D’ordinaire, un chroniqueur se doit d’être objectif. Par contre, à la suite de cette entrevue, je ne suis guère gêné de dire que je suis devenu un fan de l’homme d’affaires Charles Désourdy.

Entretien avec Charles Désourdy (2e partie)

CHRONIQUE / La semaine dernière, je vous ai présenté la première partie de mon entretien avec Charles Désourdy. Non seulement le discours du président et chef de direction de Bromont, montagne d’expériences est-il empreint de lucidité, mais l’homme derrière le gestionnaire est tout aussi intéressant. Après les deux heures qu’a duré l’entrevue au MacIntosh Pub de Bromont, sa personnalité m’a littéralement conquis. À un tel point que j’ai cru bon de consacrer deux textes au sujet de celui que plusieurs jeunes entrepreneurs rêveraient assurément d’avoir comme mentor.

Ce n’est qu’à mi-chemin de l’entretien que le sujet concernant l’industrie du ski a été abordé. « C’est évident que l’industrie comme telle jouit d’une santé fragile, reconnaît M. Désourdy. Dans les années 80 et 90, il y avait environ 140 000 naissances annuellement, alors que de 1997 à 2005, on en recensait autour de 75 000. Cela a eu pour effet que nous sommes aujourd’hui dans un creux de vague. On travaille extrêmement fort pour initier les jeunes de 5 à 8 ans au ski, d’autant plus que les écoles — selon un décret ministériel — n’auraient plus le droit de refiler la facture aux parents dans le cas des sorties scolaires... » Charles Désourdy siégera pour une vingtième et dernière année sur le conseil d’administration de l’Association des stations de Ski du Québec, un organisme qui en regroupe une soixantaine. 

« Dans le fond, quand on y pense, le ski est un des seuls sports vraiment “familial”, poursuit-il. Il est non seulement populaire chez les jeunes familles, mais on voit de plus en plus de baby-boomers faire du ski jusqu’à l’âge vénérable de 75 ans, tout en se faisant un plaisir de venir à la station en compagnie de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Bref, il n’y a pas d’âge pour faire du ski. Pour ma part, j’ai toujours dit que mes plus belles sorties avec ma femme et mes enfants se sont produites lorsque toute la famille partait skier. »

Si le déclin démographique survenu dans les années 90 et le début des années 2000 peut expliquer la santé précaire de quelques stations, les changements climatiques — un phénomène assez contemporain, avouons-le — pourraient-ils occasionner des problèmes à plus ou moins long terme ? « À mon avis, les changements climatiques sont beaucoup moins préoccupants pour nous, au Québec, qu’ils peuvent l’être, par exemple, dans le centre des États-Unis, estime Charles Désourdy. Chez nous, nous pouvons compter facilement sur au moins 250 heures de froid, ce qui fait en sorte que 90 % de notre neige est déjà fabriquée, ici, à Ski Bromont. »

« On peut donc dire que la neige naturelle est comme la crème sur notre gâteau ! Mais avant toute chose, si notre gâteau à nous est excellent, c’est grâce à nos techniques de fabrication de neige. Nous fabriquons de un mètre à un mètre et demi sur chacune de nos pistes. Il est donc très rare que nos pistes soient glacées, du moins pas plus que quatre ou cinq jours par année seulement… »

Je vous le confirme, car de ma nouvelle demeure j’ai une vue sur la montagne de Bromont, que le gâteau semble, en effet, excellent. Si tout cela est possible, c’est grâce aux efforts de Charles Désourdy et de son équipe. En ce qui me concerne, il n’y a rien de plus plaisant que d’allumer un bon cigare, un soir d’hiver sur le perron, et de regarder cette montagne blanche et illuminée...

*****

En terminant, une petite erreur s’est glissée dans ma chronique du 27 octobre dernier quand je mentionnais qu’une ligue de golf organisée par mon ami Denis Lachapelle (Buropro Citation) tenait ses activités chaque mercredi au club Granby St-Paul. J’ai malheureusement cru que Denis en était l’organisateur, alors qu’en fait, c’est nul autre que le toujours dévoué Gaétan Bégin (que j’ai notamment connu grâce au Tournoi des gens d’affaires !), qui en est l’éminence grise.

Toutes mes excuses aux personnes concernées et longue vie à cette ligue de gens très sympathiques.

Denis Foisy est décédé vendredi dernier.

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

La semaine dernière, je vous disais que mon amie, Kimberly Nadeau (directrice générale du Club de golf Les Cèdres) était enceinte de son premier enfant. Il semble que la cigogne aime bien la région, puisque la très gentille Kina Genesse, conjointe de mon ancien élève et maintenant enseignant Philippe Cabana (école secondaire Mgr-Desranleau de Bedford) s’apprête, elle aussi, à donner naissance à un petit poupon. Bien entendu, le père de Philippe, mon confrère Benoît Cabana, personnage bien connu de la communauté sportive, entend prendre son rôle de grand-papa au sérieux. Cet enfant à venir ne sait pas la chance qu’il aura de recevoir un aussi bon encadrement de la part d’une famille tissée serrée.

*****

C’est le cœur gros que j’ai rédigé les quelques mots qui suivront, mais je devais le faire, ne serait-ce que pour saluer la mémoire d’un homme que j’ai bien aimé côtoyer. Même si on s’y attendait — le compte à rebours avait débuté il y a quelques mois, étant donné la maladie qui l’accablait —, j’ai beaucoup de difficultés à m’y résigner : mon ami Denis Foisy est décédé vendredi dernier. J’avais fait sa connaissance il y a quelques années lors d’une rentrée scolaire où notre directeur général au Verbe Divin, Jean Striganuk, nous avait annoncé que ce retraité de Bell Canada allait devenir surveillant d’élèves. Costaud et sérieux, avec ses cheveux rasés et son visage carré sur lequel se retrouvait une petite barbiche bien taillée, il ressemblait davantage à un portier qu’à une personne du troisième âge qui allait prendre soin de nos « petits amours ». Au fil du temps, j’ai appris à le connaître et, surtout, à l’apprécier. Nous étions devenus presque des intimes, car en plus de nous côtoyer sur une base quotidienne, nous avions l’habitude de jouer au golf ensemble chaque été. Mais outre nos passions communes pour le golf et l’éducation, Denis et moi éprouvions toujours un plaisir évident à surprendre l’autre avec la dernière blague entendue. Combien de fois l’ai-je entendu monter les marches menant à mon bureau et, entre deux raclements de gorge pour cacher le fait qu’il venait de tousser (il était un fumeur invétéré), il entrait et me lançait : « Hey le jeune, j’en ai une à te conter ! » Et, chaque fois, on se bidonnait, heureux que nous étions d’ainsi bien démarrer notre journée. Il repartait toujours en me faisant sa traditionnelle imitation de Monsieur Latreille, un personnage popularisé par l’humoriste Réal Béland. Une imitation qu’il maîtrisait à la perfection. Mon cher Denis, ne t’en fais pas : tes jeunes que tu aimais tant, nous allons continuer d’en prendre soin, je te le promets. Veille sur eux de là-haut. J’offre à Nicole, sa conjointe, ainsi qu’à toute sa famille dont font partie notamment mes amis, ses frères Guy et Claude, mes plus sincères condoléances.