Personne n’a encore fait plus que deux rounds face à Adam Dyczka, qui a remporté ses six premiers combats chez les professionnels.

En colère, Dyczka

C’est la rage au cœur qu’Adam Dyczka va débarquer dans l’octogone du Centre Bell, vendredi soir.

« Il s’est dit des choses que je n’ai pas aimées au cours des dernières semaines, a lancé celui qui se battra avec le Montréalais d’origine sénégalaise Bakary Sakho pour la ceinture des poids lourds de TKO MMA. Je n’ai pas besoin de ça pour me motiver, mais je suis en maudit, je ne peux pas dire le contraire. »

Dyczka a récemment rompu les liens avec son agent Stéphane Patry, qui est aussi le promoteur de TKO MMA, pour confier ses affaires à Patrick Côté, l’ancien combattant de l’UFC. Et selon le Granbyen, Patry n’a pas apprécié.

« Si je me fie à ce qu’il a dit en entrevue, j’ai une bonne force de frappe... et ça s’arrête là. À l’écouter parler, Sakho est meilleur que tout le monde. Ça fait un an et demi qu’il (Patry) m’encense, qu’il dit que j’ai tout ce qu’il faut pour me rendre jusqu’à l’UFC. Et là, on dirait qu’il change de camp. Ça me fait de quoi. »

Dyczka ira jusqu’à dire qu’il a l’impression que Patry préférerait que Sakho l’emporte.

« C’est honnêtement le feeling que j’ai », confie-t-il.

Le ton monte

À la pesée officielle, jeudi midi, Dyczka a fait osciller la balance à 260,2 livres alors que Sakho, lui, a enregistré un poids de 228,2 livres. Et le ton a monté entre les deux hommes, qui ne s’aiment clairement pas.

« Sakho n’a cessé de me narguer sur les réseaux sociaux et partout depuis l’annonce du combat au mois d’octobre. Il parle, il parle et il parle, mais je ne sais pas ce qu’il va dire quand je vais l’avoir pincé avec une bonne droite. Narguer pour aider à la promotion, pour faire du spectacle, c’est correct, mais il y a une limite, à un moment donné, au manque de respect. »

Personne n’a encore fait plus que deux rounds face à Dyczka, qui a remporté ses six premiers combats chez les professionnels. Sakho a gagné son seul combat en carrière en arts martiaux mixtes, mais on raconte qu’il a connu une glorieuse carrière en taekwondo et en kickboxing chez lui en Afrique.

« Je suis prêt pour la guerre, je suis prêt pour cinq rounds, a ajouté celui qu’on surnomme Kung Fu Panda. Mais si je peux en finir rapidement, ce serait encore mieux. »

On prévoit une foule intéressante au Centre Bell vendredi. Dyczka compte un bon fan-club et son combat est l’un des plus attendus. La finale, qui opposera Charles Jourdain à T.J. Laramie pour la ceinture des 145 livres, ne manque pas d’intérêt non plus.

Rappelons que le Granbyen Dimitri Waardenburg se battra pour sa part avec l’Albertain Jesse Arnett pour la ceinture des 135 livres.

Une soirée spéciale

Dyczka ne s’en cache pas: c’est une soirée spéciale qui l’attend. 

« Il y a un stress, c’est clair. Se battre au Centre Bell, pour une ceinture en plus, ça n’arrive pas à tous les jours. Au début, j’étais tellement nerveux les jours qui précédaient un combat que je passais mon temps à vomir. Ce n’est plus le cas. Mais ça reste une soirée qui pourrait changer le cours de ma carrière. Il y a des moments plus importants que d’autres dans la vie et ça, ça en est un. »

*   *   *

Battre Sakho et passer une belle année 2018...

Adam Dyczka est convaincu qu’il a pris la bonne décision en joignant l’équipe de Patrick Côté, son nouvel agent.

« Pat va m’amener à quelque part, je le sais, a-t-il commencé par dire. Si je fais mon travail, il va faire le sien. Mon travail à moi, c’est de remporter mes combats. Et là, ça me prend absolument la victoire face à Sakho. Cette ceinture, je la veux, je la veux absolument! »

Dyczka affirme que Côté a « une vision » pour lui.

« Je ne peux pas tout dire. Mais il m’a dit que si je bats Sakho, je vais passer une très belle année 2018. J’ai confiance en moi et j’ai confiance en lui. »

On le sait, Dyczka rêve à l’UFC. Les poids lourds fascinent les gens et ceux du niveau de Dyczka sont rares.

« J’ai fait un bon bout de chemin depuis mes débuts et je suis fier de moi. Quand je pense que je m’en vais me battre au Centre Bell, j’ai de la misère à le croire. Mais je sais que je peux aller loin. Et je vais tout faire pour aller au bout de mes possibilités. »

Certains diront que Dyczka se met de la pression sur les épaules. Mais on pourrait aussi dire qu’il croit simplement en lui.