit être rejeté. Tout le monde préfère jouer des matchs, c’est certain, mais si on ne peut pas le faire, ce serait mieux que rien, ce serait une façon de faire du football quand même.»

Toujours dans une optique de sauver la prochaine saison, le port du masque et des gants sera un point que les gens de football devront aussi probablement aborder.

Dans le néant

Iannick Beauchamp, qui doit effectuer un retour à titre d’entraîneur en chef des Incroyables juvéniles de J.-H.-Leclerc, avoue qu’il ne sait trop quoi répondre à ses joueurs lorsqu’ils lui demandent s’ils joueront au football la saison prochaine.

«On va se le dire, tout le monde est dans le néant présentement, mentionne-t-il. On prépare la saison, on fait comme si on allait jouer, mais on ne sait rien. Prochainement, nous allons élaborer le calendrier de la prochaine campagne sans même savoir si nous allons faire ça pour rien. C’est très spécial.»

Mais Beauchamp est du genre optimiste.

«Il y avait plus de 45 jeunes à notre premier et seul entraînement que nous avons pu tenir lors de notre camp de printemps. Je regarde ça et je me dis que nous n’avons pas le droit d’abandonner ces jeunes, pour qui le football est souvent une motivation pour demeurer à l’école. On doit trouver une façon de sauver la saison et j’ai confiance qu’on réussira à le faire.»

You gotta believe, comme on l’entend si souvent dans les stades de football…