Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin

Édition 2019-2020 du Canadien: le scénario se répète

CHRONIQUE / À pareille date l’an dernier, j’écrivais les mots suivants dans cette chronique : « Tous les vieux sages que j’ai côtoyés durant mes nombreuses années dans le hockey me disaient souvent que dans le sport, il n’y a que deux choses que tu peux vendre à tes partisans : des victoires ou de l’espoir. That’s it ! »

Après un an, je réalise que mes vieux potes avaient raison, car comme je l’écrivais aussi, « le problème avec le Canadien, au cours des dernières années, c’est qu’il n’a pas été capable de vendre ni l’un ni l’autre. Pas assez bon pour se maintenir près du sommet du classement et trop de mauvais choix au repêchage pour espérer voir, un jour, la lumière au bout du tunnel... »

Pourtant, cette année, avec l’émergence de quelques recrues ayant, selon ses dirigeants, un certain potentiel, l’organisation, convaincue du bien-fondé de la chose, tente de nous faire croire qu’elle voit poindre à l’horizon une quelconque lueur d’espoir. Rappelons toutefois qu’elle a été exclue des éliminatoires à trois reprises lors des quatre dernières années. 

Revenons en arrière, si vous le voulez bien. À pareille date l’année dernière, le Canadien représentait la plus jeune équipe à travers toute la Ligue nationale et, on s’en souvient tous, il est venu à un cheveu d’accéder aux séries éliminatoires. On espère donc que cette saison, cette équipe plus mature d’un an sera en mesure de franchir cette étape. 

La force des jeunes 

Il y a deux ans, le défenseur Victor Mete devenait l’un des rares jeunes à percer l’alignement du Canadien. L’an dernier, ce fut au tour du premier choix du CH au repêchage de 2018, Jesperi Kotkaniemi, à faire de même. Cette année, l’attaquant Nick Suzuki et le défenseur Cale Fleury ont fait la même chose.

À ce sujet, devant les différents médias, le directeur général Marc Bergevin, fidèle à son habitude, avait une cassette toute prête. « Moi, je ne donne pas de job gratuitement comme le préposé aux guichets du Florida Turnpike peut donner des billets ! Ceci étant dit, le talent n’a pas d’âge. »

L’un des meilleurs des siens lors de la dernière saison, l’assistant-capitaine Brendan Gallagher abondait lui aussi récemment dans le même sens. « Depuis que je suis ici — à Montréal —, la direction donne vraiment la chance à un grand nombre de joueurs de se mériter un poste après un bon camp d’entraînement. Le simple fait qu’il y ait de la compétition à l’intérieur du groupe fait qu’au bout du compte, l’équipe devient meilleure. Et ça, ça amène l’espoir ! »

Ce à quoi Bergevin devait renchérir. « Quand j’ai rencontré les joueurs au début du camp d’entraînement, je leur ai dit qu’ils étaient de ceux qui allaient décider de qui sera composée l’équipe. Évidemment, il n’y a pas 23 postes disponibles. On en convient tous, mais il y en a tout de même quelques-uns. À vous tous de saisir l’occasion et de mériter votre place ! Alors, si je le dis aux joueurs et qu’en fin de compte, je ne le fais pas, cela ne sert à rien. »

Je me souviens aussi de certains autres propos de Gallagher. « Marc a toujours été à l’aise de donner la chance aux jeunes joueurs pour qu’ils fassent leur place. Non seulement l’a-t-il dit, mais il a tenu parole. »

Un constat

Personnellement, je suis convaincu que n’eût été de sa commotion cérébrale subie lors des matchs préparatoires, l’attaquant Ryan Poehling (1er choix du CH en 2017) aurait, lui aussi, effectué le grand saut. Sa rétrogradation avec le Rocket de Laval permettra sans aucun doute à son directeur général de gagner du temps afin qu’il puisse faire une évaluation juste et rigoureuse des 23 joueurs qu’il a à sa disposition présentement avec le grand club.

D’ailleurs, lorsqu’il a rencontré Poehling avant de l’envoyer à Laval, Bergevin lui a dit — et je peux le confirmer de source plus que sûre — « que ce n’est qu’une question de temps avant que tu ne sois rappelé et que tu ne fasses le trajet, mais cette fois, en sens inverse… »

Quand je jette un coup d’œil à l’alignement que l’instructeur-chef Claude Julien a mis sur la glace lors du premier match disputé la semaine dernière en Caroline, je constate qu’il y a de la vitesse à l’avant. Ça, et le fait que le capitaine Shea Weber débute enfin une saison à la défense sont deux atouts qui peuvent aider.

Mais à mon avis, il existe néanmoins deux certitudes. Si le Canadien veut espérer du succès cette saison, son gardien Carey Price devra de nouveau réaliser des miracles devant le filet. Il devra remporter encore des matchs à lui seul et avoir l’avantage numérique de son côté, malgré le fait qu’elle fut l’une des moins productives la saison dernière.

Toutefois, trouver une solution permanente à un avantage numérique anémique depuis si longtemps relève presque du miracle.

À ce chapitre, soulignons qu’elle était terrible non seulement dans son pourcentage d’efficacité, mais également en 2018-2019, et ce, dans toutes les facettes : dans les sorties de zone, les entrées de zone, les stratégies en vue d’effectuer des tirs au but de qualité, et j’en passe…

Bref, on aura beau aimer l’intensité des Gallagher, Byron et cie, mais tant que l’on ne pourra ajouter des attaquants de puissance (on avait pourtant la chance notamment de repêcher Brady Tkatchuk au lieu de Kotkaniemi) et des défenseurs de gros gabarit capables de relancer et de supporter l’attaque, j’ai bien peur, mes amis, que « notre club » ratera encore une fois les séries… 

Et quoi qu’en pensent certains chroniqueurs et animateurs montréalais, cela signifierait le chant du cygne pour Marc Bergevin...

Richard Morasse

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Il y a de ces gens inspirants. Des gens pour qui le don de soi représente non seulement une qualité, mais aussi un mode de vie. C’est le cas de mon grand ami Richard Morasse. Étant à la recherche d’un président pour le nouvel OBNL qui allait dorénavant gérer les opérations de nos Inouk, je lui avais téléphoné et, depuis ce jour, nous sommes presque devenus inséparables, nous appelant jusqu’à cinq fois par jour, minimum. Leader charismatique qui a toujours su rassembler des gens dans bon nombre de causes, il s’est de nouveau impliqué, en compagnie notamment du juge à la retraite François Godbout, dans le montage financier menant à la nouvelle cour (la cour « verte ») de l’école primaire L’Orée-des-Cantons de Waterloo. On peut donc le féliciter pour son engagement, lui qui est accompagné dans cette aventure, oui de François Godbout, mais également de la Ville de Waterloo, de la commission scolaire du Val-des-Cerfs et de la Caisse Desjardins de Waterloo.